Prenez une cucurbitacée un peu oubliée, le luffa, qui donne - une fois séchée - une éponge rêche aux propriétés exfoliantes. Mélangez-la à des feuilles de maïs et de caranday, un palmier originaire d'Amérique du Sud, ajoutez-y du plastique recyclé : vous obtenez des panneaux solides, légers et entièrement recyclables, pour bâtir à l'envi des maisons bon marché. Il fallait y penser.
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En Haïti, également nous avions ce luffa, sorte d’éponge végétale dont se servaient les paysans pour se laver et pour faire la vaisselle.
Je dis « nous avions » parce que lors de mon dernier séjour, je n’en ai pas vu sur le marché.
Du plastique on en a plein. Les sacs en plastique parent ce qu’il reste d’arbres dans le pays, les bouteilles sont partout, des feuilles de maïs on en a aussi.Quant au caranday, je ne sais pas s’il s’agit du palmier qu’on trouve surtout dans le Plateau central et qui malheureusement est en train de se raréfier à cause des coupes et parce qu’on ne replante pas.
Le véritable problème c'est que nous n'avons pas d'architectes.
C'es-à-dire que ceux qui occupent le terrain
ont été formatés pour utiliser des matériaux du Nord, pour faire marcher l'importation
sans se préoccuper de l'environnement, le climat, le sol, les ombres et la lumière, les sons, etc.
Et ce manque d'imagination va des grosses baraques qui sont sur les hauteurs de Port-au-Prince qui valent une fortune aux plus modestes de Delmas ou de la Plaine, etc.
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