Même si dans la conclusion perce un brin de soleil dans un ciel sombre.
A chaque fois que je lis ces articles, j’ai un gros coup de blues.
Pas un coup de colère.
5 ans plus tard, j'ai fait le deuil sur ce qui s'est passé en 2004.
Toute cette cabale, les crimes, le saccage d'un pays, la violence extrème contre sa population, l'occupation bonne affaire pour certains. Toutes ces ignominies des bien pensants, dont certains hier encore, portaient l'uniforme bleu des miliciens.
Ca n'a pas été facile.
D'autant plus que, comme beaucoup de ceux qui ont appuyé la canditature de Préval, imaginant un rétablissement de l'état de droit et d'une politique en faveur de la majorité, l'état actuel des lieux laisse un goût amer.
Comme si, quoi qu'on fasse, tout était calculé pour que les mêmes réseaux, les mêmes personnes ou leurs héritiers qui ont pris la population haitienne en otage depuis 1957 étaient skotchés à vie sur ce pays.
Oui, ces articles là vous donnent le blues.
On se dit que le temps passe. Plus de 50 ans que le duvaliérisme s'est abattu sur ce pays.
Les élites, les intellectuels haïtiens ont été façonnés par cette idéologie morbide et mortifère.
Beaucoup sont nés sous Duvalier père, d'autres sous Duvalier fils. Ils n'ont pas d'autres horizons, d'autres repères.
C'est un peu, comme les enfants battus qui préfèrent rester chez leurs parents parce que le code de conduite leur est connu; ailleurs c'est l'inconnu.
Affronter l'inconnu, c'est pourtant ce que font, eux, tous les ans des centaines de pauvres Haïtiens pour aller chercher la vie de l'autre côté de l'eau.
Oui, ça me fout un sérieux coup de blues cet article.
5ans plus tard, on a cette même marée de désinformation envoyée sur le net par les Haïtiens instrumentalisés pour être contre eux-mêmes
Aveuglés par leurs propres zens, leurs rancunes, leurs petits comptes à régler personnels, leurs prétentions.
Incapables de regarder la réalité des chiffres qui sont clairs comme l'eau de roche.
La population haïtienne vit avec 1, 25$ par jour.
Elle est victime, comme disent les Guadeloupéens, de la "pwofitasyon " exercée par minorité qui se gave sans complexes.
Ce n'est ni Aristide, ni Latortue, ni Préval, ni celui qui viendra après qui pourra faire quoi que ce soit tant que les règles du jeu resteront inchangées.
On ne fait pas du neuf avec du vieux.
Ce n'est pas non plus la diaspora avec ses projets généreux de konbit, d'investissement, etc qui n'aboutiront encore une fois qu'à enrichir les plus riches tant que les règles du jeu seront les mêmes.
C'est absolument impossible. Il n'y a pas de miracle.
5 ans plus tard, les USA se sont donnés un Président qui a, tout de suite, pris la décision de changer, ne serait-ce qu'en partie, les règles du jeu, sachant pertinemment qu'en persistant dans la même politique son pays courrait à la ruine.
Voilà, j'ai le blues, parce que 5 ans plus tard les Haïtiens continuent eux, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes, à vilipender les hommes.
Chacun persuadé qu'il ferait mieux à la place de l'autre, refusant d'appréhender la réalité qui est qu'un système basé sur l'injustice, les inégalités, la prédation, la loi du plus fort, le mépris des plus faibles ne peut pas
permettre le développement de la population.
La seule solution c'est de changer ce système de A à Z.
La conjoncture, avec les chamboulements de la crise économique pourrait être favorable.
Mais qui aura l'énergie, la vertu, l'abnégation, l'intelligence d'entreprendre cette révolution?
On ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup de candidats qui se bousculent à l'horizon.
A la fin de l'article, l'auteur laisse entendre qu'il reste encore un espoir...c'est à voir.
J'ai le blues quand je pense à mon aïeul qui, en 1865, était chirurgien général à l'Hopital de Port-au-Prince.
1865 ! L'esclavage a été aboli au Brésil le 13 mai 1888.
Imaginons, s'il revenait nous visiter, sa stupeur de voir le Brésil à la tête des troupes d'occupation du pays.
Imaginons, la colère de cet aïeul qui a tant lutté
pour de l'esclavage arriver à la médecine
de voir son pays devenu
mendiant et dépendant.
Ses descendants éparpillés à travers le monde.
Parfois ne voulant même pas remettre les pieds en Haïti, tant ils ne s'y sentent plus les bienvenus.
Contre le blues, je lis en ce moment un livre de ce cher Nazim Hikmet, brillant, généreux et courageux poète turc, qui a lutté toute sa vie contre les injustices, et est mort comme notre cher Jean Dominique, assassiné.
Le livre, qui est un ensemble de lettres écrites pendant qu'il se trouvait en prison, s'apelle :
De l'espoir à vous faire pleurer de rage.
Je suis tombée sur cette bribe de poème de Nazim Hikmet :
Nous nous reverrons mes amis, mes amis nous nous reverrons
Nous rirons tous ensemble au soleil
Nous nous battrons tous ensemble
L'Article :
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=12453
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