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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Mondialisation.ca,Pourquoi les gouvernements du Sud continuent-ils de rembourser la dette ?

Publié par Elsie HAAS sur 13 Mars 2009, 10:22am

Catégories : #ECONOMIE

Cette question-ci, je me la posais.
Quand j'essayais d'expliquer à nos fougeux haïtiens,
prompts à dénoncer l'incurie des hommes politiques de leur pays, leur  incompétence, la corruption,
que certes, tout ceci existait  et qu'on ne pouvait le nier;
mais que ailleurs aussi,  en Occident  les pots de vin, les commisssions, les dessous de table, les voyages tout frais payés,etc., sont fort appréciés des hommes politiques;
et comme ailleurs aussi, il existe en Haïti des hommes et femmes politiques qui refusent de céder aux sirènes de la corruption;
je  leur disais donc qu'il fallait considérer les pressions énormes qui n'hésitent pas à se concrétiser parfois par des assassinats, camouflés en accident, que les dirigeants des pays du Sud ont à affronter.
Il n'est pas question de les disculper, il ne s'agit pas de faire la morale,
-et d'ailleurs  parmi tous ceux qui aujourd'hui hurlent avec les loups, il faudrait bien voir comment ils se comporteraient s'ils se trouvaient à leur place-
il s'agit de comprendre un système mondialisé de mise au pas des gouvernements des pays du Sud
le livre de M. Perkins dont on a parlé ici : "Confessions d'un assassin économique"

en dit long sur le caractère de ces pressions

Pour des raisons qui dépassent mon entendement, beaucoup d'Haïtiens de ma connaissance, des progressistes
préfèrent accuser les hommes que le système.
Il est vrai qu'il est plus facile de changer de Président, de Premier ministre que de renverser un système injuste.
Il m'arrive même ,parfois, de me demander, si ces "progressistes " sont de bonne foi ou bien s'ils sont de connivence avec le système de prédation qui a tout intérêt à ce que les Haïtiens dénigrent eux-mêmes leur élites en détournant le peuple des vrais responsables de la faillite économique du pays.
On dit aussi qu'ils ont peur.
Bien que ce soit assez désepérant cette complaisance dans l'aveuglement, cette peur chronique, il paraît nécessaire de continuer à faire circuler l'information.
Dans cet article, les auteurs,
Damien Millet et Éric Toussaint, qui sont des spécialistes de la question et qui travaillent sur le sujet de la dette des pays du Sud depuis des années proposent quelques analyses pour expliquer pourquoi les gouvernements continuent de rembourser la dette.

 
Extraits :


Depuis la crise de la dette au début des années 1980, un nombre important de pays en développement (PED), en particulier les plus pauvres d’entre eux, sont devenus dépendants des prêts des institutions financières internationales. Elles possèdent donc un moyen de pression efficace pour qu’ils poursuivent sans cesse les remboursements. C’est pourquoi les gouvernements du Sud qui tentent de s’opposer au consensus de Washington ne sont pas légion. Par exemple, dès son indépendance en mai 2002, les dirigeants du Timor Oriental ont été incités sur le champ à s’endetter, mais heureusement, ils ont refusé.

Ces pressions sont facilitées par un système de négociations au cas par cas qui maintient en permanence l’État endetté en position de faiblesse face à des créanciers parfaitement organisés : FMI, Banque mondiale, Club de Paris, Club de Londres, etc. C’est donc plus facile pour les gouvernements des PED de préférer recevoir les prêts des institutions internationales que de dire non à tout cela.

Mais les dirigeants des PED ont-ils réellement la volonté de s’opposer au modèle dominant ? Jusqu’ici, au cours des 25 dernières années, à quelques rares exceptions près, la plupart des gouvernements n’ont pas eu la volonté d’aller à l’encontre des politiques néolibérales. Beaucoup d’entre eux sont reliés par de nombreux intérêts aux centres de décision des pays les plus industrialisés. Une partie des présidents actuellement en place, notamment en Afrique, ont été portés au pouvoir au moment de la guerre froide ou en sont les héritiers directs.
                                                      Notre cher et regretté Thomas Sankara qui en 1984, changea le nom colonial de Haute-Volta par Burkina Faso  qui signifie, le pays des hommes intègres

Certains sont là parce qu’ils ont contribué à éliminer ou parce qu’ils ont laissé renverser des chefs d’Etats qui, comme Thomas Sankara, le président du Burkina Faso assassiné en 1987, voulaient engager leur pays sur une voie de développement endogène et de justice sociale. D’autres ont préféré respecter le dogme néolibéral, de peur d’être déstabilisé ou renversé.


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