Extraits :
1.1. Les Forces armées d'Haïti (FAdH)
Un examen des témoignages et des documents disponibles fait ressortir l'image d'une armée dont le fonctionnement ne correspond à aucun critère géo-politique retrouvé généralement dans la définition de toute armée. Les FAdH présentent l'image d'une armée en guerre contre son propre territoire, l'ennemi étant ici le peuple haïtien. A noter que cette armée fut historiquement constituée comme une gendarmerie, exerçant des fonctions de sécurité intérieure, dans la tradition instaurée par l'occupant américain en 1915. Elle n'a jamais eu d'activité de défense nationale à proprement parler. Engagée dès sa création dans des opérations de pacification des villes et des campagnes, notamment contre les cacos, cette institution se comporte comme si à tout moment elle était menacée d'une attaque de guérilla ou de commando. Entretenant la paranoïa au sein de ses troupes, imposant une discipline de combat : révocations, transferts, cours martiales, emprisonnement, etc., tout est fait pour alimenter ce climat.
Dès leur engagement, les enrôlés signent un contrat dans lequel ils jurent et promettent obéissance absolue au Chef Suprême et Effectif des Forces armées d'Haïti et à sa Révolution. La CNVJ a pu constater l'existence d'une liste de 40 enrôlés, jugés par une cour martiale pour désertion, entre le 1er janvier 1993 et le 22 février 1994.
Une stratégie dite de défense nationale est mise en oeuvre pour contrer d'éventuels attentats, réprimer les manifestations, voire sauver la nation de la menace interne que constituent les visées démocratiques, étiquetées de communistes. Ce qui caractérise la répression par les FAdH, c'est la volonté de mater la résistance des masses populaires qui, de leur côté, refusent obstinément de laisser anéantir leurs espoirs de construire une société plus juste.
Certaines méthodes relèvent du sadisme pur et simple. Un exemple parmi tant d'autres est donné par la conduite d'un militaire en poste à Chardonnières et qui se faisait appeler Sadam Hussein. Après avoir administré 150 coups de bâton à un homme accusé de maraudage, ce militaire coupa une partie de l'oreille à sa victime et l'obligea à la manger, avant de lui graver ses initiales (S.H.) dans la chair. Un câble non classé de l'ambassade américaine (#065402) fait état d'une enquête sur les exactions de ce militaire.
Ces pratiques, présentées plus en détail au chapitre VI reflètent un aspect particulier du système hérité d'un ordre social fondé sur l'exclusion, (une sorte d'apartheid social), aspect qui se traduit par le mépris des pauvres, moun-sa-yo (ces gens-là) et des paysans moun-an-deyò (du pays en dehors), historiquement privés de leur droit de citoyenneté. En ce sens, les résultats de l'analyse statistique des données relatives aux victimes de détentions, tortures et, surtout, extorsions (plus de 850 cas) sont très significatifs, faisant ressortir la forte proportion d'agriculteurs ciblés par la répression.
L'ensemble du rapport est très instructif.
Ce qui m'a alerté, c'est cette capacité des militaires qui ont commis des abus à se transformer, changer de nom par exemple.
Ou bien être mutés dans un coin où on ne les connaît pas, étant donné l'absence d'information et de communication en Haïti - je veux dire en dehors des zen.
Qui connaît les CV des hommes politiques Sénateurs/ Députés ?
Qui connaît leurs itinéraires ?- le militaire peut effrontément se déguiser en agneau.
On voit aussi que les militaires et les zenglendos recrutent chez les intellectuels, les journalistes,etc.
De toutes les façons c'est ce à quoi on a assisté avec le "dechoukaj de la dignité " et la participation plus qu'intense de ces gens-là à cette cruelle mascarade. C'est ce à quoi on assiste aujourd'hui avec la "restauration macoute" qui réveille tous ses réseaux effrayants d'ex-militaires, de zenglendos, d'attachés, d'ex- Fraph; et évidemment avec la collaboration des idéologues zentellectuels qui ont participé, soutenu activement le coup d'Etat de 2004; et qui sans aucun état d'âme se sont associés à ceux là-mêmes qui sont responsables de l'assassinat d'Izmery et sans doute de Jean Dominique.
Comme je le disais, les Dominicains ne font qu'imiter ce qui est, somme toute, assez courant en Haïti.
C'est le à "l'impossible nous sommes tenus !" de ceux qui se réclament d'avoir des "grenn".
Evidemment quoi de plus "virile "que de donner des coups de pied au ventre à une femme !
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