Colonizing Culture
Wednesday 27 May 2009
Mezanmi, ce texte de toute beauté et d’intelligence, il aurait fallu que je vous le traduise. Mais…,oui il y a un mais, c’est bien dommage parce que je n’ai pas le temps.
Ce texte raconte comment une occupation étrangère ne se limite pas à l’occupation physique du territoire mais « occupe » également les esprits. Il dit que pour les occupants, le plus important est la bataille culturelle : Imposer sa culture propre et arriver à faire en sorte que les occupés ressentent la culture locale comme inférieure.
Ce texte fait référence à Fanon, dont chacun sait, qu’il a beaucoup travaillé sur cette question de l’intériorisation de l’infériorité par les colonisés, une violence plus grave, si on peut parler ainsi, que les violences physiques et autres tortures appliquées sur les corps des peuples colonisés et/ou occupés. Ce texte s’appuie aussi sur la pensée d’Edward Saïd, Palestinien chrétien, qui a également repris et développé les analyses de Fanon autour de la problématique de l’aliénation culturelle.
Le peuple haïtien a pas mal résisté, cahin caha, avec les moyens du bord, dont le vaudou, au rouleau compresseur de la culture made in Occident. Malgré une occupation assez longue, malgré les 29 + 18ans de présence permanente des macoutes et des USAID dans le pays, jusqu’en 2004.
2004 et l’attaque ciblée, concertée et orchestrée contre la célébration du bicentenaire de l'Indépendance du pays a sonné le glas de la « fierté » haïtienne qui, comme je l’ai dit, tant bien que mal se maintenait à travers la reconnaissance d’une histoire exceptionnelle qui avait sa place dans l’histoire universelle.
Depuis 2003/2004, les offensives contre la culture haïtienne, son histoire, sa population ne se comptent plus. Des zentellectuels , pour des raisons complexes, multiples et personnelles ont décidé de participer activement à cette attaque en s’abouchant avec les attaquants.
Cela va de leurs prestations sur les média français, leur participation littéraire sous forme de livres à deux voix avec une des fonctionnaires de la Minutstah , jusqu’à leur productions cinématographiques.
Nouvelle distribution des catégories de couleur en Haïti
Il suffit de voir les titres de leurs films ou le contenu de leurs romans où grosso modo les pauvres et résistants sont transformés en barbares, pour se faire une idée de l'importance de cette campagne- à laquelle s'ajoute celle des chrétiens protestants contre le vaudou.
Prennent-ils leurs ordres des bailleurs de fonds, ou bien sont-ils réellement endoctrinés ou bien opportunistes ?
Ce phénomène à lui seul mériterait une étude détaillée pour comprendre quelles sont les motivations, les projets et le rôle exact joué par ces zentellectuels dans ce qu’on pourrait appeler la « recolonisation « d’Haïti.
Recolonisation que je m’empresse de dire, se situe d’abord au niveau de l’économie avec la dépendance du budget de l’Etat aux préteurs internationaux et aux importateurs locaux, faute de production nationale.
Il paraîtrait, que l’appui apporté par les zentellectuels à cette politique de défense des intérêts dominants, n’est pas un fait nouveau dans l’histoire d’Haïti.
Ce qui frappe, c’est l’utilisation du symbole de la commémoration du bicentenaire de l’Indépendance d’Haïti comme "arme de destruction massive " contre la culture, l’histoire, l’identité du peuple haïtien.
Donc voilà, l’article raconte cette guerre menée par les occupants en Irak pour asservir les esprits à la culture des USA.
Et je voudrais ajouter que l’Irak avait, de même qu’Haïti à un autre niveau, une identité culturelle extrêmement forte et que ce n’est pas étonnant qu’écraser cette culture ancienne, vivante et riche, ait été/soit, un objectif prioritaire dans les 2 pays.
Pour que ça puisse fonctionner en Haïti, la transformation des intellectuels en zentellectuels était une condition nécessaire et impérative.La colonisation de la culture de l'Irak , telle qu' analysée dans l'article, comporte bien des points communs avec celle qui se déroule en Haïti avec les zentellectuels producteurs de "Bicentennaire", de "GNB contre Attila", de "Moloch tropical", et autres macaqueries. A un moment où 200 gourdes de salaire minimum est refusé aux travailleurs, en ne leur laissant d'autres choix , que d'aller vendre leur force de travail dans les bateyes de la RD, ou de s'embarquer sur des rafiots vers la "terre promise".
L'Article
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