Bon.
Je ne vais pas évoquer ce goût pour les effets de manche,
pour la grandiloquence cher à mes compatriotes.
Ce serait de mauvais goût.
Mezanmi, soyons clairs, personne, si ce ne sont les autorités dominicaines,
n'a le pouvoir d'interdire à
des citoyens étrangers de se réunir et de se mouvoir sur leur territoire national.
Quel rapport entre "la liberté de mouvement "
et la critique portée sur le lieu où s'est tenue la réunion ?
Il y a là une logique (de droite ?) qui m'échappe.
Serait-ce un crime de lèse majesté d’exprimer
son désaccord avec le lieu choisi , la RD,
pour la rencontre d’intellectuels oeuvrant pour la « sauvegarde d’Haïti » ?
Est-ce qu'on n'aurait pas le droit d'être choqué?
De toutes les façons, cette rencontre a eu lieu.
Et les participants semblent en être satisfaits.
Les critiques ne sont pas là pour empêcher les participants de poursuivre leurs agendas.
Leur conviction ne saurait être amoindrie par des critiques.
Toute action provoque des critiques justes, argumentées ou partiales.
C'est tout à fait normal.
Et des critiques chacun est libre d'en tenir compte ou pas.
Le fait de mener une action n'implique pas automatiquement
que cette action doive être unanimement approuvée.
De nombreuses personnes semblent ignorer qu’en démocratie le droit de s’opposer existe.
Comme l’a dit « pragmatiquement » une internaute.
Les organisateurs ont payé pour faire leur rencontre
et ils ont le droit absolu de choisir l’endroit où ils veulent se rencontrer.
C’est clair.
Par contre tout individu, tout citoyen a également le droit de se questionner sur le choix du lieu.
Où est le problème ?
Qu’est-ce que ça a avoir avec une quelconque "liberté de mouvement menacée » ?
Par ailleurs, franchement,
ce ne serait pas plutôt les migrants pauvres des pays du Sud
qui auraient des problèmes de limitations dans leurs déplacements géographiques?
Bon.
Je ne vais pas trop m’attarder là-dessus
parce que j’ai déjà longuement parlé du principe de retournement de situation
qui transforme la victime en coupable
et vice-versa.
Ou de la technique du dénigrement utiisée comme argument massue pour faire taire l'adversaire.
Quant aux histoires de De Gaule en Angleterre pour mener la Résistance
Ou des Haïtiens maltraités partout.
Comparaison n’est pas raison.
Et quand elle est forcée -comme dans ce cas- elle touche à l’absurde.
Il y a quand même quelques nuances, voyons donc !
comme disent nos amis Quebecquois.
Je ne pense pas que des Anglais aient décapité un Français
en place publique sous les vivas de la foule,
quelques temps avant que De Gaule ne s'en aille en Angleterre.
Je ne crois pas non plus que ni en Guyane française,
ni à la Martinique, ni aux Bahamas, ni à la Guadeloupe,
ni en France métropolitaine, un Haïtien ait été décapité en place publique.
Il me semble que dans ces pays où l’antihaïtianisme existe –bien sûr-
Les associations de défense des droits de l’Homme,
les institutions judiciaires de ces pays se seraient quand même inquiétés d’un phénomène aussi odieux.
Dans le cas de la RD, imaginez-vous que jusqu’à présent,
on ne sait même pas de quoi l’homme décapité était coupable,
si c’était bien lui le coupable et quelles suites ont été données par rapport aux auteurs de ce « spectacle ».
Et puis, quid des questions économiques ?
Quel est le volume des échanges commerciaux entre la RD et Haïti ?
Qui en profite ?
Pourquoi Haïti serait-elle vouée à enrichir la RD ?
Il n'existe pas d'autres pays, parmi nos voisins avec lesquels commercer ?
Il n'existe pas d'autres pays où l'on peut organiser une réunion "patriotique" ?
Mont point de vue est très simple et je le répète :
il m'apparaît à moi/même/même
que la tenue d'une réunion pour la "sauvegarde "d'Haïti
avec comme invité un ténor de l'antihaïtianisme
et dont l'organisateur de la dite réunion remercie la RD pour l'accueil offert aux Haïtiens en RD
tient de l'infantilisme, d'un manque de respect
pour ceux qui travaillent depuis de longues années
sur la question des relations entre Dominicains et Haïtiens
et in fine d'un manque de vision géopolitique.
Bon sang de bonsoir, ceux qui ont organisé cette rencontre
ont le droit de de défendre leur point de vue,
et ceux qui ne l’approuvent pas d’exprimer leurs points de désaccords.
La terre ne va pas s’arrêter de tourner pour si peu,
ni les Haïtiens des bateyes d’arrêter d’être maltraités.
Quant à cette chanson "ni droite, ni gauche tous ensemble pour la sauvegarde de la patrie".
Je dis moi/même/même/même que c'est de la foutaise.
Les objectifs de la droite et ceux de la gauche sont différents,
leurs intérêts, leurs politiques idem.
Prétendre faire un "manje kochon" , c'est-à-dire un panier de crabes
et Dieu y reconnaitra les siens
correspond à une sorte de pensée magique
qui n'a rien à voir avec un projet politique.
On a vu ce qu'a donné la famille G184
Mais encore une fois,
je serais mal placée pour critiquer tous ceux qui comme M Doré
ont donné de leur temps et fait travailler leurs méninges pour
réfléchir à des pistes pouvant aider au développement d'Haïti.
Je dis simplement et je le répète
qu'il faut réfléchir aux conséquences de ses actes avant de les poser,
tout particulièrement quand on se présente comme des militants pour "la sauvegarde d'Haïti"
Et que le choix de RD, à mon avis, n'était pas le bon.
Ou est le problème ?
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