L’expert en terrorisme invité (désolée j’ai zappé son nom et ses titres) en a mis une couche. Il a expliqué aux auditeurs de RFI, que le transfuge était un cadeau formidable pour les Américains et les Israéliens parce qu’il occupait un poste clef dans l’approvisionnement d’armes aux Hamas, qu’il connaissait tout : les lieux où ces armes étaient entreposées au Liban, les lieux où les missiles étaient entreposés en Iran, etc , etc. Le journaliste de RFI « savait » aussi selon « certaines sources » que la famille du général Asghari avait été « sortie » d’Iran ,bien avant la disparition de celui-ci, de manière à assurer sa protection. Et d’ interroger avidement le « spécialiste » sur les détails des conditions dans lesquelles le général sera interrogé : où ? Dans une pièce comment ? Combien de temps va durer l’interrogatoire ?, etc.
Cette comédie, cette mise en scène du journaliste et de l’expert pourrait faire rire tant nous l'avons vu à l'oeuvre au moment de la guerre d'Irak où sont apparus et ont aussitôt disparu une kyrielle de spécialistes de relations internationales, de terrorisme, d'Irak, etc.. Mais malgré son côté ubuesque l'affaire doit être prise au sérieux parce que RFI rayonne sur tout le monde francophone, prompt à prendre la parole du » Blanc » pour parole d’Evangile. Et non pas à prendre l’information avec des pincettes en considérant qu’il s’agit d’une radio de propagande, l’équivalent de la «Voix de l’Amérique » . Même si RFI apparaît plus neutre ou plus conviviale, l’auditeur doit avoir à l’esprit que cette radio suit la ligne de politique étrangère du gouvernement français, et défend AVANT TOUT, les intérêts du gouvernement français.
Dans cette ligne, l’hypothèse que la disparition du général puisse relever d’autres causes ne pouvait être évoquée par le journaliste. Elle ne le fut pas. Omission d’autant plus surprenante que les enlèvements de personnes par la CIA, sont d’actualité et sont chose connue du grand public.
Or voici ce que dit la télévision turque :
"Les services de renseignement turcs (MIT) ont retrouvé Asghari, qui avait disparu au mois de décembre à Istanbul. Il se trouve à l'étranger, mais son pays d'accueil n'a pas été mentionné pour des raisons de sécurité", indique TGRT, se référant à une source au sein du Renseignement turc.
L'ex-général se trouve sous surveillance, et n'a aucun problème de santé. Les services de renseignement turcs tentent d'établir les raisons exactes de sa disparition, ajoute-t-on.
Selon les données officielles turques, l'ex vice-ministre iranien de la Défense avait disparu sans laisser de traces à Istanbul en décembre dernier, quelques jours après être arrivé en Turquie avec un visa touristique.
"Selon les données dont nous disposons, l'individu en question est arrivé en Turquie par avion le 7 décembre 2006. L'Iran a informé Interpol de sa disparition le 26 décembre. Seulement le 4 février 2007, soit deux mois après, les autorités iraniennes nous ont informées de la disparition leur concitoyen", a indiqué aux journalistes mercredi le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Levent Bilman.
"Les services spéciaux, des douanes et de police turcs font tout leur possible pour déterminer les conditions de la disparition du général Asghari. Ils travaillent sur ce plan en coopération avec l'Iran", a précisé le diplomate, ajoutant que les autorités turques ne menaient sur cette question aucune négociation avec des pays tiers, notamment avec les Etats-Unis.
La disparition d'Asghari a donné lieu dans la presse iranienne et occidentale à de nombreuses versions faisant état d'un possible enlèvement par la CIA ou le Mossad, le général étant supposé être en possession d'informations sur le programme nucléaire iranien. On n'exclut pas non plus que le général Asghari ait pu "passer à l'Ouest" de son propre gré.
Jeudi 15 Mars 2007
RIA Novosti
Commenter cet article