à la mémoire de mon frère l’écrivain Guy. F. Laraque, assassiné sous Cédras
et l’homme qui cherche son ombre
se rencontrent au carrefour de Legba
mais ne se reconnaissent pas
que faire sinon t’égarer
sur les pas de l’aimée
forêt du petit Poucet
village d’Antoine-lan-Gommier les arbres
chantent comme les hommes
ou les hommes comme les arbres
à la tête de l’eau
sous les sept couleurs de l’arc-en-ciel
la Simbi donne du sel aux zombis
c’est la dernière fée qui restera
se livrer au sommeil
pour que poésie s’éveille
Erzulie au bois dormant
sous l’arbre vert du serpent
samba de la nuit rouge
l’ombre du marron bouge
l’herbe que soulève le vent
est la chevelure de l’enfant
tué par son père
c’est la chanson que la nuit emporte
jusqu’à l’oreille de la mère
qui veille la porte
où est-ce l’enfant
qui a tué son père
et chante sa déraison
Joseph au pays des merveilles
pays perdu
et retrouvé
merveille de l’adolescence
où s’aimer
dans la liberté
traverser le miroir
avec la clé des champs
mythe ou histoire
Ogoun tue les méchants
les blancs ont débarqué
le petit soldat est tué
le pays conquis
les blancs sont repartis
les rois nègres
sont les loas de la mort
démasqués
les rois nègres
ne sont plus rois
seuls le sont les étrangers
après la danse
les tambours sont lourds [1]
la femme a cassé les eaux
mais ne peut pas accoucher
il faut le couteau
pour que naisse la liberté
organisation et résistance
sont les seules clés de la délivrance
la révolution n’aura pas avorté
contes à faire dormir debout
ou rêver les yeux ouverts
voici venir votre saison
la saison des comptes
le temps de briser notre croix
le temps pour Bouki de récolter
le temps de changer le temps
et de transformer le rêve en réalité.
Juin 2005
Commenter cet article