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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


A propos d’un texte publié en 2005 sur Alterpresse en « hommage » à Jacques Roche

Publié par siel sur 27 Juillet 2011, 09:51am

Catégories : #REFLEXIONS perso

Il s'agit d'un texte  publié après l'assassinat de Jacques Roche.

A l’occasion de l’anniversaire de sa mort

Il a été rediffusé accompagné de photos

de son corps torturé par le Baron de Bourdon de Grand Renard

Un des VIPi du Granlakouzen, la « fachosphère » haïtienne sur le net.

 

Le fait que ce Baron du Granlakouzen ait jugé bon de diffuser

et rediffuser encore et encore ces photos,

au prétexte qu’il faut que les criminels soient mis

en face de la réalité de leurs pratiques :

"Gade sa neg yo fe yom jenn gason, yon jounalis kompetan, yon gwo ekriven.Gade mezanmi, se sa yo pa vle nou pa we, yo pa vle nou we sa yo ka fe:Kriminel map pibliye fotos »

 est un argument cynique, pervers : le plaisir douteux d'exhiber un corps torturé.

On a vu ça avec les photos des soldats US en Irak;

et d’une mauvaise foi de première classe.


Comme si des gens capables d’actes aussi ignominieux

se sentiraient coupables face à ces photos.

Par contre,  il s’agit d’un manque de scrupules, d’éthique

et de respect flagrant.

 

A cet égard, vous noterez que dans la plupart des journaux,

les photos des victimes de l’acte terroriste commis en Norvège, ont été floutées par respect pour leurs corps morts, pour leurs familles et pour les lecteurs-trices.

 

Roulib.

On se rend bien compte qu’il s’agit en réalité d'un règlement de comptes

où le cadavre de Jacques Roche est  pris en "roulib"

Monter sur le cadavre de Jacques Roche pour faire passer un message de haine.

L’extrême droite en France n’agit pas autrement.

Aussitôt qu’elle déniche la victime d’un crime commis par un Noir

ou un Maghrébin elle l'utilise pour exciter les esprits faibles

et faire sa propagande raciste.

 

Mais si le Baron de Bourdon de Grand Renard peut sans complexe  aucun,

malgré les protestations timides de quelques-uns ,

utiliser le corps torturé de Jacques Roche

comme une pub pour vendre ses idées,

c’est que le vers est déjà bien installé dans le fruit, c’est à dire dans la société haïtienne des « moun de byen ».


C’est-à-dire qu’il y a eu une banalisation de ce genre de pratiques odieuses,

légitimées par les zentellectuels, entre autres, qui n'ont pas été les derniers à tenir des

discours primaires et incendiaires.

 

Le texte d’un réalisateur connu,

en principe un intellectuel censé représenter une sorte de caution morale,

dans une société en quête de modèles,

publié à l’époque  sans problèmes sur Alterpresse en dit long sur cette officialisation

de la diffusion du discours haineux

qui clive et divise dans la société haïtienne.

 

L’auteur de ce texte accuse Lavalas du crime

et promet de venger la mémoire de Jacques Roche.


Notez que cette accusation ne s’appuie sur aucuns faits.

Aucune enquête n’étant, jusqu’à présent, 

venue étayer son affirmation catégorique, mais cependant gratuite.

Affirmation catégorique qui est le produit de la rumeur et des supputations personnelles de l’auteur.


Imaginez que ce même individu produise un texte d’une teneur semblable  dans un pays "civilizé"

– en supposant qu’un journal digne de ce nom, accepterait de publier une accusation aussi grave sans preuves, qui met en cause  tout un parti.

 

Comment aurait-il été catalogué ? Irresponsable ? Extrémiste de droite ?

VOIR Acrimed.Attentats d’Oslo : le coupable « islamiste » était (presque) parfait

 

Cette roulib prise par l’auteur de ce texte sur le cadavre de Jacques Roche

ne diffère en rien de la technique du Baron de Bourdon de Grand Renard,

ni de celles utilisées par la fachosphère en France pour désigner l’ensemble

des Mulsumans comme des ennemis et nourrir de haine les esprits.

 

Il se trouve que d’une part, pour sa chance, le peuple haïtien ne lit pas Alterpresse,

Et que, d’autre part, malgré ce qu’en disent ses diffamateurs, il n’est

pas assez bête pour se précipiter tête baissée dans le piège de la violence

auquel l’incite ce texte.

 

Parce que sinon, ce texte pourrait être lu comme un appel à la guerre civile.

Un truc comme au Rwanda:  « Voyez c’est ce groupe entier, lavalas  qui a commis le crime. »

Un appel au meurtre des dirigeants et membres de Lavalas,

au pogrom des sympathisants lavalassiens,

un appel à la chasse à l’homme dans les quartiers populaires.

 

La classe politique haïtienne et les zentellectuels autoproclamés gardiens de la civilisation

font preuve d’une immaturité, d’un infantilisme et d’une irresponsabilité totalement choquants

 

Vérifiables dans toutes les occasions  de tensions

là où on attendrait d'eux qu'ils fassent, au contraire,

preuve de retenue et de sagesse.

 

Et surtout,  ce qui est plus affligeant,

ils affichent une incapacité à penser au "bien collectif"

et une abscence de morale totale/capitale

que, par un revirement adroit, ces gens-là attribuent au peuple.


Le constat en a encore été fait récemment, lors des dernières élections présidentielles.

 

Pour vous rendre compte de ce l'on pourrait être en droit d'attendre

d'intellectuels conséquents face à une crise, 

il suffit de lire le texte plein de dignité  d’un journaliste norvégien qui s’intitule :

Faire ensemble notre deuil, et ne pas céder au tout sécuritaire

« Les deux attentats qui ont fait plus de 90 morts le 22 juillets, attribués à un homme d'extrême droite, laissent le pays en état de choc. Dans cet éditorial plein d'émotion, le rédacteur en chef de Dagbladet appelle le pays à ne pas se laisser aller à la peur. »

 SOURCE link

 

Le texte d'Alterpresse :

 « Le journaliste Jacques Roche " assassiné par les terroristes de l’ancien Président Aristide ", selon le cinéaste et ex ministre de la culture Raoul Peck.

 

Nous apprenons la mort de notre ami, poète, compagnon de lutte, journaliste et citoyen progressiste haïtien, lâchement assassiné par les terroristes de l’ancien Président Aristide.

 Ayibobo Jacques.

Ta mort ne restera pas impunie.

 Aujourd’hui nous disons définitivement non aux assassins.

Nous disons non aux violeurs. Nous disons non aux tueurs déguisés en prêtres Lavalas, en anciens députés lavalas, en anciens sénateurs lavalas, en anciens Ministres lavalas.

Nous disons non aux tueurs déguisés en avocat de Floride, en parlementaires américains, en lobbyistes américains."

Etc, Etc

http://www.alterpresse.org/article.php?id_article=2837

 

Tout simplement  puéril et indigent !

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