VOIR Mediapartblog.Les étudiants chiliens relèvent le défi
Une première remarque
La lutte lançée par le mouvement des écologistes chiliens
rejoints par les étudiants
et finalement par l’ensemble des organisations du pays dure depuis plus d’un mois.
Dans l’ensemble de la presse haïtienne aucune mention de ces faits.
Pourtant, le Chili est extrèmement présent en Haïti.
Du fait que le patron de la Minustah est chilien.
Et que Martelly a été reçu par Piñera, l’actuel président de droite du Chili
qu’il prend comme modèle politico/économique.
Seconde remarque : A propos de la continuité du système Pinochet.
Vous noterez quelques correspondances avec les modalités de la continuité en Haïti
des 2 dictatures duvaliéristes.
A savoir recrutement d’anciens opposants au régime de droite ( tout récemment Mario Dupuy)
et la volonté de verrouiller toute possibilité de changement. (l'affaire du salaire minimum)
En Haïti, la Consituttion de 1987, malgré ses imperfections
telle qu’élaborée témoignait d'une réelle volonté de rupture avec la gouvernance dictatoriale.
Cependant, les attaques contre la démocratie constantes entre 1986- chute de Duvalier fils
et 2012- arrivée à la Présidence d’un ancien memebre des VSN (corps des macoutes),
le chaos financé et orchestré par la droite durant ces années avec
entre autres ,les coups d'Etat et massacres ont déstabilisé le pays
et fait obstacle à l’application de cette Constitution.
Les duvaliéristes attendaient que les 10 ans d'interdiction de se présenter à des postes gouvernementaux
s’achèvent.
Entretemps de 1986 à 2004, ils se sont fait un plaisir de pourrir la vie des Haïtiens
avec coup d’Etat, kidnappings, délations, mensonges, crimes etc. VOIR "Mwen bezwen pou OPL reponn akizasyon GI FILIP..."
Bref, toute la panoplie de moyens que ces "reformatés" en bandits légaux
ont appris pendant les 29ans de dictature.
Comme je l’ai dit et répété, cette opération « dechoukaj de la dignite »
marquée par le retour de criminels et des complices de leurs crimes aux affaires publiques
était annonçée par le slogan cynique des zentellectuels
" Aristide est pire que Duvalier" parole sotte et méchante
reprise et développée à travers leurs productions littéraires, leurs films et leurs écrits.
Il fallait préparer le peuple et principalement la classe moyenne peu conscientisée
et lobotomisée par une éducation au rabais (voir le roman qui a pour titre 1984)
à accepter le retour des macouto/duvaliéristes et ex-militaires recyclés
dans les affaires, la politique et la police
comme La Solution aux problèmes du pays.
De sorte que, le dernier assaut de la droite = imposer Martelly à la tête de l'Etat
ses tentatives d’abolir la Constitution, de dissoudre le Parlement,
de gouverner par décrets défendues,of course par la Madone des Zen
et tous les barons du Granlakouzen, sont ni plus ni moins des opérations de propagande
visant à faire accepter le retour à la répression et au pillage de l’ère de la dictature.
D'autant plus que l'argent de la reconstruction et celui des mines représentent un pactole
dont chacun de ces duvaliéristes rêve d'en mettre une partie dans sa poche.
D'où les bagarres actuelles entre différents clans.
Une personne comme la Madone des Zen,
de manière moins subtile que d’autres, a sans honte,
constamment fait l’éloge des Duvalier,
évoquer la période de la dictature comme l’époque où Haïti était une oasis
et développer une thèse absurde
que pour faire fonctionner le pays il fallait prendre exemple sur la pérode esclavagiste
pendant laquelle, selon elle « tous les Haïtiens s’étaient mis ensemble pour développer le pays » (sic)
Ce type de raisonnement tête en bas est totalement commun sur les forums haïtiens
pris en otage généralement par des individus qui appartiennent à l'extrême droite
spécialisés dans la démonisation du peuple haïtien, de sa culture et de ses valeurs.
Ce pourquoi, les idéologues de cette tendance (dans laquelle on retouve des amoureux de Pinochet)
Les Supplice, Cinéas, Estimé, Rouzier, Gousse, etc.
et le dernier arrivé un certain M. Conile
qui serait comme les autres candidats au poste de Premier ministre, un enfant de ministre de Duvalier,
sont présentés dans ces forums comme des hommes intègres et compétents,
des éléments neufs capables de renouveller la classe politique,
alors même que ce sont de vieux chevaux de retour
rompus à toutes les magouilles
qui occupent le champ de la politique haïtienne
depuis les Duvalier. Eux ou leurs papas.
Un personnage comme Stanley Lucas
qui était fonctionnaire sous Duvalier au ministère des Affaires sociales
se présente, comme si de rien n'était,
aujourd’hui, comme un démocrate, défenseur des droits de l’homme.
Ce rétropédalage vers la réaction été possible
grâce à l’assassinat systématique à partir de 1986
des personnalités progressistes, à la chasse contre les organaisations populaires,
à la privatisation des universités, désormais plus que jamais productrices d’étudiants jaquorépète,
à la cooptation des intellectuels, à la démonisation des voix critiques
et à la place importante occupée par les ONG,
au fur et à mesure que l’Etat dépecé par les MRE (most repugnant elite)
n’était plus en mesure de répondre à ses obligations régaliennes
inscrites dans la constitution de 1987 : droits à l’éducation, santé, logement, emploi, justice, etc.
Pour l’instant l’extrême droite a gagné.
le peuple est harassé par 50 ans de luttes marquées par des pertes innombrables
L'extrême droite a saccagé le pays écologiquement, économiquement,
socialement et moralement pendant 50ans,
Elle l'a transformé en un champ de ruines
en pratiquant la politique de la terre brûlée.
Pas seulement la terre.
A combien se chiffre le nombre des victimes de ces gens-là depuis 1957 ?
Sans compter tous ceux qui ont dû fuir le pays et qui subissent humiliations
et harcèlements en terres étrangères.
Nous en sommes là.
Il faudra attendre des années avant que ce phénomène terrible de tabula rasa
de guerre systématique et sanguinaire contre le peuple haïtien
soit analysé par des chercheurs haïtiens.
Dans la mesure ou la classe moyenne lettrée -dans le sens haïtien-
c'est-à-dire qui est allée à l'école et obtenu des diplômes
ce qui ne veut pas dire qu'elle a des lettres,
ainsi que la majorité des intellectuels en ont été soit des acteurs, soit des complices.
Cette situation n'est pas propre à Haïti.
La plupart des populations d'Afrique : Burkina Faso, Sénégal, Angola, Rwanda par exemple
vivent le même enfer, encouragé par les Occidentaux
qui adorent les dictateurs quand ils servent leurs intérêts.
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