Au Royaume-Uni, la chute du révérend Paul Flowers illustre le manque de contrôles sur la Co-operative Bank
LE MONDE | 25.11.2013 à 12h36 |Par Marc Roche (Londres, correspondant)
Un ancien président de la Co-operative Bank ou Co-op Bank, la plus grosse banque mutualiste britannique, révérend méthodiste de son état, client assidu de jeunes prostitués sadomaso et « accro » aux stupéfiants.
Un état-major de ce même établissement financier, mégalomane et qui ne jure que par la course au gigantisme.
Un régulateur incompétent et un monde politique indifférent, refusant de reconnaître les dysfonctionnements du management et les problèmes de gouvernance de cet établissement supposé privilégier la finance éthique.
Et enfin, en arrière-plan, le Nord besogneux de l'Angleterre et les retombées de la crise financière de 2007-2008.
Pour les amateurs de feuilletons, la distribution et l'intrigue du scandale de la déconfiture de la Co-operative Bank, qui tient en haleine le Royaume depuis une semaine (Le Monde du 19 novembre) sont captivants.
RELATIONS POLITIQUES NOMBREUSES
Comment la fringante enseigne, basée à Manchester, en est-elle arrivée là ? Au coeur de l'affaire, se trouve le révérend Paul Flowers, 63 ans, président non exécutif de la Co-op Bank entre mars 2010 et juin 2013.
Râblé, le teint fleuri, ce bon vivant à l'entregent reconnu doit sa nomination à ses relations politiques nombreuses au sein du parti travailliste. Les organisations caritatives, les ONG et les fondations éducatives ou culturelles qui constituent les gros clients de l'enseigne ne trouvent rien à redire à cette désignation.
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