Communiqué de Amnesty International
Soumis à AlterPresse le 16 mars 2012
La condamnation à un an de prison de trois Pakistanais membres de la force de maintien de la paix des Nations unies en Haïti reconnus coupables de l’agression sexuelle d’un garçon de 14 ans est une parodie de justice, a déclaré Amnesty International jeudi 15 mars.
Le 14 mars, l’ONU a révélé que ces trois hommes avaient été condamnés à l’issue d’une audience devant une juridiction militaire pakistanaise dans la ville haïtienne des Gonaïves en janvier 2012.
C’est la première fois, à la connaissance d’Amnesty International que des membres de la force de maintien de la paix des Nations unies sont jugés et condamnés pour des faits commis en Haïti. Ces trois policiers ont depuis été renvoyés au Pakistan, où ils devraient purger leur peine de prison.
« On dispose de très peu d’informations sur cette affaire et la nature de l’agression sexuelle, mais il est évident qu’un procès militaire tenu dans un secret presque total qui a débouché sur une peine d’un an est complètement inacceptable et constitue une parodie de justice, a souligné Javier Zúñiga, conseiller spécial d’Amnesty International.
« Les affaires d’agression sexuelle ne doivent jamais être traitées par des juridictions militaires, mais par des instances civiles disposées à examiner des questions liées aux droits humains.
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C'est ce que j'avais écrit "une parodie de justice". 2 soldats de la Minustah jugés pour viol d'un mineur haïtien
Voici un truc que je reproche à la presse haïtienne.
Je comprends parfaitement qu'elle soit sous contrôle - comme ailleurs-
VOIR link
de ceux qui la financent.
La question de l'indépendance des média
est un problème international.
Je comprends qu'elle craigne des représailles
et même des meurtres contre ses journalistes.
VOIR : Haiti: nouvel assassinat d'un jeune cadre
C'est tout à fait légitime de prendre des précautions.
Pas la peine de jouer au kamikaze.
Mais enfin, comment ça se fait qu'elle
se contente de reproduire le communiqué de la Minustah
informant du jugement, sans s'interroger sur la forme: la justice haïtienne écartée.
Ni sur le verdict : 1 an de prison pour des abus sexuels
par 3 casques bleus,
3 personnes qui détiennent une autorité morale -soit-disant-
et une force physique et militaire -certaine- sur un enfant de 13 ans.
Il faut quand même savoir, en tant que média, prendre position de temps à autre
se poser des questions, interroger les autorités responsables,
comparez ce verdict avec des cas similaires ailleurs dans le monde.
Enfin, enquêter, informer quoi.
Ce qui ne signifie pas de simplement reproduire des communiqués,
mais ouvrir des chemins de réflexion pour aider les citoyens
à voir + clair, à débattre, à se défaire de la dépendance.
On dirait, dans la plupart des cas,
que la presse écrite haïtienne se contente d'être la caisse de résonnance
du discours qui lui est servi.
Encore une fois, je comprends les raisons de sa prudence.
Pas la peine de jouer au héros, surtout en ce moment
où les macouto/militaro//duvaliéristes battent le haut du pavé.
VOIR :link
Ces gens-là ont déja assez tué, éliminé, fait disparaîte
assez de cadres durant ces dernières 50 années.
Mais, dans un cas comme celui-ci, que craignent les média haïtiens ?
Pourquoi par exemple, la presse n'a t-elle pas suivi
le cas du jeune homme violé par les casques bleus à Port-Salut ?
Elle s'est contentée en gros de reproduire les déclarations de la Minustah et du gouvernement d'Uruguay.
Le jeune homme vit maintenant à Port-au-Prince. Pourquoi ne l'avoir jamais interrogé ?
Rien. La presse haïtienne ferme les yeux et attend que vienne l'information
de ceux-la même qui sont du parti des agresseurs.
En fait, ce que je reproche à la presse haïtienne,
c'est de ne jamais soutenir les victimes haïtiennes quand l'agresseur est étranger
ou riche, ou puissant.
En fait, ce que je reproche à la presse haïtienne, c'est de montrer rarement de l'intérêt,
de la curiosité ou de l'empathie pour les victimes quand elles sont pauvres.
C'est de pratiquer une forme d'apartheid sournois.
Les "moun an deyo", petites gens n'ont pas d'identité, pas de visage, pas d'histoire.
En fait, pour être plus précise, ce que je reproche à la presse haïtienne,
c'est de manquer de courage- même quand il n'est nécessairement pas besoin d'en avoir- pour traiter de sujets purement sociétaux.
Finalement, ce que je trouve pénible, c'est que la presse haïtienne soit le reflet du système social haïtien, au lieu d'en être un (modeste) élément d'émulation.
A part de très rares exceptions, de même que les autres institutions du pays,
la presse écrite haïtienne pratique le "fort avec les faibles et servile avec les forts"
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