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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Créole, école, rationalité,Par Yves Dejean,

Publié par siel sur 4 Octobre 2010, 09:40am

Catégories : #CULTURE

Mezanmi, cette longue  intervention d'Yves Déjean est un trésor.

Il faut la lire jusqu'au bout.

Bien qu'elle  réfute une partie de la thèse de Mme Sylvain,

dont le portraiit a été diffusé sur ce blog.

Suzanne Sylvain, une grande intellectuelle haïtienne, vue par son mari

 

Elle s'appuie sur son travail, et ce qui est revigorant ,

c'est de que la réflexion se poursuit

entre Mme Sylvain,

première linguiste haïtienne,

entre Mrs. Déjean et Hughes Saint-Fort

Apprendre l’orthographe du “kreyòl”

ou M. Roselor François

LE FRANÇAIS EST-IL UN BON OUTIL D’APPRENTISSAGE À L’ÉCOLE FONDAMENTALE HAITIENNE?, par Roselor François

et tous les autres comme Tontonguy

link

qui continuent à creuser le terrain.

 

Mezanmi ça fait un bien immense.

ce passage de  flambeau.

Parce que, pour vous dire, une des difficultés

que la société haïtienne rencontre

c'est l'absence de transmission et  de continuité.

 

Des gens prétendent réinventer la roue,

changer " le nom de la rose" comme dit Yves Déjean

et présentent les pires niaiseries

comme vérités

sans avoir le début du bagage intellectuel

et encore moins académique

qui les autoriserait à le faire.


Parce que, il faut vous dire que parfois,

 entre "La Madone des zen,

"L'esclavage est un Bienfait dans Nos salons", et "Time is money"

"Lhomme du groupe de Bourdon"

l'air est tellement irrespirable

VOIR AYITI EXTREME DROITE

qu'on finit par désespérer d'une éventuelle sortie des Haïtiens

de l'obscurantisme et des zen (ragots, commérages, médisances)

officialisés comme "trade mark" culturel haïtien depuis 1957

par l'homme de" la pâte est mauvaise"

 

J'en tire personnellement une fierté de constater

que des intellectuels haïtiens

continuent sur les chemins de la recherche

et de l'analyse inaugurés, entre autres,

par un Anténor Firmin,

malgré, comme dit si justement Leslie Péan :

« l'abêtissement systématique des Haïtiens avec l'assentiment de la communauté internationale. »

Haiti : A la source de nos simulacres électoraux. par Leslie Péan

 

Peuple haïtien, un grand Ayibobo pour le professeur Déjean

qui a  bien mérité de la patrie.

Peuple haïtien, de même que nous honorons nos ancêtres

qui ont lutté victorieusement contre l'esclavage,

de même nous devons, honneur et respect, aux intellectuels

qui mènent le combat contre l'abrutissement de la population haïtienne.


Yves Dejean, PhD, Indiana University à Bloomington

 
I. Prélude à l’irrationalité
1. Questions d’un visiteur américain

Mardi 10 octobre 2000, vers une heure de l’après-midi, alors que je marchais de la station-service «Paloma» jusqu’à l’impasse où j’habitais en face de l’entrée du marché de Carrefour, j’ai été submergé par le flot d’élèves déversé par les écoles de la zone, en particulier le Juvénat des Frères du Sacré-Cœur. J’ai sans doute croisé un millier d’enfants et d’adultes qui les accompagnaient. Heureux de ce bain de foule, je me suis longuement arrêté près de la sortie du Juvénat. J’ai imaginé une rencontre, à cet endroit, entre un visiteur américain et un enseignant haïtien parlant l’anglais. Prêtant l’oreille au bourdonnement de ces centaines de voix d’un flot humain émettant un flot de paroles, j’ai pensé au dialogue échangé entre eux:

A J’aimerais tant savoir ce que disent ces enfants. Dommage qu’ils ne parlent pas anglais!

E. Dommage que vous ne parlez pas leur langue!

A C’est vrai. Je connais un peu de français. Je n’ai pas l’impression qu’ils parlent français.
Quelle langue parlent-ils?

E. Ils parlent créole. Tout le monde parle créole en Haïti.

A Est-ce que l’enseignement scolaire se fait en créole?

E. Non. L’enseignement est en français.

A Pourquoi l’enseignement n’est-il pas en créole?
Est-ce que tous ces enfants connaissent aussi le français?

E. Non. Ils apprennent le français à l’école.

A Est-ce que les parents de ces enfants parlent français?

E. Quelques-uns seulement.

A D’après vous, quel pourcentage?

E. Je dirais à peine dix pour cent.

A Vous voulez dire que 90 % des parents de cette masse d’enfants que nous voyons défiler sous nos yeux ne parlent pas français couramment?

E. Ces parents ne parlent pas français du tout.

A Je suppose donc que 90 % des enfants que je vois là ne parlaient pas du tout français à leur entrée au jardin d’enfant ou à l’école.

E. Vous avez raison.

A Est-ce que c’est comme ça à Carrefour seulement?

E. Non. Partout en Haïti. Certains linguistes, comme Yves Dejean, estiment seulement à 2 ou 3 pour cent le nombre d’Haïtiens parlant français sur les sept millions d’habitants du pays.

A Mais alors, est-ce que ces écoliers arrivent à parler couramment français après quelques années de fréquentation scolaire, disons quatre ou cinq ans?

E. J’enseigne dans le secondaire depuis quinze ans. En toute honnêteté, je me vois obligé de vous répondre que même après dix ans d’école, la très grande majorité des élèves ne parle pas couramment français. C’est l’opinion de l’ensemble des enseignants compétents d’Haïti.

A Au moins est-ce qu’ils savent lire le français?

E. En pratique, presque tous arrivent à lire le français à des degrés divers.

A Donc, ils comprennent bien ce qui est écrit en français dans les livres, revues, journaux, annonces, prospectus, modes d’emploi, etc.

E. Je ne le pense pas, du moins pour la majorité.

A Mais qu’est-ce que vous appelez savoir lire? Dans mon pays, on qualifie d’illettrés (donc ne sachant pas lire) ceux et celles qui ne réussissent pas un test de compréhension d’un texte écrit en anglais, si l’anglais est leur langue maternelle, texte que devraient comprendre très bien, en un temps relativement court de lecture silencieuse, tous les élèves anglophones de neuvième année (ninth grade).

E. À ce compte, la plupart de nos élèves et de nos anciens élèves ne réussiraient pas un test semblable en français, à moins d’avoir appris le texte et son explication détaillée par cœur.

A Mais pourquoi ne pas leur donner à lire des textes écrits en créole?

E. Ils ne lisent pas en créole. Ils ne savent pas lire le créole. Moi, qui vous parle, je ne sais pas lire le créole.

A Parlez-vous couramment le créole?

E. Bien sûr, comme toutes les personnes nées et élevées en Haïti, et depuis que j’ai commencé à parler.

A Et vous pouvez parler et lire l’anglais. Vous comprenez un article sur Haïti du New York Times, du Washington Post, du Boston Globe, du Miami Herald.

E. Et chaque fois que j’en ai l’occasion, je lis ce que publient sur Haïti Le monde, Le monde diplomatique, La Croix, Le Figaro, et même Paris-Match.

A Mais pourquoi n’apprenez-vous pas à lire le créole?

E. C’est difficile. Et il n’y a pas d’orthographe.

A Je suis étonné. Avant de me rendre en Haïti, j’ai consulté un de mes amis américains qui vit à Port-au-Prince depuis quinze ans. Il m’a montré trois dictionnaires anglais-créole publiés aux États-Unis et d’autres livres. Il y avait un recueil de poésies d’un grand écrivain haïtien mort à Miami…

E. Morisseau-Leroy, l’auteur de Dyakout.

A Il m’a fait voir une édition créole de la Bible de 1999, je crois. Tous ces livres étaient écrits selon une orthographe, officielle depuis janvier 1980, m’a dit mon ami.

E. Ah? En tout cas l’enseignement se donne en français.

A Et vous obtenez de bons résultats?

E. Malheureusement, non. Les examens du baccalauréat aboutissent à la catastrophe depuis plusieurs années. Entre 20 et 30 pour cent de réussite. C’est triste.

A Moi, je n’aurais pas réussi à obtenir mon diplôme de highschool, mon BA et mon Master en électronique, si on m’avait forcé à aller à l’école en allemand ou en espagnol depuis l’enfance. Les enfants d’Haïti sont bien malchanceux.

E. Moi, j’ai la chance d’être parmi le petit nombre des élus. Je parle couramment français et je lis trois grandes langues: français, anglais, espagnol.

A J’ai l’impression que nous concevons très différemment l’apprentissage, la connaissance et la maîtrise de la lecture et le but d’une longue éducation pour tous.

Et la conclusion de l'article

La création d’un bilinguisme de masse par l’enseignement formel d’une langue étrangère est une réussite non documentée dans l’histoire de l’humanité. Ce n’est pas par un simple hasard que l’enseignement est dispensé dans la langue de la communauté à laquelle appartiennent les enfants dans la plupart des pays du monde.

On a du mal à réconcilier chez les responsables d’institutions religieuses le souci d’assurer un enseignement religieux en créole à l’écrasante majorité créolophone unilingue d’Haïti et l’insouciance vis-à-vis d’un enseignement scolaire non-religieux en créole à cette même majorité. Il y a une leçon à tirer du contraste frappant entre l’utilisation naturelle et efficace du créole dans l’apprentissage de tout ce qui est en rapport avec la vie de l’ensemble de la population haïtienne (éducation familiale, métiers, activités commerciales, expression des croyances religieuses, loisirs, soins, etc.) et l’emploi artificiel et inefficace du français dans le système scolaire.

On n’a pas à changer le nom de la rose, le mode de vie et la culture de tout un peuple. Ce qu’il faut changer, c’est un système scolaire inadapté et basé irrationnellement sur le rejet, le mépris et la non-acceptation de ce qui colle le plus à sa vie quotidienne, la seule langue qui unit tous les Haïtiens, le créole. L’adoption, sans réticence et non pas du bout des lèvres, du créole parlé et écrit, dans l’administration publique, dans le système judiciaire et dans le système scolaire, est une démarche incontournable, mais ce n’est qu’un premier pas vers un avenir meilleur.

 L'article : http://www.madinin-art.net/socio_cul/autonomie/creole_ecole_rationalite.htm

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R
<br /> Bonjour de Montréal.<br /> Je suis particulièrement ravi de partager avec vous la communication « L’ÉCOLE EN CRÉOLE, EN FRANÇAIS, DANS LES DEUX LANGUES ? ÉTAT DE LA QUESTION ET PERSPECTIVES » que j’ai préparée pour la Table-ronde du 16 octobre 2011 de l’Association des enseignants haïtiens du Québec<br /> (AEHQ).<br /> <br /> Une version écourtée et remaniée de cette communication<br /> est publiée ce 7 décembre 2011 par Le Nouvelliste de Port-au-Prince : http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=100111&PubDate=2011-12-06 .<br /> <br /> Le texte de cette communication est déjà disponible sur le site<br /> Potomitan à l’adresse<br /> suivante : http://www.potomitan.info/ayiti/berrouet-oriol/ecole.php<br /> .<br /> <br /> Il est également disponible sur le site de Haiti Nation : http://haiti-nation.com/index.php?option=com_content&view=article&id=984:lecole-en-creole-en-francais-dans-les-deux-langues-etat-de-la-question-et-perspectives-&catid=51:le-creole-haitien&Itemid=75<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> ET de Montray<br /> Kreyòl : http://www.montraykreyol.org/spip.php?article5031<br /> <br /> <br /> <br /> Merci d’avoir<br /> l’amabilité de diffuser ce texte auprès de<br /> vos correspondants et sur les sites et blogs<br /> qui vous sont<br /> familiers.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> Bien cordialement,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> Robert Berrouët-Oriol<br /> <br /> <br /> <br /> Linguiste-terminologue<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Bonjour de Montréal.<br /> Je suis particulièrement ravi de vous adresser, en pièce jointe, le<br /> PDF de mon « droit de réponse », « LE<br /> 'SYSTÈME' LINGUISTIQUE D'YVES DEJEAN CONDUIT À UNE IMPASSE »<br /> publié le 11 août 2011 par le journal Le Nouvelliste de Port-au-Prince<br /> : http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=95892&PubDate=2011-08-10 .<br /> <br /> L'article est également paru le 12 août 2011, à Port-au-Prince, sur le site de l'agence en ligne Alter Presse : http://www.alterpresse.org/spip.php?article11392<br /> Il a préalablement été publié sur les sites suivants :<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> 1) Haïti Nation (http://haiti-nation.com/index.php?option=com_content&view=article&id=907:amenagement-du-creole-et-du-francais-en-haiti-&catid=51:le-creole-haitien&Itemid=75),(2)<br /> Potomitan (http://www.potomitan.info/ayiti/berrouet-oriol/dejean.php),<br /> <br /> (3) Montray Kreyòl (http://www.montraykreyol.org/spip.php?article4808) .<br /> <br /> Vu l'importance du débat actuel sur la «question linguistique haïtienne », j'adresse un vif merci à ceux qui auront l'amabilité de diffuser cet article dans leurs réseaux<br /> habituels.<br /> <br /> <br /> Bien cordialement,<br /> Robert Berrouët-Oriol<br /> <br /> [Robert Berrouët Oriol, linguiste-terminologue, poète et critique littéraire, est coauteur de la première étude théorique portant sur « Les écritures migrantes et métisses au Québec » (Quebec<br /> Studies, Ohio, 1992). Sa dernière oeuvre littéraire, « Poème du décours » (Éditions Triptyque, Montréal 2010), a obtenu en France le Prix de poésie du Livre insulaire Ouessant 2010. Ancien<br /> enseignant à la Faculté de linguistique de l’Université d’État d’Haïti, il est également coordonnateur et coauteur du livre de référence « L’aménagement linguistique en Haïti :<br /> enjeux, défis et propositions » -- Éditions du Cidihca, Montréal, février 2011, Éditions de l’Université d’État d’Haïti, Port-au-Prince, juin 2011.]<br /> <br /> <br /> <br />
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