Haruki MurakamiCedric MARTIGNY / Opale
Haruki Murakami est un phénomène éditorial. C'est l'auteur japonais le plus lu et le plus traduit à travers le monde. Son dernier roman, 1Q84 (en trois tomes), s'est vendu à 4 millions d'exemplaires au Japon. En Corée du Sud, des éditeurs ont fait assaut de propositions toutes plus élevées les unes que les autres pour acquérir les droits de traduction, et depuis octobre 2010 circulent des traductions pirates en chinois.
Au total, une quarantaine de pays ont acquis les droits pour cette trilogie dont le premier tome sortira en français, au mois d'août, chez Belfond.
Pourtant, en dépit de ce succès et des rumeurs qui circulent chaque année sur la possibilité qu'il reçoive le prix Nobel de littérature, Haruki Murakami reste d'une surprenante simplicité – comme étranger à la figure littéraire qu'il est.
Ce n'est pas un homme de médias : il ne passe jamais à la télévision, n'aime guère les interviews et encore moins les photographies, dit-il, pour s'excuser d'avoir tardé à accorder cet entretien : "Si on commence, on n'arrête plus et ce n'est pas très passionnant", dit-il.
Dans son bureau, situé dans un petit immeuble du quartier bon chic bon genre d'Aoyama à Tokyo, c'est un Japonais d'une cinquantaine d'années qui nous reçoit, affable et souriant, en jean et pull-over, la barbe naissante, qui pourrait très bien être le patron d'un bar de jazz qu'il fut autrefois.
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