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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Je vous dois une explication à propos de l'extrême droite haïtienne.

Publié par siel sur 10 Juin 2011, 09:20am

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE

Je critique, je critique ceux qui  te servent de "l' anarcho-populisme"

à toutes les sauces,

arguant qu'une définition de ce concept

aiderait à
comprendre leurs analyses VOIR
Lemondediplo.Un raisonnement de fou. Par Serge Halimi

 

La nécessité  de créer une rubrique intitulée "Ayiti extrême droite"

s'est imposée par la découverte du poids des idées réactionnaires

dans la société haïtienne, dite de l'élite VOIR AYITI EXTREME DROITE

 

La défintion la plus succinte que j'ai trouvée :

 l'extrême droite haïtienne est représentée

par "un ensemble de forces qui refusent l'émancipation des citoyens".

 

Cette classification qui  peut sembler réductrice puisqu'elle

intègre volontairement les partis, groupes et associations

qui se présentent comme à droite, au centre de l'échiquier politique

et  qui parfois vont jusqu'à se revendiquer a-politique.

 

L'extrême droite haïtienne a une spécificité c'est qu'elle ratisse large.

Elle part des milliardaires en passant par les classes moyennes

pour arriver jusqu'en bas,

au simple gardien de maison ou videur d'un supermarché.


En Haïti, tout détenteur d'autorité à quelque niveau qu'il se trouve

a intériorisé et véhicule l'idéologie de l'extrême droite.

qui se manifeste  d'emblée et sans fards par l'abus d'autorité, le mépris

l'absence de considération pour celui que, du fait de sa position, il considère comme "inférieur".

 

Les raisons historiques de la propagation de cette idéologie sont expliquées ici :

"Au cours de cette longue période de luttes politiques, la nation haïtienne a été gouvernée avec les ressources traditionnelles basées sur l'obscurantisme, la continuité du racisme colonial, la négation des droits politiques et de citoyenneté, l'arbitrage d'un pouvoir militaire, l'obstruction du parlementarisme, la manipulation des processus électoraux, la négation de la liberté de l'expression et l'inexistence d'un système de partis politiques. A la fin de deux siècles Haïti n'a eu, comme nous pouvons l'observer aucune consolidation démocratique offrant aux masses des mécanismes de participation politique, comme cela a été possible pendant la période insurrectionnelle de la Révolution de 1804"

 

Le duvaliérisme peut-être considéré comme le moment (29 ans) où cette idéologie se "pragmatise'.

Elle met en place

ses penseurs,

son discours,

ses outils de répression

sa "philosophie de l'exil en masse " (sic)
sa surveillance des citoyens à travers

son service d'espions, sa milice

son contrôle de l'espace géographique

avec ses checkpoints à l'intérieur du pays

et ses visas d'entrée et de sortie

du territoire pour les citoyens haïtiens

qui se trouvent à l'étranger

 

En regardant de près la papadocratie (de papa doc, surnom du dictateur Duvalier François) il n'est pas difficile de retrouver dans cette "philosophie de l'enfermement"

physique et mentale d'une population des points communs avec le système esclavagiste.

 

Ces 29 années de dictature ne sont pas venues de nulle part.

Si une grande partie de l'élite et des classes moyennes

s'y sont soumises volontairement,

c'est qu'elles s'inscrivaient dans une histoire de l'exploitation des masses haïtiennes

qui prend forme dès après l'indépendance.

Quant aux "masses", il aura fallu les faire surveiller par elles-mêmes

c'est-à-dire par les macoutes d'origine populaire.

De même que les colons employaient d'autres esclaves

pour garder et punir les esclaves.

 

La "réussite" de cette idéologie mortifère qui se manifeste aujourd'hui

sur tous les forums haïtiens

vient du fait

qu'elle a su, aidée par l'instauration de la peur,

s'imposer comme "pensée unique" dans toutes les classes sociales

et d'autre part  éliminer ses opposants.

 

Barthelemy a parlé du "pays en dehors" (titre de son ouvrage)

mais il ne s'est pas penché

sur le fascisme - oui je pèse mes mots-

du "pays en dedans"

arme de destruction massive

de la culture, de l'âme, des valeurs, des potentialités, des rêves

du peuple haïtien

soumis à la loi du plus fort (ma définition du fascisme)

Et puis, point final.

Prédation+ exploitation = régression.


Idéologie fascisante que, comme une sorte de sida

"le pays d'en dedans "

avec ses hommes d'affaires,

son armée,

ses fonctionnaires

ses zentellectuels

ses employés de maisons

ses restavek

a répandu dans l'ensemble

de la société,

en imprégnant tous ses coins et recoins.

 

Le poisson pourrit par la tête

c'est ce que j'ai eu l'occasion de vérifier,à ma grande stupéfaction,,

en lisant les contributions sur les forum haïtiens des "élites".

- Pas toutes, dieu merci-

Mais le ton général qui s'en dégage

sous couvert de vouloir "sauver Haïti,"

d'"aimer Haïti" (une des ruses des idéologues de la papadocratie)

ressemble fort à celui que l'on retrouve sur les

forums de l'extrême droite, ici, en France.

 

En France,  la gauche, Arabes, Noirs, musulmans, immigrés

sont les boucs émissaires, responsables

de tout ce qui ne marche pas dans le pays


En Haïti, la gauche, les Kongos, les "hommes qui sont aussi des rats", les lavalas

sont les ennemis, fauteurs de trouble, coupables de tous les maux.

Bien que la majorité de la classe moyenne haïtienne soit noire (noir fonçé, noir marron,noir jaune, noir clair) sur les forum elle désigne la population pauvre en des termes racistes

 qui sont plus ou moins les mêmes que ceux utilisés

par l’extrême droite française pour caractériser les Arabes (rats) les Noirs (singes).

 

Sur l'ensemble des sujets, le créole, le français,  la vodou, les paysans, le commerce
Les Noirs, Mulâtres, la démocratie, le beau, la justice,
L’éducation, la sécurité, l’histoire, le développement,

les valeurs morales
l'approche est, à de rares et notables exceptions,  toujours la même
: caricaturale.

"le pays en dehors" est le diable/noir

"le pays en dedans" est le bon dieu/blanc.

 

Les zen, rumeurs, ragots, commérages, « tripotaj », médisances, intimidations
Attaques ad hominem
Circulent en boucle..
De même  que les insultes , grossièretés  et autres enfantillages
Ce déversement d'insanités semblant procurer du plaisir à ces commentateurs.

 

Les questions socio/économiques de fond
qui, en principe, permettent de trouver des solutions
aux problèmes de sous-développement ne sont presque,

pour ne pas dire jamais,
mentionnées

ou bien s'enrobent dans un jargon

prétendument  savant

digne des "Précieuses ridicules"

Alors, qu'est-ce que l'extrême droite haïtienne ?
C'est
"un ensemble de forces qui refusent l'émancipation des citoyens".

On y retrouve un certain nombre de caractéristiques

de l'extrême droite internationale.

-A savoir cette même peur de l’autre, paresseux, brigand, venu voler leur pain.

En France, l’Arabe, le Noir, l’immigré, le musulman , le Rom.

En Haïti les « lavalas » qui veulent « pren pillaille », les paysans, les pauvres

les kongos, incultes, vodouisants et paresseux.

-A savoir cette fixation sur la sécurité, l’armée, la police, les prisons, la peine de mort qui

sur les forum haïtiens comme sur ceux de l’extrême droite française sont proposés,

à défaut d’un discours rationnel sur l’économie, le partage des ressources,

comme moyens miracles pour rétablir la prospérité.

 

La spécifité de l'extrême droite haïtienne est que "l'autre" est aussi lui-même.

Point besoin de Juifs, d'Arabes  de Gitans et de métèques.

Ce sont ses propres frères qu'elle expulse du genre humain.

Qu'elle animalise en les forçant à vivre

dans des conditions qui ne sont même pas celles d'un chien ici.

En tenant un discours sur eux qui les renvoient

au règne animal:"les hommes qui sont aussi des rats"

vestige et héritage de la pensée esclavagiste.

 

La spécifité de l'extrême droite haïtienne est la généralisation et la banalisation de son discours.

Aucune classe sociale n'y échappe.

Présent aussi bien dans les milieux dits intellectuels que les autres,

le mépris, l'arrogance, l'intimidation, la délation (le goût pour les listes noires)

le dénigrement, les mensonges outranciers, le racisme sont communs

et jamais comme ailleurs, dans les pays "civilisés"

réprimandés par la loi.

 

La spécificité de l'extrême droite haïtienne c'est que ses valeurs sont cautionnées et diffusées par un contingent de "zentellectuels."

Alors que partout dans le monde, les intellectuels dans leur grande majorité

se veulent  la voix des plus faibles, en Haïti, on assiste à un phénomène inverse.

Les zentellectuels sont la voix des maîtres.

Un trait qui renvoie-là aussi à l'esclavage et à ses nègres de talents.

Et bien sûr, à l'intériorisation de 29 ans de "valeurs" duvaliériennes.

 

Mes amis, pardon pour n'avoir pas su faire plus court.

Je me devais d'éclaircir ce concept d'extrême droite haïtienne

dont je fais usage fort souvent.

J'avais à expliquer pourquoi, selon moi, l'extrême droite en Haïti

ne se réduit pas à une minorité aux marges

mais qu'elle est un fait de société à l'intérieur.

 

Que de l'indépendance à aujourd'hui

elle s'est exprimée de manières diverses

avec farces et attrapes,

beaux discours, coups d'Etat et crimes

avec des acteurs tout aussi divers (Noirs, Blancs, Jaunes, bourgeoisie, classes moyennes)

mais dont le but a été toujours le même

refuser" l'émancipation des citoyens".


Le duvaliérisme, la papadocratie est une des manifestations de l'extrême droite

Ce n'est pas le duvaliérisme en lui-même, mais ce qui a permis

qu'il naisse, s'installe et perdure dans les têtes aujourd'hui encore

contre quoi il faut s'attaquer.


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