Les vacances tirent à leur fin.
This is the end my friend.
C'est le moment ou jamais de vous parler du pourquoi et comment de mon
projet de pièce de théâtre
.
Je vous en ai déjà présenté le décor VOIR link
Et les personnages VOIR link
Je travaille un peu en zig-zag entre la préparation de mon exposition de peinture en septembre,
dont voici un aperçu
le travail de direction d’un nouveau livre succédant à « itinéraire » VOIR Itinéraire d'un enfant de paysan ayisyen
et la lecture et relecture en ce moment de Murakami qui me plonge
dans un délicieux mais néanmoins tragique « réalisme merveilleux"
et les recettes pour arrêter la chute des cheveux à base d'ail VOIR link
Plus les séances de Qi Quong,
le temps se fait acide comme un citron
et gouteux comme une mangue.
Bon, revenons à notre sujet.
La Madone des Zen est une pièce de théâtre
que j’écris à partir de mes réflexions personnelles
et des paroles d’internautes haïtiens glanées sur le net.
Pourquoi ce nom ?
La pièce de théâtre porte le nom du personnage principal qui m’a été inspiré par une internaute qui, comme l’indique le titre :
1- diffuse des zen, mensonges et médisances avec arrogance
2- joue à la sainte détenant LA vérité unique
3- insulte tout un chacun avec arrogance à sa convenance
4- se victimise aussitôt qu’on lui rend la monnaie de sa pièce.
C'est ce mélange d'arrogance, de mensonge et l'absence totale/capitale de scrupules
qui en fait un cas intéressant.
Rappellez-vous que Chancy disait que ce qui caractérisait les macouto/duvaliéristes
c'était l'arrogance et la...cruauté..
Comment se présenter comme une sainte persécutée à cause de son amour de LA vérité
tout en diffusant des mensonges et ignominies ?
C’est le paradoxe que le personnage arrive à incarner
d’où son nom : La Madone des Zen.
Ce profil de personnage est assez commun dans la classe moyenne "arrivée" d'Haïti
où pourrait même dire qu'il est relativement représentatif
et que beaucoup d'internautes pourraient s'y retrouver
ce qui lui vaut sa "popularité"
La Madone des Zen est la met kay, l’égérie, la muse d’un "lakou."
Un lakou ( une cour) est un ensemble de maisons bâties sur un même terrain
occupées par les membres d’une même famille.
Ce lakou porte pour nom : Legranlakouzen.
Ce nom m’a été suggéré par un internaute, membre de ce lakou, qui félicitait la Madone des Zen
après qu’elle ait annoncé au public
le cancer de Duvalier, sa mort éminente et le pardon qui devait lui être accordé
car Dieul seul qui voit tout et sait tout peut juger... et autres salamalecs.
Cet internaute avait qualifié cette galéjade de brillante intervention et le lakou de Gran lakou.
Je m’en suis servie pour transformer ce qui au départ s’appelait le lakouzen en Granlakouzen
me basant sur l’appréciation d’un des zentellectuels de" la Crème de la Crème de l’intelligentsia haïtienne sur les podiums mondiaux et internationaux."
C’est donc ce Granlakouzen où les Barons ont leurs "salons" dans lesquels les "singes"
ne sont pas conviés,
présidé par la Madone des Zen qui est une métaphore
de la classe moyenne haïtienne réactionnaire,
formatée à l'idéologie duvaliériste = fort avec les faibles, faible avec les forts,
assez peu cultivée et généralement sens-dessus-dessous
ou pour mieux dire tête en bas
en correspondance avec l'état général des institutions du pays.
.
On retrouve dans la pièce souvent moquées,
les idées qui sont promues dans cette cour du " faire noir"
Florilèges : fonder une prison dans chacune des îles du pays,
la pauvreté un charma, Haïti une oasis du temps des Duvalier,
Trujillo responsable du massacre de milliers d'Haïtiens pris comme modèle de dirigeant,
à bas la démocratie ...etc, etc.
Pour faire court et imagé: un gros tas de fatras
et beaucoup de dénigrement des Haïtiens - du peuple-
perçus comme, disons, des presqu'animaux à dresser.
Ce personnage peut dire tout et son contraire dans une même phrase.
Ce personnage prétend énoncer "« ce que les autres ne veulent pas entendre »
mais aligne des lieux communs, parfait jaquotrépète et expert en copié/collé.
Ce personnage, La Madone des Zen, peu cultivé et par là même intolérant
dénué d'empathie et par là même bourré de préjugés,
agressive mais sachant se faire raccoleuse quand il y a le feu au lac,
représente l'image d'un un segment de la classe moyenne « arrivée »
grâce et par la papadocratie
et qui se la joue à la "Bourgeois gentilhomme" ou façon" "Précieuses ridicules ",
-c'est selon-
voulant amener à la civilisation le peuple barbare, indiscipliné, analphabète et tutti quanti.
Ce personnage mégalomaniaque et sa cour des 4 barons tout autant infatués d'eux-mêmes
- Baron de Bourdon de Grand Renard
- Baron des Bienfaits de l'Esclavage
- Baron de Ti-Malice de Time is money
- Baron de la Crême de la Crême
avec leurs tartufferies, `
leurs impostures,
leurs flagorneries
reflètent le noyau dur de la réaction
qui freine systématiquement l'intelligence et la créativité haïtiennes,
nourrit le système d'apartheid socio-économique
encourage peurs, délations et violences
tout en se positionnant comme éclaireurs de la nation
Pour résumer la pièce "La Madone des Zen" se veut une métaphore de
la classe moyenne réactionnaire d'Haïti, bête et méchante
et son irrésistible désir de transfert de classe.
Son moto : mépriser le peuple comme les bourgeois pour devenir bourgeois.
La pièce n'entend pas être un réquisitoire mais une sorte de bal des zombis.
Ouf.
Pas évident comme exercice.
Ca se comprendra mieux avec la présentation de la première scène
qui arrive sous peu.
Commenter cet article