Littérature, droit et morale en France (XIXe-XXe siècle). Paris : Le Seuil, 2011 (750 p.).
Ceci est une étude considérable d’une directrice de recherche au CNRS. À une époque où les intellectuels français, malgré les tensions que connaît le monde actuel, ont quasiment disparu de la scène (à l’exception de quelque chemise blanche sur le perron de l’Élysée et d’une épaisse tignasse à France Culture), il est bon qu’une universitaire nous rappelle le long cheminement, les égarements aussi, à l’époque moderne, des écrivains, des journalistes, des pamphlétaires vers la liberté, la responsabilité, ou l’irresponsabilité.
Sapiro a choisi d’ouvrir son avant-propos par cette forte phrase de Simone de Beauvoir, en 1963, justifiant son refus de demander la grâce de Brasillach : « Il y a des mots aussi meurtriers qu’une chambre à gaz. » De Flaubert obsédé par la forme aux écrivains de la Collaboration à outrance appelant au meurtre de tel ou tel juif, ou de tous les juifs, notre scène culturelle a connu une palette riche et variée en prises de positions, et surtout en positionnement des créateurs par rapport à leur œuvre.
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