| Haïti: « Un simple particulier, Marinio Jeune, a reçu de la présidence 3 500 000 gourdes pendant les fêtes patronales des Cayes. Il m'a personnellement déclaré qu'il ne sait pas ce qu'il fera d'une telle somme », a déclaré, le lundi 15 août, le maire des Cayes, Pierre Yvon Chéry, à l'hôtel La Cayenne où plusieurs officiels se réunissaient pour un petit déjeuner. « Quand Marinio m'a dit qu'il va mettre des bandes à pied dans les rues pour justifier un tel montant, je lui ai dit : négatif », a précisé l'édile. « Un certain Hervé Fourcantjoue dans l'ombre », a argué le maire, tout en soulignant que ce dernier se sert de Marinio Jeune, membre de l'Association des opérateurs culturels du Sud (ASSOCUS), comme paravent.
Comment la présidence peut-elle donner une telle somme à un particulier quand la mairie est une structure étatique chargée d'organiser les festivités dans la commune ? Le maire a déploré une telle dérive au plus haut sommet de l'État. Il s'est vu comme un figurant dans cette fête patronale à un certain moment. « Nous avons envoyé un projet aux compagnies de téléphonie Digicel et Voilà. Ces deux institutions ont tout à fait ignoré notre projet. Et, à notre grande surprise, Digicel et Voilà sont à Gelée pendant les festivités. Nous avons malheureusement appris que, au niveau des sponsors, la présidence nous a court-circuité. En tant que maire de la ville, j'aurais pu les bloquer, mais j'ai fait preuve de sagesse », a-t-il dit. Pour éviter toute dérive, il a noté que « si la présidence veut organiser le festival de Gelée, elle doit le faire de concert avec la mairie. » Voulant montrer combien le pouvoir central évite les structures établies, Pierre Yvon Chéry a indiqué que Gelée était contrôlé par d'autres groupes. La mairie s'y est intégrée pour ne pas perdre totalement le contrôle de l'événement culturel qui draine des milliers de gens cet endroit. « Le responsable culturel de la mairie des Cayes ne savait pas combien de groupes allaient jouer sur la plage. Quand on voulait savoir qui fait quoi, on nous répondait : voyez M. Hervé Fourcant. Ce Fourcant, c'est peut-être lui le magistrat ! », a-t-il déploré. | |
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