Nouvelliste | Publié le : 16 janvier 2014
3 ans après son retour en Haïti, Jean-Claude Duvalier, poursuivi par la justice, semble avoir, selon ses détracteurs, un brevet d’impunité rose bonbon. Pour ses victimes, ulcérées par le traitement du dossier par la justice haïtienne et le gouvernement, la réconciliation ne pourra pas supplanter la justice.
L'article est ici : link
A noter la phraséologie utilsée par Le Nouvelliste "selon ses détracteurs"
définition - détracteur
détracteur (n.m.)
1.personne qui dénigre les autres, la valeur de qqch.
2.personne qui déprécie.
il me semble que pour être non partisan et donc neutre, il aurait fallu écrire " selon certains analystes" la question n'étant pas de dénigrer ou de déprécier ou pas Duvalier J-Cl, mais tout simplement qu'il réponde aux plaintes déposées par ses victimes.
On peut constater ici, comment il suffit d'un mot - détracteurs- pour faire passer l'accusé en victime.
Par ailleurs, Mme A. Gilbert déclare qu'elle s'en fout de la réconciliation. C'est son droit le plus légitime en tant que victime. Le journaliste se permet d'avancer que celle-ci mériterait de "se faire laver la bouche avec du savon."
Comme si " je m'en fous " était une expression ordurière ou injurieuse.
Mme Giilbert a 68 ans. C'est une victime qui crie son ras-le-bol de cette mascarade de justice.
En colère ou pas, elle mérite le respect et non pas qu'on tente de l'infantiliser en lui faisant la leçon.
On aurait bien aimé que ce journaliste donneur de leçon eut fait preuve d'une pareille sensiblité quand, par exemple, M. Zenny avait déclaré à un juge : "je suis Blanc, tu es Noir tu me dois du respect."
Voilà ce qui se présentait comme une véritable injure raciste, dans un pays qui, il y a deux siècles, s'est libéré du système esclavagiste et dont la population est dans sa grande majorité Noire et/ ou descendants de Noirs.
On peut constater ici, comment il suffit d'un mensonge ( présenter l'expression je m'en fous comme un gros mot) pour tracer un portrait négatif de la victime en une femme grossière.
Et en utilisant le mot "détracteur" pour qualifier ceux qui réclament le procès de Duvalier, on arrive à faire passer le bourreau pour une victime de gens qui veulent le dénigrer (à tort bien entendu puisque tout le monde sait ue les Duvalier étaient 2 anges roses) et la victime réelle pour non crédible.
Ce petit exercice permet de comprendre l'importance du vocabulaire, le poids des mots et comment la presse en les utilisant à mauvais escient, peut prendre parti et manipuler, l'air de rien, l'opinion des lecteurs ou auditeurs. bien que semblant rapporter uniquement l'information.
D'ailleurs, il suffit de voir la teneur des commentaires à l'article pour constater le succès de cette stratégie.
Car, pour ce journaliste du Nouvelliste, il ne s'agit pas d'amener le lecteur à réfléchir mais à le conduire à prendre parti contre les victimes pour Duvalier J-Cl.
Commenter cet article