J'ai lu ça dans la presse :
"5 h 40. La fanfare du palais national entonne l'hymne présidentiel. Le président est bien là. En costume bleue marine, chemise rose pâle, Michel Martelly, le visage un peu fatigué, accompagné d'Odette Roy Fombrun, de Frankétienne, entre autres, arrive. Juste avant de se diriger dans la salle où les écrivains l'attendent, il est reçu par son épouse Sophia Martelly, élégante dans une robe rose raquette."
"Rose raquette" donc.
N'ayant pas vu la photo
impossible de situer cette nuance de rose
dans l'étendue de la palette rose arborée par
les femmes et hommes du pouvoir Tèt Kale.
De quel rose est la carte de "sécurité sociale"
offerte par le Président à ses 400 administrés?
Rose bonbon ? Rose raquette? Gros rose ?
On ne saura pas si les invités étaient également en rose
et de quel rose ils s' étaient vêtus
pour l'occasion
Le journaliste qui rend compte de ces moments où "l'émotion est à son comble"
semble très intéressé par le vestiaire des officiels:
"6 h 10. Le Premier ministre Laurent Lamothe en chemise bleue, accompagné de quelques membres de son gouvernement, marque sa présence. Que la cérémonie commence ! Les invités d'honneur prennent place, notamment Odette Roy Fombrun, Frankétienne, le poète Georges Castera."
Après ça vient encore un grand moment d'émotion rose
pour l'épouse rose du Président 2S+2E
(Son Excellence, Son Eminence).
"Une pause chanson. ... La chanson est très bien interprétée par Michael Benjamin. Le président fredonne. A quelques mètres de lui, son épouse est, pour sa part, très émue en écoutant cette chanson..."
Et puis, dans tout ce déluge de rose, voici que le défunt Georges Anglade
"Georges Anglade, enseveli avec sa femme sous les décombres de leur maison lors du tremblement de terre,et Paulette Poujol Oriol, décédée l'année dernière, ont été également distingués au cours de cette cérémonie d'hommage pour leur contribution littéraire et scientifique."
à titre posthume apparaît (paix à son âme) dans
la cérémonie du prèsident du pays Tèt Kale/Sak Pa Kontan Anbake
qui n'aime pas les livres -c'est lui qui le dit-
ne lit pas les journaux, ni n'écoute les radios - c'est encore lui qui le dit.
L'universitaire, le chercheur, l'individu progressiste
assoiffé de savoir qu'était Georges Anglade doit se retourner dans sa tombe.
Et en profiter pour écrire une nouvelle "audians"
qui ferait le récit de cette cérémonie
rose tendance gros bleu.
VOIR Londres, mars 2004. Document d'Amnesty International sur certains des acteurs du coup d'Etat de 2004
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