La première est une photo publée dans Haïti Liberté, journal haïtien édité à New York.link
Vous remarquerez les postures des uns et des autres.
Clinton sur le fauteuil. Président et Premier ministre d'Haïti sur le divan.
Martelly porte une chemise blanche, tandis que Lamothe est, de même que Clinton, en costume cravate.
Lamothe sait parfaitement qu'il ne faut pas "bétiser " avec Clinton. Sa carrière est en jeu.
Martelly, jambes largement écartées, bien que n'étant pas adossé au fauteui comme Clinton, tente d'adopter un maintien de "mèt dam", de chef.
Martelly, ne possèdant pas le b-a-ba d'un début de compréhension de l'histoire des relations internationales, ni de l'économie, semble suivre les avis de ses morts-vivants de conseillers duvaliéristes ancrés dans le temps paradisiaque "d'avant ces 25 derniéres années."
Il semble croire qu'il peut "bétiser" avec le tout puisssant Clinton, comme son gourou Duvalier François du temps de la guerre froide, avec les présidents des USA.
Lamothe, lui, s'assied sur le bord du divan pour pouvoir voir son interlocuteur, mais également pour lui montrer sa soumission. Il n'est pas fou. Il a vu comment Préval, après de grandes manifestations d'amitié a été éjecté comme un malpropre.
Est-ce que vous savez que les agencements, les tenues vestimentaires sont des codes à travers lesquels se manifestent les rapports de force ?
Bourdieu, le sociologue décédé, parle très bien de cela.
La deuxième photo montre Laurent Lamothe à la commémoration de la mort de Dessalines.
Ici, les rôles sont inversés.
Lamothe, contrairement à Martelly et à l'ensemble des participants, ne porte pas de costume cravate.
Mieux que ça, il a retroussé ses manches, adoptant à son tour l'attitude de "mèt dam" de Martelly dans la photo précédente.
Comme pour signifier que cette cérémonie de commémoration de l'histoire d'Haïti l'intéresse peu, lui, l'homme d'actions
aux manches retroussées, préoccupé par le business avant tout.
Il semble dire à tout ce monde : "Je vous laisse ces conneries, je veux bien perdre mon temps avec vous, mais en tant que chef du gouvernement, j'ai des choses plus importantes à régler, moi je retrousse mes manches"
D'ailleurs, on voit que c'est Martelly qui s'est déplacé pour venir le saluer.
Cependant, cette audace se trouve tempérée par le port ostensible d'un bracelet rose, témoignage de son allégeance au chef de l'Etat, Martelly.
On peut interpéter le port de cette chemise et de ces manches retroussées, lors d'une manifestation extrêmement symbolique pour les Haïtiens, à une volonté de banalisation de l'histoire d'Haïti, de sa guerre anti-esclavagiste et de celui qui l'a gagnée, Dessalines.
Une option chrère aux GNbistes et aux zentellectuels révisionnistes qui l'ont appliquée en 2004.
Rien à foutre de Dessalines, semble-t-il dire, mais, toi, Martelly, tu restes mon véritable et unique héros.
La preuve : mes manches retroussées dévoilent mon bracelets rose.
C'est une tartufferie.
Il semblerait que les Tèt Kale et, en premier, leur chef Martelly, soient particulièrement friands- de même que les Duvalier l'étaient- de ce genre de comédie à base de sousouisme.
Duvalier plus grand que Dessalines.
Martelly plus grand que Dessalines. Kif-kif bourricot. Même idéologie.
Tous deux , et Martelly et Duvalier François, n'en revenaient pas d'avoir été "nominés" pour se retrouver à la tête d'un pays dont ils n'avaient que mépris pour ses habitants et son histoire.
Tout en prétendant, pour les boukis et autres naïfs, être de fervents patriotes.
Duvalier, d'ailleurs, s'empressera de fouler aux pieds l'identité haïtienne en vendant aux Dominicains la population et en la macoutisant, au lieu de créer des écoles et dedévelopper l'agriculture.
Vous n'êtes plus des porteurs d'idées révoutionnaires, dit Duvalier François, sousou numéro 1 des USA et de la France.
Dorénavant, vous serez les esclaves des Dominicains, des délateurs et des oppresseurs. Sur l'ensemble du territoire national, je ne veux plus voir une tête noble, qu'on les coupe ou qu'elles s'en aillent.
De même, ses héritiers actuels, les Tèt Kale, ont pour projet de transformer les Haïtiens en une population "roz"- ce qui veut dire les infantiliser, remplacer la force et le courage par de la niaiserie; de l'exhibitionisme carnavalesque, des rodomontades.
Un truc sirupeux et laid, qui a quelque chose à voir avec les papiers collants que certaines personnes pendent dans leurs maisons, pour attraper les mouches.
"Martelly papa bon coeur", disent les pancartes, semblables à ces papiers collants attrape-mouches, de ses partisans
Et, on n'oubliera pas- question symbole- de noter sur cette photo, la poignée de mains entre deux Nègres à peau claire, entourés de Noirs/noirs habillés tout de blanc.
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