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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Lemonde. fr - Les nantis d'Haïti/Par Arnaud Robert / Photos Paolo Woods

Publié par siel sur 8 Janvier 2012, 11:00am

Catégories : #AYITI EXTREME DROITE


Parce qu'ils ont soutenu les dictateurs, parce qu'ils ont peu investi dans l'économie locale, parce que certains sont les rois de la sous-traitance à bas prix..., les riches Haïtiens ont mauvaise réputation. Mais le président Martelly compte bien s'appuyer sur leurs capitaux pour reconstruire le pays.


I l faut gravir une montagne qui surplombe Port-au-Prince, se présenter à la grille face à un gardien dont le canon scié tournoie dans l'air frais, puis garer sa voiture dans la mêlée de 4 × 4 rutilants. La porte est ouverte. Un intérieur à la californienne. D'énormes sofas. Des téléviseurs plasma. Quelques répliques maladroites de grands peintres haïtiens. Des domestiques en livrée servent de petits morceaux de banane plantain, du cochon grillé et surtout des litres de rhum Barbancourt. Il y a là les héritiers d'une dizaine de familles-clés de l'économie insulaire. Les aciéries d'Haïti, la brasserie nationale, le principal importateur de ciment, une collectionneuse d'orchidées. Un homme fume des cigarettes mentholées en racontant comment il pallie l'absence de production alimentaire locale en important massivement du surgelé des Etats-Unis. On discute de tout, avec de grands rires. Des marées de tentes qui abritent sur chaque place publique les victimes du séisme du 12 janvier 2010. Du nouveau président Michel Martelly, qui a promis de mettre de l'ordre. Et puis, on ne parle plus. Une jeune femme branche son iPod. Rihanna est de la fête. Alors on danse.


Ce sont les invisibles, les silencieux. Ceux dont les médias internationaux, trop occupés à écumer les centres de traitement du choléra et les bidonvilles sédimentés d'Haïti, ne parlent presque jamais. Les 3 % de possédants qui gèrent 80 % de l'économie du pays. Ici, on les appelle les bourgeois. Ailleurs, on dirait le secteur privé.

 

Il y a quelques semaines, à l'hôtel Karibe de Pétion-Ville, la communauté internationale a réuni des investisseurs étrangers, des Américains pour la plupart, avec l'idée de ne pas réduire la reconstruction à des flux de capitaux provenant de la charité mondiale. Bill Clinton, très impliqué dans le dossier depuis la catastrophe, a oublié les entrepreneurs haïtiens. Selon Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste, " cette omission est très mal passée ". Un acte manqué ? " Les grands patrons haïtiens sont immunisés contre les promesses de l'international. Depuis des décennies, ils se sont rendu compte que les étrangers n'étaient présents que deux ou trois printemps et qu'ils s'en allaient. Eux se sentent toujours mis à l'écart des tentatives de réhabilitation du tissu économique haïtien. " C'est qu'ils ont mauvaise réputation.


Dans le désordre des griefs qui leur sont adressés : un soutien sans faille aux dictatures duvaliéristes ou aux forces paramilitaires après l'élection de Jean-Bertrand Aristide en 1991 ; un retrait presque total des secteurs de production nationale au profit d'importations plus rentables et moins risquées ; parfois même une implication dans le trafic de cocaïne sud-américaine, qui transite largement par cette île...

 

La suite de l'article :link

Pour voir les portraits des mesdames et messieurs les "nantis" :link

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S
<br /> Encore une fois la presse dite internationale incrimine la partie haitïenne. Nous sommes habitués, si les ONG n'arrivent pas à développer le pays c,'est bien entendu les Haïtiens qui sont rebels<br /> ou qui n'ont pas compris, leur mentalité, leurs traditions etc...Quant à la bourgeoisie je la connait très bien et je ne vais certainement pas la défendre. Cependant, les politiques des grands<br /> bailleurs internationaux, les institutions financières, les pays "amis" d'Haïti ont très largement contribué à la désertification industrielle et agricole du pays. L'abaissement des barrières<br /> douanières afin de favoriser les importations n'a pas été institué par la bourgeoisie locale mais bien par les agences représentant les intérêts de l'Occident. D'ou la disparation de la<br /> production agricole et la paupérisation de la paysannerie suivie de l'exode vers Port-au-Prince grossissant les bidonvilles de la capitale, Cité-Soleil s'est peuplée ces dernières années des<br /> planteurs de riz de l'Artibonite, riz remplacé par les importations US par un savant coup d'état international particulièrement bien orchestré : embargo sur Haïti, sauf sur les produits<br /> alimentaires, inflation des prix des produits agricoles en conséquence, intervention des organismes d'aide au développement (pour aider la pauvre peuple haïtien qui souffre...), en l'occurence l<br /> USAID : achat massif  par le gouvernement US de riz américain revendu (!) 2 dollars de moins le sac que le rix national, (alors que c'est sensé ètre de l'aide alimentaire),<br /> démantellement de l'ODVA donc plus de structures locales pour la production de riz, abandon de la maintenance des canaux d'irrigation provoquant des milliers de morts en 2004 aux Gonaïves,<br /> monople de fait en conséquence des producteurs américains après quelques moi et ceci, de façon irréversaible. Dans ce cas que pourrait faire mème une bourgeoisie nationale conséquente<br /> dans le domaine de la production nationale ? Application de Plan Collier en matière de production nationale agricole. Celui-ci prone l'extension de la production de mangues pour l'exportation<br /> mais pratiquement que ce fruit et rien d'autre, donc nos sept millions de paysans vont se mettre à produire de la mangue. N'importe quel étudiant en agronomie vous rierait au nez et aurait bien<br /> raison, Monsieur Collier.<br /> <br /> <br /> J'ai voulu relevé le défi moi naïf...Je me suis intéressé à la relance du produit de base en Haïti notamment pour l'exportation et j'avais même des investisseurs étrangers et pas n'importe<br /> lesquels : les producteurs de bananes des Antilles Françaises. Grande colère de la représentation de la Communauté Européenne à Port-au-prince : "Ah..." me dit le monsieur " ils empochent des<br /> subventions pour produire et écouler leurs bananes en Europe et ils essaient d'investir dans des pays tiers...!". L'Agence Française de Développement m'explique : la communauté internationale<br /> décourage la production de café, de cacao, de bananes, de sucre, de coton et de bien d'autres produits... en Haïti et dans certains pays "pauvres" n'offrant un intérêt qu'au plan de leurs<br /> exportations, pas dans d'autres pays bien entendu, surtout pas là ou les grandes compagnies US ou françaises ont leurs intérêts (Amérique Centrale, Afrique de l'Ouest, DOM-TOM...). D'ou le<br /> foutage de gueule de M. Paul Collier. Une hypothétique production industrielle ferait face au même problême sauf, comme chacun sait l'artisanat et la sous-traitance mais au gré des<br /> Etats-Unis la sous traitance, et conditionalisé, si M Martelly (ou Aristide ou Préval...) ne marche pas droit, les accords peuvent être suspendus sans appel à leur bon gré...Maintenant, quel est<br /> l'espace imparti à des investisseurs éventuels ? Ce qui reste... soit les importations, notamment de produits alimentaires largement subventionnés par les pays riches avec la complicité du<br /> système fiscal local, lui mème sous surveillance des agences internationales, des fois qu'un gouvernement cible se mettrait en tête de faire du protectionnisme !<br />
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S
<br /> <br /> Je suis totalement d'accord avec vos propos.<br /> <br /> <br /> Je suis comme vous consciente que d'une certaine manière, cet article sert à l'internationale à se dédouaner en pointant les "nantis" comme bouc émissaires.<br /> <br /> <br /> Des riches, il y en a partout dans le monde et comme en Haïti, ce n'est pas toujours grâce à leur travail qu'ils se sont enrichis, mais en profitant de leurs réseaux.<br /> <br /> <br /> Je suis aussi d'accord, que la politique imposée par les bailleurs de fonds entretient ce type d'enrichissement, qui se fait fort souvent au dépens du pays et de sa population.<br /> <br /> <br /> Il n'y a qu'à voir le fonctionnement des ONG internationales, surtout à la suite du séisme pour saisir leur repsonsabilité dans la fabrication de cette classe de riches à laquelle, elle loue des<br /> maisons parfois à 10 000 euros par mois -véridique- les voitures et autres services , fréquentent leurs restaurants en dépensant en une nuit le salaire d'une année d'un travailleur haïtien, leurs<br /> hôtels, leurs supermarchés, engraissant ce secteur, polluant encore plus la ville avec leur défilé  incessant de 4X4.<br /> <br /> <br /> Je sais ,tout comme vous le dites, qu'à la moindre tentative de protectionisme du gouvernement haïtien, il se retrouve ave une épée de Damoclès sur la tête,le livre de Perkins, l'assassin<br /> financier, nous éclaire sur ces pratiques de chantage, parfois musclés.<br /> <br /> <br /> Je sais tout comme vous que le Plan Collier n'est rien d'autre qu'un projet d'encadrement et d'orientation de l'économie haïtienne en fonction des intérêts des multinationales.<br /> <br /> <br /> Cependant, le fait que Duvalier François ait crû bon d'isoler le pays, de chasser les entrepreneurs nationaux, comme Déjoie par exemple et de remettre les clefs du business aux mains de ses amis<br /> haïtiens d'origine syro-libanaise et aux étrangers, a créé un monopole qui tue toute concurrence qui n'appartient pas à ces réseaux qui fonctionnent comme une mafia, ni plus ni moins.<br /> <br /> <br /> Doù la stagnation du développement du pays, puisque cette bourgeoisie se contente de faire fonctionner une rente, c'est-à-dire de s'enrichir sans la moindre toute petite, minuscule pensée de<br /> travailler à un plan qui profiterait à la population et au développement réel du pays.<br /> <br /> <br /> Ces "nantis" n'investissent pas dans le social, dans l'éducation, dans l'art, dans le sport,  dans aucun des domaines qui pourraient contribuer à susciter dans la jeunesse un nouvel élan.<br /> Pourtant ça ne leur couterait pas très cher, si on compare le fric qu'ils dépensent dans leurs aller et retour en Europe, aux USA et ailleurs.<br /> <br /> <br /> Ce qui apparaît sandaleux dans les pratiques de cette bourgeoisie, ce n'est pas son enrichissement, c'est la posture d''indifférence totale, voire de mépris, pour la majorité de la population et<br /> son absence totale de considération pour le bien  commun, c'est-à-dire pour le pays qui fait leur fortune.<br /> <br /> <br /> C'est en ce sens qu'elle peut être qualifiée de "most repugnant". Pas parce qu'elle est riche .<br /> <br /> <br /> Merci pour votre contribution au débat.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />

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