Le Monde.fr | 17.12.2013 à 20h39 • Mis à jour le 17.12.2013 à 21h21 |Par Guillaume Perrier (Istanbul, correspondance)
« Nous ne plierons pas », a martelé le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, depuis la ville de Konya, où il tenait un meeting, mardi. « Aucune force de l'ombre, qu'elle agisse de l'intérieur ou de l'extérieur, ne nous indiquera la ligne à suivre », a-t-il lancé.
Le « système AKP », bâti par le leader turc autour du parti islamo-conservateur qu'il dirige sans partage depuis douze ans, est pourtant en train de vaciller. Un vaste coup de filet anticorruption mené mardi matin à Istanbul et Ankara provoque un séisme sans précédent au sein du pouvoir turc. La justice enquête sur une vaste affaire de malversations, de corruption et de blanchiment d'argent, aux ramifications très politiques.
Parmi les 56 personnes placées en garde à vue figurent le maire (AKP) du quartier central de Fatih à Istanbul, Mustafa Demir, les fils de trois ministres parmi les plus proches du chef du gouvernement, le cousin d'un responsable du bureau national de l'AKP, des bureaucrates de premier plan mais aussi des hommes d'affaires liés au juteux secteur de la construction et de la promotion immobilière...
« PLUS GROS SCANDALE DE L'HISTOIRE TURQUE »
La garde rapprochée de M. Erdogan est sérieusement éclaboussée. « C'est le plus gros scandale de l'histoire de la Turquie. Le premier ministre doit démissionner », a déclaré le député Engin Altay, membre du CHP (Parti républicain du peuple). L'opposition exige par ailleurs la création par l'Assemblée nationale d'une commission d'enquête.
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