EXTRAITS :
Quelle est l'originalité de l’ALBA ?
Ce n'est pas une zone de libre-échange, mais un espace politique et économique organisé, fondé sur la solidarité, la complémentarité et la prise en compte des asymétries.
Sa finalité est avant tout sociale : la lutte contre la pauvreté, le chômage, l’exclusion, pour l'accès gratuit et universel à l’éducation et la santé, pour la préservation de l’environnement. En favorisant le commerce intra-zone, parfois sous forme de troc, et en réduisant au maximum l'utilisation du dollar comme monnaie d’échange. D'où la création d'une monnaie commune virtuelle des pays de l'ALBA (comme l'était, en Europe, l'ECU avant l'euro) : le SUCRE.
L’Amérique latine est-elle unie idéologiquement ? N’y a-t-il pas deux pôles : d’un côté les pays de l’ALBA, justement, et, de l’autre, le Brésil ?
Par ignorance ou pour tenter d'isoler les gouvernements les plus engagés dans la transformation sociale et le refus de l'ingérence de Washington (en premier lieu le Venezuela), les grands médias prétendent qu’il y aurait « deux gauches » qui s'opposent en Amérique latine : d’un côté une gauche radicale, celle de Chavez, Correa et Morales, et, de l’autre, une gauche « raisonnable », représentée par le Brésil de Lula puis de Dilma Roussef, l'Uruguay, le Pérou d'Ollanta Humala et l'Argentine de Cristina Fernandez, veuve de Nestor Kirchner, triomphalement réélue à la présidence le 23 octobre (si tant est que l'on puisse ainsi classer le péronisme).
En fait, on constate un continuum entre les gauches de ces pays, chacune ayant sa spécificité. Elles s’emboîtent les unes dans les autres. Leurs dirigeants se rencontrent ou se parlent en permanence et sont animés d'une volonté commune : celle de construire la Grande patrie latino-américaine pensée par Simon Bolivar, d'oeuvrer à la justice sociale et de se débarrasser de la tutelle du grand voisin du Nord.
Bien sûr il existe des conflits historiques, comme entre la Bolivie et le Chili, mais que nul ne songe plus à trancher par les armes. Plus prosaïquement, se présentent des contentieux économiques qui se règlent au fur et à mesure : entre le Brésil et l’Argentine sur les importations ; entre l’Argentine et l’Uruguay sur la construction d’une usine de pâte à papier qui présentait des risques de pollution du fleuve Uruguay, etc.
Au plan politique, on peut parler d’une véritable convergence. En Colombie, le nouveau président, Juan Manuel Santos, a pris le contrepied de son prédécesseur Alvaro Uribe en se réconciliant avec le Venezuela. Il se comporte comme un membre de la grande famille latino-américaine et non plus comme un relais régional des Etats-Unis. L’autre Etat pro-américain, le Pérou, est également passé au centre-gauche avec l’élection de Ollanta Humala. Il y a un seul gouvernement ouvertement de droite, celui du Chili, dirigé par l’homme d’affaires Sebastian Pinera, qui a annoncé qu’il voulait gérer le pays comme une entreprise : c’est un échec lamentable !
L'articlelink
Commenter cet article