C'est Martelly qui écrit l'équivalent de ceci dans une lettre adressée aux conseillers de la Cour des Comptes auxquels il conseille de ne pas s'occuper du Sénat, ni de la Constitution, parce que lui seul commande.
Bon Haïti a un très sérieux problème de crédibilité.
Si "nul n'est censé ignorer la loi", comme dit et redit, "nul n'est censé élire un quidam sans connaître son passé".
Après, on peut se tromper de bonne foi ou être trompé parce que le pouvoir change les gens.
Mais au moins, on aura pris toutes les précautions et on ne sera pas tenu responsable par la nation de ce choix.
D'où en 2010, s'il y avait eu un vetting des candidats à la présidence, une enquête sur l'itinéraire de vie de Martelly, ses amis, son idéologie, ses actions, le financement de sa campagne, son identité réelle ou factice aurait abouti à ce qu'il soit recalé. Il ne manquait pas de vidéos, de témoignages, d'entretiens acces sibles à tout un chacun pour mener ce genre de vetting auquel, suprême ironie, le président veut soumettre , selon ses manières arbitraires et fantaisistes, les conseillers de la Cour des Comptes nommés par le Sénat.
Dès l'arrivée de Martelly avec le prélèvement sur les transferts et apples téléphoniques, le Parlement aurait dû stopper l'affaire. Il ne faut pas oublier que c'est Martelly en personne qui annonçait la couleur en déclarant " il suffit de laisser un petit coin au bandit pour qu'il s'empare de tout l'espace". Il savait de quoi il parlait.
Le Parlement ayant laissé la première dérive constitutionnelle se mettre en place, les autres entorses à la constitution ont suivi : révocation des maires remplacés par des agents intérimaires, nommés par le président himself s'il vous plaît. Le choix d'un patron du CSPJ trop âgé pour occuper ce poste selon la Constitution, toléré par les Parlementaires. La propagande à outrance avec des portraits de Martelly et de Lamothe envahissant tout l'espace public, autre manquement à la Constitution qui interdit formellement le culte de la personnalité. Les 2 têtes de l'Exécutif n'en ont eu cure.
Même cette histoire ubuesque d'envahissement du rose, couleur fétiche de Martelly arborée même par des gens que, jusqu'alors, on aurait crû sains d'esprit et dont même les batiments publics ont été badigeonnés( le ministère de la Justice) non seulement est ridicule mais montre dans quel délire obsessionnel le chef de l'Etat a entrainé le pays.
Et ainsi de suite, d'infractions en infractions. AYITI ROSE RAKET Le ver une fois dans le fruit, le processus de putréfaction est inexorable. C'est chimique. C'est rationnel. Pa gen zen, pa gen maji, pa gen mirak ladanl.
Cependant, comme d'hab, ceux chargés de faire respecter la Constitution et de garantir aux citoyens le respect de leurs droits, ont préféré jouer aux trois singes. D'après ce qui est répété, ils auraient tous été "achetés '. "yo tout jwenn", soit des enveloppes d'argent, soit des emplois, bourses pour leurs enfants et autres services monnayés en échange de leur silence. D'autres auraient, paraît-il, des dossiers pour le moins fâcheux qui pourraient prendre le chemin des média au cas de désobéissance.
Personnellement, on m'aurait dit que l'ensemble des 2 chambres du parlement haïtien est achetable, toutes tendances politiques confondues, que j'aurais crié à la médisance.
En tous les cas, les faits sont là. Pendant 2 années l'Exécutif n'a subi aucun contrôle. Il est allé, venu, monté, descendu selon ses bons caprices. Et les protestations pour la forme à chacun des scandales qui se sont succédé ne semblent l'avoir été que pour se donner un semblant de crédibilité.
Pour terminer, mes excuses aux lecteurs et au Parlementaires pour avoir dit ici : Imbroglio Negro qu'ils avaient sorti l'avocat Michel du palais de Justice. D'après ce qui est dit ici :link , ce n'était point le cas.
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