En lisant cet article, j'ai repensé à la remarque de M. Nau, le directeur de Cabinet de Lamothe, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. AP. La promesse des USA de reconstruire Haïti ne s'est pas concrétisée. US pledge to rebuild Haiti not being met
Nau, quand on lui a mentionné l'endettement énorme d'Haïti, réalisé en à peine un an, a répondu " Tous les pays ont des dettes; Haïti n'est pas différent."
Certes.
M. Nau, est-il économiste ?
Nous n'en savons rien.
Car, en Haïti, les individus sont nommés à des postes importants, sans
aucune information au public sur leur CV dans la presse.
Pour le peu que l'on en sache ils pourraient être les pires bandits.
Au cas où M. Nau aurait une quelconque compétence sur le sujet, il devrait savoir que
les emprunts sont accompagnés d'un calendrier de remboursement échelonné sur des mois et des années.
M. Nau devraitt être en mesure de savoir, d'après ses calculs, où il va trouver l'argent pour rembourser.
Mais ça, il ne le dit pas.
Quel serait le plan de M. Nau ?
Recettes fiscales, nouveaux emprunts, nouvelles taxes, recettes du carnaval des fleurs et de la mer, recettes du tourisme, les sweatshops, Caracol, Oasis, taxes sur les appels et les transferts ?
On reste dubitatif, Haïti ne produisant pratiquement rien.
Attention, je ne dis pas que l'Etat ne doit pas emprunter. Mais il s'agirait de le faire de manière équilibrée pour s'assurer, d'une part que l'on est à même de répondre réellement aux
obligations de remboursement - et ne pas faire un montage fictif avec des estimations de rentrées d'argent fantaisistes -
et d'autre part être sûr que cet argent emrunté sera investi dans des secteurs qui vont relancer l'économie.
On parle ici d'un plan de politique générale.
Pour ce que l'on en sait, à partir de ce qu'on lit dans les média, on n'en voit aucun.
Enfin si M. Nau n'a pas toutes les clefs en main, il devrait y réfléchir à 2 fois pour éviter de basculer dans le schéma grec ou espagnol ou islandais.
Parce que, à la différence de ces pays, la majorité de la population haïtienne vit déjà en dessous du seuil de pauvreté. Des mesures d'austérité -que ne manqueraient pas d'imposer le FMI pour rentrer dans son argent - qui viendraient s'ajouter à la situation de paupérisation actuelle du peuple, plongeraient le pays dans une catastrophe sans précédent.
Est-ce cela, que M. Nau et ceux qui lui facilitent l'accès aux prêts veulent ?
Le choc terminal ?

Ce magnifique pays d'Haïti tout entier vendu aux financiers internationaux:
ses îles, son eau, ses terres, ses ressources minières et bien entendu sa population taillable et corvéable à merci ?
Il serait du devoir des parlementaires - hélas, hélas, kote moun yo ? - d'interroger le gouvernement sur cette question fondamentale de l'endettement. Car, comme l'a rappelé le cadre de l'USAID "facilitateur" des emprunts :" Ce n'est pas à nous de dire à l'Etat haïtien comment il doit s'occuper de ses finances."
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