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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Michel Martelly : entre le fiasco de sa mission diplomatique et la démagogie de son ego. Par Frantz Marcelus.

Publié par siel sur 22 Février 2014, 10:49am

Catégories : #AYITI ACTUALITES



M. Martelly tenait à rencontrer la communauté haïtienne de Paris pendant sa visite officielle en France. Et selon les dires du consul haïtien, il voulait un bain de foule. Mais ce qui s’est passé à la maison de l’Amérique latine ressemblait plutôt à un fiasco au niveau organisationnel à la limite de la médiocrité. Et pour certaines personnes présentes, c’est tout simplement une insulte faite à la communauté haïtienne de France. Et quant aux messages que M. Martelly a voulu faire passer, c’est tout simplement de la démagogie égocentrique voire même du populisme du plus bas niveau.


  Fiasco, insulte ou médiocrité ?


La rencontre à la Maison d’Amérique Latine était prévue pour 17h30. Il est arrivé vers 19 heures moins le quart.  Le retard en lui-même peut se comprendre, c’est  l’organisation de la rencontre qui représente un fiasco.


Je suis arrivé à la Maison de l’Amérique à 17 heures. La barrière de l’institution était fermée ;  environ deux cents personnes attendaient l’ouverture pour qu’elles puissent regagner la salle. Mais pendant ce temps une cinquantaine d’Haïtiens se trouvaient  déjà à l’intérieur. Durant deux bonnes heures, le boulevard Saint-Germain du quartier latin où se situe la Maison de l’Amérique latine devenait un lieu de rencontre et de dialogue pour les Haïtiens.


La barrière a été enfin ouverte à 18 heures. Et c’est là que l’on va se rendre compte que l’on assiste à un fiasco. Les environ  deux cents personnes, haïtiennes et françaises venues venaient assister au discours de Michel Martelly cherchaient la salle où la rencontre devait avoir lieu. On se renseigne un peu partout. Finalement,  les employés de la mission diplomatique finissent par annoncer qu’il n’y avait pas qu’une salle mais plusieurs. Personne ne comprenant comment pouvait-on organiser une réunion entre une communauté et un président simultanément dans plusieurs salles. Enfin le Consul général a fini par admettre que ceux qui voulaient voir et entendre Michel Martelly devaient le faire sur des écrans disposés un peu partout dans l’allée du rez-de-chaussée et dans les deux autres salles. A la fin des fins, on  finit par se rendre compte qu’il n’y avait pas de salle du tout,  en tous les cas  pas adaptée à ces genres de rencontre. Il y avait trois bureaux côte à côte  d’une trentaine de mètres carrés chacun et c’est dans l’un d’eux que Michel Martelly allait prendre la parole. Chacun voulait y pénétrer, d’où  bousculades et brouhaha indescriptible Les quelques agents de sécurités sont débordés par les événements. , le personnel de la mission diplomatique vient  en renfort sans plus de résultat.. Une cinquantaine de personnes finissent par pénétrer  dans la petite salle,  entassés et serrés comme dans une boite à sardines , pour voir et écouter Martelly.

                                                                                                                                                                        

Jamais dans l’histoire des rencontres entre un président haïtien et la communauté haïtienne de France  on a connu une telle désorganisation.   

                       

Michel Martelly arrive un peu avant 19 heures. Inutile de dire qu’il a pu entrer sans grande difficulté dans la pièce. Et cela n’a rien à voir avec un bain de foule. Il faisait tout simplement partie des sardines de la boite. Dès son arrivée, Sargine Beauséjour, retenue pour la circonstance, a interprété deux couplets de l’hymne national, passés presque inaperçus tellement la pièce était bruyante. Puis intervient le discours du pasteur Emmanuel Toussaint présentant certaines revendications de la communauté dont un ministère des Haïtiens vivant à l’étranger dynamique capable de répondre aux aspirations des Haïtiens à l’extérieur. Idem le brouhaha !


Michel Martelly entre le « moi et le je »


Toute l’intervention de M. Martelly se fait uniquement en créole et se base sur la propagande. Et quand on dit propagande, on pense à la démagogie et au mensonge que des hommes politiques de tous bords peuvent tenir. Pour lui, aucun président d’Haïti - pas seulement Aristide et Préval y compris ses maîtres à penser les Duvalier – depuis toujours n’a été plus efficace que lui. Si tout avait été fait, dit-il, il n’aurait pas été là pour le  faire. Il est celui qui a créé 700 km de route depuis qu’il est arrivé. Or, on sait que presque toute la politique du président René Préval était basée sur la construction des routes. C’est pratiquement cette aide qu’il avait demandée à tous les chefs d’Etats qu’il avait rencontrés. M. Martelly a créé 26 km de plage qui vont être exploités. Sous sa présidence, quatre chaines hôtelières internationales sont créées. Mais jamais un mot sur le mécontentement des paysans qui sont dépossédés de leurs terres cultivables. Il se félicite de donner 2000 gourdes à 25000 étudiants tous les mois.


 Pour lui, il y avait 1.500 million habitants sous les tentes, il en a hébergé 90%. Il ne reste plus que 150 mille à mettre dans une maison. A l’en croire, René Préval n’avait rien fait à ce niveau avant lui. Il envoie 150 mille enfants à l’école chaque année grâce aux taxes perçues illégalement sans accord du Parlement sur les transferts et les appels des Haïtiens de l’extérieur. Jamais un mot sur l’inexistence des maitres et l’absence des salles de cours. Beaucoup reconnaissent que la gratuité de l’école pour tous est un échec sanglant pour le gouvernement de Martelly car s’il y a une certaine volonté mais aucune préparation n’a été faite à la base. Et des bus sont à la disposition de ses enfants. Personne avant lui n’en a fait autant. Alors que l’on sait que sous les gouvernements d’Aristide et Préval on n’avait jamais créé autant de lycées dans tout le pays depuis l’indépendance. Et que c’est le gouvernement d’Aristide lui-même qui avait instauré en premier la gratuité des bus pour des élèves.


Il a reconstruit un aéroport de grande envergure, qui était détruit pendant le tremblement de terre. Or on sait que son gouvernement a seulement terminé un travail qui avait été commencé par le gouvernement de Préval bien avant le tremblement de terre. D’ailleurs, l’aéroport de Port-au-Prince n’avait pratiquement pas été touché par les secousses du séisme.


Il est fier d’être le seul président d’avoir été pendant 6 six mois à la tête de CARICOM et fier aussi d’être de recevoir beaucoup de chef d’Etats en Haïti. Ce que personne avant lui n’a fait. Propos qu’il n’avait pas tenus avant d’être reçu par Obama et Hollande. Ce faisant, il pense enfin être reconnu sur la scène internationale en dépit de son passé obscène. Mais il n’ose pas dire avant lui que Préval avait déjà reçu Nicolas Sarkozy, Hugo Chavez, Luis Ignacio Lula , Cristina  Fernandez de Kirchner.

   

 

On dit que sous sa présidence qu’il n’y a pas de liberté d’expression. Il se félicite qu’Haïti se situe au 47e rang en matière de liberté d’expression juste après les Américains 46.e  Comme quoi être placé 46e était bonne pour l’image du pays et de son gouvernement. Pas un mot sur toutes les arrestations arbitraires ou les assassinats douteux des dirigeants de droits humains comme Monsieur et Madame Dorsinvil.


Tous les gens qui l'entourent y compris ses ministres, d'après ses dire, ce sont ses amis qui ont un travail et qui veulent lui apporter leur soutien parfois bénévolement. Ce qui fait que dans son gouvernement il n’y a pas un seul corrompu venu   pour voler l’argent de l’Etat. Tous ses ministres marchent sous ses ordres, ils exécutent ce que lui -même  exige ; et s’ils ne sont pas d’accord avec lui, il n’y a pas d’alternative :  il les révoque. Il envoie un gros coup de chapeau pour son Premier ministre qui lui non plus n’est pas corrompu, sinon il l’aurait déjà révoqué. (Pourtant on rapporte que ce monsieur ne peut pas se rendre dans certains pays d’Afrique pour cause de corruption.) Si rien ne prouve en Haïti, qu’il soit un corrompu mais il a déjà fait preuve de corrupteur en achetant des voix des parlementaires pour être Premier ministre. Tout moun te jwenn !

 

Il dit que nombreux sont ceux à avoir pensé qu’il n’avait pas la capacité pour diriger un pays. C’est parce que ceux-ci ne pouvaient pas lire entre les lignes. En étant musicien, il arrivait toujours à l’heure au rendez-vous. Est-ce que cela suffit  pour avoir les compétences pour diriger un pays ? En tous les cas c’est l’exemple qu’il a chosi de donner.


Enfin, M. Martelly dit qu’il dirige toujours un groupe en en prenant le pays comme exemple : il est le maestro, ses ministres sont ses musiciens, les Haïtiens dans la pièce sont ses fans. Des fans qui paient quand même de l’argent pour venir au bal par l’intermédiaire des taxes sur les transferts. Il promet de revenir à l’étranger avec son groupe car il est un artiste dans l’âme qui a la musique dans le sang, dit-il.


Pour terminer en écoutant M. Martelly on peut reconnaître qu’il sait quoi dire à un auditoire haïtien pour le faire rêver.


Chapeau l’artiste !

Frantz Marcelus

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