"Je suis bien decue de ne pas te revoir avant ton depart, car je ne pourrai vous rejoindre a Chato
Oui biensur on maintien le contact - j te lache pas, sista !
Love
Jesi
Non. Non. Non.
Pourquoi ?
Chagrin et colère.
Un trou dans le coeur, dans la tête.
Une plongée dans un gouffre.
Jesi avec laquelle j'ai passé des moments merveilleux en Haïti dernièrement.
Mon amie, si belle, si courageuse
Mon amie si fière d'être grand-mère
Mon amie de laquelle je parlais, hier encore,
pour dire comment elle faisait face avec dignité et humour à sa maladie.
Ne se plaignant jamais.
"Je suis un peu fatiguée",disait-elle
Ou bien "la marche me fait du bien".
Elle souriait. à la vie.
Parfois même, elle s'énervait carrément quand les choses n'allaient pas comme il se devrait.
Et, on se disait, "ca va, elle se met dans tous ses états, c'est qu'elle est en forme."
Et je priais pour qu'elle continue à s'indigner.
Jesi l'économiste pointue qui a mis son savoir au service des femmes paysannes.
Une militante qui n'a jamais cessé de se battre avec ces femmes sur le terrain.
Nous avions fait du compost avec les enfants, ceux-là même qui sont sur la photo.
Et un tas de petites choses ordinaires qui, avec elle, s'enrichissaient de toute la densité de son regard, de sa réflexion.
Jesi était une sage qui ne s'en laissait pas compter.
J'aurais tant volu qu'elle vienne en France, pour se reposer du capharnaum portoprincien.
Elle me disait " c'est impossible d'obtenir un visa".
Jesi est partie.
Une perle s'en est allée.
A sa maman, à sa fille, son petit-fils, ses soeurs, ses parents, amis et collègues.
j'aurais aimé être à vos côtés, mes pensées vous accompagnent.
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