Tout d'abord, une première question, à vous lectrices et lecteurs, : "Comment peut-on parler de "diplomatie des affaires" -slogan du Premier ministre et dans le même temps de "désengagement de l'Etat dans l'économie "?
Vous en pensez quoi ?
M. Racine est l'un des patrons d'un nouveau parti politique qui s'appelle Tèt Kale (crânes rasés en français)
La chef du parti est Mme Milfort, chef de Cabinet de Martelly.
M. Racine a déclaré que son parti prône le désengagement de l'Etat dans l'économie.
Je ne sais pas si M. Racine est économiste, mais ne serait-ce qu'en tant que simple citoyen qui s'informe sur la situation économique mondiale, il devrait savoir que Tous les Etats du monde, y compris les plus capiitalistes des capitalistes comme les USA, interviennent aujourd'hui plus que jamais pour soutenir l'économie de leur pays.
M. Racine devrait savoir que ces Etats interviennent dans l'économie de leur pays :
-soit de manière directe à partir de subventions- les agriculteurs aux USA, par exemple, ce qui a eu pour conséquence la ruine de la production du riz haïtien;. Imaginez vous subventionnez vos producteurs de riz et voous lâchez leur production sur Haïti, où de petits producteurs sans aucune aide de l'Etat, sans outillage technique moderne, sans systême de distribution se battent pour survivre. Le résultat est logique et immédiat : ils meurent.
- soit indirectement en imposant que soient levées les barrières douanières et l'abaissement des taxes à l'importation qui leur permettent de noyer le pays avec leurs produits-comme le fait la RD-
A moins que M. Racine, dont je ne sais pas quelle est la profession, n'intègre pas l'agriculture dans l'économie, son programme s'oriente vers la disparition du petit paysannat haïtien au profit de grand groupes privés internationaux qui, eux, bénéficient largement du soutien de leurs Etats respectifs, notamment grâce à des exemptions d'impôt.
M. Racine- je le cite lui mais il n'est que la partie immergée d'un groupe- s'accroche en dépit des réalités économiques mondiales et des virages à 180 degrés opérés par les nations chantres du néolibéralisme, à une doctrine cbsolète, parachutée par le FMI et décriée partout : le tout privé.
Comme si le privé montrait plus de compétences et de rigueur dans la gestion des affaires...L'état du systême financier mondial, la faillite de pays comme l'Islande qui ont appliqué à la lettre cette politique, montrent les limites de cette doctrine qui tient plus de l'idéologie que de l'économie.
Alors même qu'Haïti devrait, au contraire, prendre des mesures étatiques pour protéger le pays du systême du libre échange qui lui a été imposé danss les années 1980, M. Racine préconise, lui, le "tout voum se do, sak pa kontan anbake".
M. Racine, pourtant, appartient à un courant idéologique, le duvaliérisme, composé d'individus qui ont utilisé les finances de l'Etat pour leur businnes personnel et non pas comme il se devait pour équiper le pays d'infrastructures, aider les petites et moyennes entreprises, développer, subventionner et moderniser le secteur agricole. VOIR DUVALIER
Maintenant les voici, toujours en retard d'une, 2 ou 3 décennies, qui veulent réinventer la roue, en proposant des recettes qui se sont avérées des échecs partout dans le monde.
Echecs pour les populations concernées- et non pas bien sûr pour la minorité, les fameux 1% qui se gavent en profitant de l'argent de l'Etat pour leurs entreprises privées - genre Caracol ou E Power- des emprunts faits par l'Etat et que l'ensemble de la population devra rembourser.
L'Etat haïtien n'a jamais eu une politique volontaire d'intervention dans l'économie du pays. Les seules périodes où il a tenté timidement d'amorcer un pas dans cette direction c'était sous la présidence d'Estimé et pendant les 9 mois de présidence d'Aristide en 1991. Dans les deux cas, un coup d'Etat a mis brutalement fin à une expérience qui aurait évité, peut-être, à Haïti d'être labellisée, pays le plus pauvre et le plus corrompu.
L'argent emprunté par l'Etat haïtien, comme cet emprunt de 15 M de dollars, fait à Duvalier JCl par le FMI quelques temps avant sa chute, et qui ont disparu dans laisser de traces, n'a pas servi à développer le pays. Il a été distribué aux thuriféraires de la dictature, par toutes sortes de magouilles, dont Bazin ministre des Finances de JCl, nous a fait la descritption.
Ce sont ceux-là même qui ont pillé l'Etat et continuent à le faire qui, aujourd'hui, comme par enchantement, parlent de "désengagement de l'Etat dans l'économie"
Il s'agit d'une des mystifications dont ce pouvoir rose est coutumier. « Repons Peyizan » : Une illusion de mauvais aloi.« Parti Haïtien Tèt Kale » : Une caricature politique malsaine. La Republique va de mal en pis. Par L. Sept
Patti James a fait une excellente mise au point sur la question. Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK): - Les incohérences du gouvernement Martelly/ Lamothe. Par Patti James.
Mais là où je me trouve en désaccord avec elle, c'est quand elle met en avant l'ignorance des gens du pouvoir.
Pour ma part, je ne crois pas que ces gens-là soient forcément ignorants.
Il me semble qu'ils poursuivent un but bien précis, qui est celui de l'enrichissement personnel , au dépens de l'Etat et donc de la population.
La stratégie d'enrichissement personnel est très simple, elle est pratiquée dans tous les pays soumis au diktat du FMI, selon lequel en créant une classe de gens riches, vous allez automatiquement enrichir les pauvres également.
Evidemment tout cela est faux. Ce schéma a provoqué l'appauvrissement des plus pauvres et l'enrichissement des plus riches.
La stratégie d'enrichissement personnel, en réalité de vol, est donc aussi simple qu'un tour de passe-passe.
C'est ainsi que les riches sont devenus millionnaires, et les millionaires millardaires en Haïti, comme dans les autres pays gouvernés par le FMI.
Donc, vous prenez une enreprise privée, par exemple E-Power. L'Etat haïtien, qui avance que son système public de fourniture d'électricité est mal géré, déficitaire et incapable de répondre aux besoins de la population, sollicite un prêt pour subventionner une entreprise privée, E-Power, dont il deviendra le client.
Grâce à cet argent emprunté par l'Etat, et grâce au fait qu'elle a un client assuré- presque pris en otoage, E-Power va moderniser son entreprise, étendre son réseau- tout ceci au dépens de la compagnie publique. En quelques années, E-Power et son directeur peuvent devenir très prospères.
Selon la convention entre l'Etat et la société privée, E-Power est censée rembourser en partie à l'Etat haïtien l'emprunt que celui-ci aura fait auprès des financiers internationaux.
Mais, ansi que cela se passe plus souvent que rarement, l'entreprise peut arguer qu'elle ne fait pas de bénéfices.
Comme les comptes sont aussi opaques que ceux de l'USAID
et qu'il n'y a aucune vérification,l'argument passe comme une chemise à la poste
Mais de son côté, l'Etat, les contribuables donc, s'est engagé selon un certain calendrier à rembourser ses dettes. Et là, pas question de frauder.
S'il ne le peut pas- vu que E-Power, par exemple, ne respecte pas ses engagements, le FMI brandit son bâton : vous devez remboursez vos dettes. Vendez des biens publics, par exemple EDH, pourquoi pas ? Et à qui ? Pourquoi pas à E-Power justement.
Sinon, il vous faut mettre en marche une politique d'austérité, virez vos fonctionnaires, payez-les moins, mettez moins d'argent dans l'éducation, l'agriculture et les programmes sociaux, augmentez les taxes, ouvrez vottre marché !
Résultat, l''Etat est pris dans une sorte de lessiveuse et ne peut tenir ses promesses de réduire la pauvreté au sein des plus pauvres - ce qui est arrivé au gouvernement Aristide.
Le citoyen haïtien, lui, est est doublement ou triplement pénalisé.
Il devra se serrer la ceinture pour que l'Etat rembourse sa dette.
Il aura contibué à l'enrichissement d'E-Power (par exemple) sans garantie d'un meilleur service.
Il aura perdu l'autonomie de sa couverture d'électricité. EDH étant tombée dans l'escarcelle d'E-Power, par exemple.
Par contre, Haïti aura un nouveau milliardaire, le patron de la boite privée, E-Power, par exemple.
Il y a une formule simple qui résume ce processus : "privatiser les bénéfices et nationaliser les dettes."
C'est ce qui s'est passé avec la minoterie privatisée sous Préval.
Le pouvoir des Tèt Kale, pas si ignorant que ça, pense que son tour est arrivé de tondre l'Eat et les citoyens
Il reste encore 2 grands secteurs à privatiser avec l'électicité: l'eau et l'agriculture. Sans compter les mines.
L'eau, il y a déjà, Véolia qui se place en pôle position. Notez que dans plusieurs villes de France, dont Paris, la distribution d'eau a été remunicpalisée - pour cause de services non performants et de nécessité de faire rentrer de l'argent dans le budget des des municipalités et communes.
Et puis, il y a l'agriculture.
Le méga projet de privatisation du pouvoir Kale Tèt, dont les chefs salivent à l'idée de se trouver à la tête de grandes propriétés, qui produiraient du maïs ou de la canne pour les agrocarburants. D'où leur récente offensive sur la Grand'Anse avec leur invraisemblabe programme " A ba grangou", dans un des rares départements encore vert d'Haïti, qui vise en distirbuant des produits étrangers aux necessiteux, à appauvrir les agriculteurs et à s'accaparer, dans un deuxième temps de leurs terres. VOIR :http://www.alterpresse.org/spip.php?article13161
Pour vous dire que ces gens-là ne sont pas ignorants- d'ailleurs, ils sont managés par des conseillers étrangers qui participent au pillage-, et que leur projet est bien de dé-coller Haïti et de s'emparer de chacun des morceaux.
Il s'agit, ni plus ni moins, à travers ce parti des crânes rasés, de poser une structure pour la réalisation de l'objectif d'un petit groupe, comme le disait l'ex-directeur de la raffinerie de pétrole de la RD, de s'emparer des richesses d'Haïti, au détriment de sa population.VOIR AYITI SOUS-SOL
Sorry, la démonstration, bien que fort incomplète, a été un peu longue.
Mais il est important de réfuter l'argument d'ignorance, surtout quand on sait que derrière chaque ministre et autres hauts fonctionnaires, se trouve un conseiller étranger. VOIR Guy Delva et les autres...
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