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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Re- Une nation...

Publié par siel sur 19 Mars 2013, 11:56am

Catégories : #REFLEXIONS perso

 

Partie précédent l'article  Une nation à qui on cache son histoire est aveugle...

qui a sauté. Nous revoilà avec le problème de parties qui se refusent d'être publiées. Hum !

La photo est celle des enfants de la classe Fos ak Kouraj en Haïti.

 

J'écrivais ce texte en 2011, lors d'un retour d'Haïti.

 

Nous sommes en 2013, je reviens d'Haïti où, entre temps, les choses question exploitation et misère se sont empirées. Surtout au sein du monde rural. L'ouragan Sandy, qui a détruit les récoltes de banane et de pois (haricots), poussent les gens à couper des arbres pour faire du charbon. Le vétiver est également cultivé pour ses racines dont on fait de l'essence. Les deux : arrachage des racines de vétiver et production de charbon ont pour conséquence, assèchement des terres et déforestation.

Mais que disent les paysans qui sont conscients de l'engrenage infernal dans lequel ils sont entrés ? Ils disent que pour reboiser il leur faut de l'eau et des plantules. Pour cela il leur faudrait de l'argent. Le peu d'argent qu'ils ont est utilisé à la survie quotidienne : manger, payer les frais scolaires, se vêtir, se déplacer un petit peu, payer un peu sa carte de téléphone. Leurs dépenses se réduisent au minimum, mais ce minimum est encore trop par rapport à un budget qui ne compte que peu de rentrées. Le moindre accident, un pied blessé, la moindre maladie, le moindre décès, et c'est la catastrophe totale. L'endettement auprès des gros propriétaires terriens qui s’achève, en bout du compte, faute de pouvoir payer ses dettes en monnaie,  à la cession de ses terres.

 

Ce cycle infernal est celui dans lequel se débat la paysannerie haïtienne depuis des (2) siècles. C'est ce qui en premier lieu provoque l'exode rural, puis l'exil vers des terres plus clémentes. Le problème principal que tous les gouvernements, que tous les grands propriétaires, que tous les notables refusent de résoudre, tout en se lamantant hypocritement sur le déboisement, l'absence de production nationale et l'exode,  se refusent à résoudre, c'est le problème de l'eau.

 

Il ne manque pas d'eau, il faut la trouver et la distribuer équitablement et non pas la mettre sous surveillance des notables ou de l'église qui en font une affaire politique . La distribution de l'eau, considérée comme une manne rare, allant de préférence à leurs électeurs, à leurs ouailles, à leurs filleuls et autres alliés/dépendants. Si gouvernement, notables et grands propriétaires terriens refusent de s'atteler à la question de l'eau pour tous, c'est tout simplement que l'organisation de la rareté de l'eau est une arme dont ils se servent pour asseoir et maintenir leur pouvoir, sur ceux qu'ils considèrent encore aujourd'hui, quasiment comme leurs esclaves.

L'histoire du duvaliérisme et de ses méfaits profonds reste cachée, an ba fey. Et c'est ce qui aura permis le retour de cette engeance, toujours sous les ailes de la communauté internationale, toujours aussi bienveillante et attentionnée quand il s'agit de choisir les pires dirigeants pour les pays du sud. Dans quel pays verrait-on la fille d'une criminelle, Mme Max Adolphe, qui dit admirer sa mère, devenir ministre de la jeunesse ? Imaginez en Allemagne, un fils de nazi, déclarant qu'il est fier de son père et qu'on mettrait ministre, attention ! pas de n'importe quoi- de la jeunesse. En Republique Dominicaine, mme Racine, aurait tout simplement été priée d'aller se faire voir ailleurs, aux USA par exemple, où la liberté d'expression permet de faire l'éloge des fascistes nazis. Mais attention pa des terroristes islamistes qui ne sont pas, quant à eux, blancs.

Il s'agit pour l'extrême droite haïtienne, pour le pouvoir des crânes rasés, d'une pure provocation. Ils veulent voir jusqu'où la communauté internationale leur permet d'aller et jusqu'où la société haïtienne peut aller dans la soumission, l'abjection et le port du bracelet rose, comme jadis du gros bleu.

 

Le pouvoir d'extrême droite des Tèt Kale, comme les Duvalier l'avaient, fait- ne pas oublier que le criminel Duvalier représente leur modèle- veulent tout d'abord soumettre, acheter, vassaliser et s'il le faut terroriser les classes moyennes. On commence, comme pour les Duvalier, par leur faire peur, de manière après à s'attaquer au peuple, que, comme a dit Duvalier François lui-même, rapporté par un ambassadeur des USA  en Haïti de l'époque, représente la seule force dont il a peur.

Effectivement, les témoins qui viennent au jugement de Duvalier, sont le plus souvent issus de la classe moyenne. Mais, ceux qui ont le plus souffert des exactions, des abus, des vols, viols, et autres crimes des macoutes, restent les paysans dont j'ai entendu les récits à la campagne. De cette période, ils gardent une mémoire tout à fait vivante.

 

Pour l'instant, pas de sociologues, d'anthropologues, d'historiens, d'écrivains et autres zentellectuels pour s'intéresser à la voix de ces victimes  des 2 Duvalier au sein du monde paysan.

Et pour cause...

 

Souvent, anthropologues, sociologues, écrivains, ethnologues, etc; sont eux-mêmes alliés des bourreaux. Comme Mme Max Adolphe Racine, en somme. Donc ça se tient par la barbichette...

Il faudra attendre que des intellectuels étrangers, de la veine de feu G. Barthélémy qui l'a fait avec son livre sur le duvaliérisme sans Duvalier, accomplissent ce travail qui touche à la mémoire des années de dictature et de leurs incidences, répercussions influences sur le mental même des Haïtiens du monde rural.

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