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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Suite 1 de "A propos d'une photo des nantis d'Haïti."

Publié par siel sur 15 Novembre 2012, 14:18pm

Catégories : #REFLEXIONS perso

 

J'ai écrit ce texte ici : A propos d'une photo des "nantis d'Haïti".

Le titre est à propos d'une photo

et non pas à propos des nantis d'Haïti.

 

Il semblerait que de ce titre ait fait naître des malentndus.

J'aurais dû écrire : A propos d'une photo de bonnes en uniformes.


Mon sujet n'étant pas le couple apparaissant sur la photo.

D'autant plus que j'avais pris bien soin de ne pas citer leurs noms.

Ceux que d'autres se sont empressés de faire

au prétexte de prendre leurs défenses.

 

the-help-1.png

 

Or, dans mon exposé, il n'y avait rien de personnel.

La photo étant un support pour mieux comprendre cette "mode "

d'uniformes- je le maintiens- totalement rétrograde et néo-colonialiste

pour la domesticité haïtienne chez les  bourgeois

 

D'ailleurs, de quand date cette "mode" en Haïti ?

Et pourquoi la retouve t-on presque exclusivement dans les pays du Sud,

au Liban, dans les pays du Golfe, à Hong Kong etc,

qui emploient en majorité des immigrés venant d'Afrique, des Philippines

de pays étrangers où la main d'oeuvre est à bon marché

et dont les droits ne sont pas respectés ?link

 

Rappelons que, en 2006, la ministre de la Justice de Bolivie a été une ancienne domestique

qui a lutté très jeune contre les conditions qui leur étaient faites,link

d'autant plus que, dans ces pays d'A. Latine, ce sont les Indiens discriminés qui sont employés à cette fonction.

VOIR link

 

1024892_to-match-feature-brazil-economy-rich.jpg

 

Photo illustrant un article de l'Express sur la domesticité au Brésil.link

 

1024900_aa391881.jpg

Après  l'abolition de l'esclavage, en 1888, la domesticité a pris son essor.link

 

 

Dans cet article de l'Express, concernant le Brésil, on peut voir, d'une part le lien entre esclavage et domesticité et d'autre part,

 celui entre l"évolution d'une société vers moins d'inégalités et nouveaux rapports à la domesticité.


Sans lui chercher  "la petite bête", il semblerait que ce commentateur

n'ait compris de mon propos que ce qu'il désirait entendre. 


Voici, entre autres, ce qu'il dit.


"2. Faux. Les deux (2) servantes ne sont pas ramenées à des objets, ni à des
esclaves considérées comme des biens meubles. Elles sont là par hasard. Les
bourgeois X (et BRANDT pour l'autre photo) et le photographe ne leur
ont pas imposé d'être là pour la pose. C'est le hasard qui parfois fait bien
les choses, mieux que la volonté humaine."

Je n'ai pas dit que les servantes posaient.

J'ai dit que le couple posait.

Au contraire, j'ai même parlé d'irruption dans la photo des servantes,

présentes par infraction,

parce qu'elles n'étaient pas sensées se retrouver dans le cliché,

lesquelles, par ce fait, pouvaient être assimilées au décor;

et que là résidait tout l'intérêt de la photo.


De même que pour la photo de Brandt, le photographe a saisi le moment où 

il pouvait dans une seule et même photo saisir le modus vivendi de la bourgeoisie haïtienne.

 

Cette photo avec l'apparition des bonnes en uniforme sur la droite,

me paraissait un bon support pour une réflexion

autour de l'uniforme imposé aux domestiques dans certainnes familles bourgeoises (pas toutes)

et du sens que l'on pouvait lui préter - en dehors des argument pratiques, hygiéniste, etc.

 

Vous aurez remarqué que je ne me suis pas intéressé aux personnages.

J'aurais pu passer en revue leurs postures respectives, 

l'ameublement, etc. Mais point n'était le sujet.

 

J'avoue avoir été assez décontenancée que cette analyse suscite tant de foin.


D'autant plus qu'il me semble que des histoires outrageantes,

comme celles de Martelly en jeans et boots à la messe de commémoration de la mort de Dessalines,

ou bien comme celle du maire de Delmas Vidéo. Un banquier français se fait virer pour avoir traité à Singapour des ouvriers de "chinese animals"

auraient dû provoquer plus d'intérêts et de commentaires.


Réactions quasiment épidermiques  qui, une de fois de plus, interrogent sur la capacité de certains Haïtiens de lire et de comprendre ce qu'ils ont lu, à partir du moment où leurs neurones sont freez, gelées par l'émotionnel.


Et  aussi sur sur l'énergie, genre moulin à vent,  qu'ils sont capables de dépenser avec moult élucubrations pirouettes, cacahouètes  et galimatias pour détourner  et enfouir un sujet. 


 Je lis donc ceci sous la plume d'un internaute qui réfute mon essai d'analyse :


"La plupart vu leurs fonctions continuaient à vivre comme les membres de la
maisonnée. Alors comment faire pour les distinguer des membres du foyer,
comment faire pour que les invité(e)s ne les prennent pas pour des membres
idoines de la maisonnée ou de même niveau social que les maîtres? On leur a
attribué des uniformes, des livrées. A la cour royale, la livrée désignait
la fonction occupée. Il y avait une livrée différente (confection, couleur,
épaulette, ...) pour chaque corps de métier à la Cour."
 Effectivement, comment, diantre, les distinguer des membres de la maisonnée ?
That is the question ?

Les domestiques de Mme Bettencourt, l'une des familles les plus  riches de France ne portent pas d'uniformes. 


 Comment fait-elle pour "les distinguer des membres de la maisonnée" ?

 

Pourtant ils ne sont pas Africains, ni Philippins .

 

Puis, il fait tout un historique de l'uniforme. Soit. C'est bon à savoirMais, quel rapport avec ce qui se passait à la cour, les livrées, les épaulettes et tutti quanti, avec la réalité de ce 21ème siècle ? Et celle d'Haïti ?

Tell me.

Plus loin je lis ceci :


"sans leur uniforme mais l'impact, le marketing, et la publicité sont mieux
atteints par le personnel en uniforme de travail, quasi de toutes les
couleurs de l'arc-en-ciel, que voir des gens en vêtements dépareillés, pire
sales pour certains, pire au carré en haillons pour d'autres, etc!"

Voyez-vous ça ! Les femmes en uniforme feraient donc parti du package de marketing. Les machines, locaux, prospectus, photos, films, chiffres ne suffisaient pas ? Il fallait donc y ajouter une représentation de corps-objets ?
Donc, si je comprends bien,  les employées haïtiennes, les mêmes que l'on voit dans les rues  sales de Port-au-Prince, tirées à 4 épingles,  seraient venues,  d'après  le commentateur,   sales et en haillons à l'inauguration de Caracol.
Assez révélateur ces préjugés sur les pauvres qui permettent de mieux comprendre la prise de position de l'auteur du commentaire.
Cela fait pitié de lire de telles âneries et de surcroit- quasi racistes-  laissant croire que les gens du peuple n'ont aucune conscience, science, connaissance  des tenues appropriées  à différentes manifestations.
arton3467.jpg
Les gens du peuple se rendent-ils en haillons à l'église ?
Parce que Mezanmi, vous qui connaissez Haïti, avez-vous déjà vu des employés des factories allant à leur boulot sales et en haillons ?
Mezanmi, ce que ce type dit, c'est que sans l'uniforme, les gens auraient eu des "vêtements dépareillés, pire sales pour certains, pire au carré en haillons pour d'autres, etc."
michel-martelly-eglise-marchand-dessalines-botte600.jpg
En lisant cette ignominie, je pourrais dire que la personne qui a bien voulu se donner le mal avec  force contorsions, appels à Wikipédia  totalement hors sujet, avec inventaire des uniformes allant de ceux des marins en passant par les écoliers, jusqu'aux hotesses de l'air, montre, à quel point, ce sujet autour de l'uniforme  des bonnes, parle bien de déshumanisation puisque ce type n'hésite pas à imaginer que ces employées de Caracol se présenteraient à cette fête comme Martelly à l'Eglise de Dessalines en jeans et en boots.
Ce qui n'est précisément pas le genre des "petites gens"qui, comme dit plus haut, ne possédant rien d'autre que leurs corps, n'ayant ni montre Rollex et bracelet rose au poignet, sont en général très soucieux de leur apparence. 
Et pour finir l'apothéose  :

"Une déduction de ma part sans fondement scientifique, donc sujette à
caution:
 
Je déduis que l'auteure a soit eu des parents domestiques, soit des membres
de sa famille employé(e)s de maison, et alors elle n'a point fait l'effort
d'avoir de l'empathie pour les maîtres des deux (2) sexes. Elle n'a point
cherché à essayer de trouver des côtés positifs au port de l'uniforme. Tout
doit être négatif, mais dommage c'est faux!"
Savante déduction, Monsieur.
Vous avez visé dans le mille.
 Monsieur serait -il aussi bon chasseur qu'il est scientifique ?
Si, si, ne soyez pas modeste, votre déduction est tout à fait, totalement, pleinement, capaitalement scientifique.
De même que Jacques Roumain a fondé le parti communiste haïtien parce qu'il avait  des parents pauvres et exploités.
De même que Jacques Stephen Alexis a pris le parti des exploités parce qu'il avait eu " soit des parents pauvres et exploités, soit des membres  de sa famillle, etc".
C'est ainsi que tous deux n'auraient  pas fait l'effort (sic) d'avoir de l'empathie pour les exploiteurs des 2 sexes, etc."
Chapeau bas.
Brillance du diamant  de l'argumentaire comme une nuit sans lune.
Tout ceci relève d'un haut niveau de fine psychologie.
C'est sûr et certain que je suis "issue d'une famille de domestiques, que des membres de ma famille ont été des employés de maison".
Et que par conséquent, comme 2 +2 font 4, je n'ai pas d'empathie pour les maîtres qui furent ceux de mes parents. Ah ah !
Monsieur n'a rien a envié à Sherlock Holmes.
A  mon tour, je déduis que Monsieur  est non seulement scientifique et bon chasseur mais de plus un observateur éclairé .
 Comme dirait l'autre : le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.
Au delà de ces  zentellectuelles galéjades,  l'histoire des corps de serviteurs en uniforme est à suivre...


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