La première fois que je me suis rendue compte de la complexité des questions raciales aux Etats-Unis, c'était il y a quinze ans. A l'université. Nouvellement arrivée sur cette terre gorgée d'opportunités, je n'ai vu qu'un pays apparemment terne dont le « melting pot » pratique garantissait un prêt à porter culturel dépourvu de passions. En effet, l'un de mes profs confirma mes pressentiments quand, à travers une allocution savante, il nous parla des pères fondateurs des Etats-Unis, du fédéralisme, de l'individualisme tout puissant, de l'absence de Ministère de Culture et de Langue Officielle, et du fameux « We The People » qui, dans la Chartre fondamentale, place le citoyen en contrôle à part entière de son destin. J'étais sous le charme de ce pays mystérieux. Je n'arrêtais pas de demander aux gens que je rencontrais de définir pour moi le « Rêve Américain ; » et grande fut ma surprise de constater que le Rêve était aussi flou et indéterminé que l'Amérique elle-même. J'étais conquise. Ce que Ben Franklin appelait « the Great Experiment » m'avait gagnée à sa cause.
Tout Haïti. "J’étais si fière d’habiter les Etats-Unis !" Par Pascale Doresca.
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