Découvrir l’eau chaude est une expression française qui signifie que l’on découvre quelque chose que tout le monde sait déjà.
Aucune idée de l’équivalent en créole.
J’ai écouté, donc ce monsieur de l’émission Vision 2000 à l’écoute du vendredi 19 avril link
Qui discutait plus ou moins d’économie.
Il s’est rendu la veille à une rencontre avec un économiste du nom de Fritz Jean link et il découvre soudain que l’économie joue un rôle prédominant.
Donc, après avoir assisté à cette conférence à Pétion Ville avec tout le gratin de l’intelligentsia locale, dixit l’animateur, ce qui laisse entendre en passant qu’il en est membre, l’animateur vedette découvre l'eau chaude.
Tout soudain, en 2013 , il se rend compte que l’économie, les finances occupent un rôle prépondérant dans la vie d’un pays.
Euréka !
En quelle année déjà, Karl Marx a écrit Le Capital ?
Voici qu’il découvre à sa stupéfaction, qu'en Haïti, 5% de la population se partagent 50% des ressources et que 95% ont droit aux 50% restant.
Qui l’eut crû hein !
Des données que tous les économistes non asservis à la doxa néolibérale, tel que leur Phanel Kesner link, ressassent depuis une éternité.
Ils en ont parlé en long et en large au moment du séisme. AYITI SEISME
Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
L'animateur vedette ne vit pas en Haïti ? Il n'a jamais regardé autour de lui ? Il n'est jamais allé dans les mornes ?
Il n'a jamais vu que les enfants sont sous- alimentés, qu'ils font des kilomètres à pied pour se rendre à l'école le ventre vide et qu'épuisés, n'ayant rien mangé, ils s'endorment sur les bancs ?
Ne sait-il pas que c'est le sort de la majorité des enfants à la campagne ?
Manifestement non.
Quand on constate l’étonnement vrai ou feint du présentateur vedette -ou bien serait-ce son propre étonnement devant le fait que lui même ose en parler au micro de sa radio ?- on ne peut qu' encore une fois relever l’infantilisme grave de cette gente haïtienne qui se présente pour l’intelligentsia.
Voici que l’animateur vedette découvre- miracle- ! que la terre est ronde et qu’il existe quelque chose comme un systême économique et que ce et ces systêmes économiques qui consistent à exploiter sans redistribuer, induisent le partage entre un groupe restreint des bénéfices de cette exploitation et sont à la base de la faillite économique- et donc sociopolitique et culturelle du pays.
Sur ce blog, combien de fois n'avons nous souligné le manque d’intérêt de cette dite intelligentsia pour l’économie et leur passion pour les anecdotes, les mensonges et les zen de toutes sortes ?AYITI SOUS-SOL Voir aussi : ECONOMIE
Passions, ressentiment , avarisme et vénalité- ne pas oublier qu’ils ont été grassement rétribués pour leurs mauvaises œuvres- qui les avaient entrainés à boycotter la commémoration des 200 ans d’indépendance et provoqué tout le cirque toute la comédie burlesque mais néanmoins dramatique qui s’en est suivie.
L’animateur vedette nous dit ce n’est pas Duvalier, Aristide, Préval, qui sont le problème fondamental. On est bien d'accord et nous le savons depuis belle lurette.
Mais attention, animateur vedette, dit directeur d’opinion, de ne pas , comme tout nouveau converti, verser dans les amalgames faciles.
Dans le tout voum se do.
Mélange de tout et de rien qui donne ce que vous dénoncez à tire-larigot comme de l’anarcho-populisme, concept inventé par les grenn-nanbounnda, dont ils ne sont pas foutus de donner un début de définition, mais qu’ils utilisent à toutes les sauces pour camoufler la réalité d’une économie de prédation et leurs propres mensonges. Voir : MEDIA MENSONGES
Donc attention, journaliste vedette, chacun des hommes politiques dont vous parlez a eu un programme politique spécifique.
Duvalier: l’homme venu des Antilles françaises, s’en foutait pas mal de l'histoire d'Haïti instrumentalisée à ses fins par pure démagogie et du peuple haïtien qu’il dénigrait à toutes les occasions, à l'inverse de que laissent croire ses laudateurs. Son truc à lui c’était d’engraisser quelques potes Noirs et Mulâtres, ne pas toucher aux intérêts US et ni au monopole des Syro-Libanais, et maintenir le peuple, gardé par une milice sauvage, dans l’esclavage.
Le fils idem. VOIR : PEUPLE sans mémoire... et aussi : DUVALIER et le livre de Péan et notamment les châpitres consacrés à Duvalier.
Haïti, économie politique de la corruption : De Saint-Domingue à Haïti (1791-1870) de Leslie J. R. Péan et Jacques Chevrier (22 mai 2003)
Aristide : restructurer et renforcer l’Etat , rompre avec les monopoles, diversifier l’économie, promouvoir une meilleure répartition des richesses. Tout moun se moun, analfabèt pa bèt, roch nan dlo pa kon mizè roch nan soley , ces slogans traduisent le projet économique et socio politique de ce mouvement qui a été dévié de sa course notamment pas l’OPL, dont le leader, ancien homme de gauche s’était entretemps reconverti au néolibéralisme- jusqu’à aller chercher le soutien de Jesse Helms aux USA pour virer Aristide.
Jesse Helms mezanmi ! Jusqu'où on peut aller...
Voici entre autres quelques qualités de ce type :
"Dans les années 1980, Helms fut un pilier républicain du Congrès sous le gouvernement de Ronald Reagan. Il a défendu les droits traditionnels des industries du textile et du tabac.
Helms, alors qu'il était président de la commission des affaires étrangères du Sénat, a exigé des réformes aux Nations unies en bloquant le paiement des cotisations américaines à l'organisation1. Nostalgique de l'époque de la ségrégation, il s'opposa à une déclaration du Sénat en l'honneur de Martin Luther King, qui créait par la même occasion une journée fériée annuelle à l'anniversaire de sa naissance1.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jesse_Helms
Ce programme d’Aristide a totalement échoué, d'abord à cause du coup d’Etat de 1991 qui a fait un carnage parmi les militants de base et les têtes pensantes du mouvement progressiste, des pressions des USA et de l’UE et de sa propre incapacité à défendre son projet et à le faire porter par des hommes et femmes fiables et compétents.
Préval : reprendre en douceur le programme des duvaliéristes, tout en donnant quelques miettes à la population qu’on pourrait plus définir comme une politique d’assistanat- poursuivre le plan néolibéral. D’où son intervention directe pour empêcher l’augmentation du salaire minimum et son acceptation d’installer un sweatshop géant à Caracole sur des terres agricoles en virant les paysans. Préval, ne disait-il pas, quand on lui demandait pourquoi il s’entourait de duvaliéristes, que c’était parce qu’ils étaient pragmatiques !
Des duvaliéristes pragmatiques. On aura tout entendu !

Des gens qui ont été au pouvoir pendant presque 40 ans (en comptant les gouvernement militaires de 1986 à 1991 et la période de Cédras) et qui n’ont même pas été foutus pendant toute cette période de temps d’alphabétiser la population, de créer des écoles et des lycées, des routes et des infrastructures de base, genre distribution d’eau courante, logement et électricité, des industries, développer l'agriculture par des subventions aux paysans, sont considérés comme pragmatiques.
Il faudrait savoir ce que Préval met derrière ce mot.
Peut-être confond-t-il fascisme et pragmatisme. Allez savoir.
Donc, il faudrait voir à ne pas mettre tout le monde dans le même sac.
Le nombre de conneries dites et faites par cette so- call intellengtsia est incommensurable…
Le mal qu’ils ont fait au peuple haïtien restera dans l’histoire.
Aujourd’hui, mis le nez dans leur m…, les voici cherchant des faux-fuyants et, pour se dédouaner, de répéter à toutes occasions le fameux axiome qui sert à masquer l'irresponsabilité des élites : « les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent ».
Expression du mépris et du cynisme d’une classe de petits-bourgeois parvenus, égoïstes et mégalomaniaques, imbus de leurs rares connaissances, oublieux du fait que leurs propres parents, paysans, pauvres des villes, issus de ce « gros peuple » as they name it, ont fait des sacrifices incroyables pour qu’ils fassent quelques études, parfois plutôt bancales et qu’ils puissent aujourd’hui se retrouver dans un processus de changement de couche sociale.
Et pour finir,
"Ekri sa m di la" a dit le journaliste qui joue au prophète et au grand manitou tout en hurlant dans son micro, appuyant sur des syllabes, jouant au comédien, alternant silence et cris , contredisant avec cette méthode irrespectueu-ze (il aime à insister sur laprononciation des e muets) « la nouvell-le Haïti » pour laquelle il mili-te
Est-ce qu’il est besoin de crier, comme un duvaliériste arriéré et stupide façon Théano, comme un milicien d’extrême droite, façon Ti Bobo, d'user d'un marteau piqueur pour imposer son autorité intellectuelle?
Je ne sais pas où ces 2 journalistes ont fait leurs études de journalisme. Et qui leur a enseigné cette façon fracassantee de s’adresser au public en martelant, en mettant l’emphase sur certaines sylla-bes. Un truc qui aurait plus à voir avec un prêche et qui aurait plus sa place dans le palais municipal du sieurJeudy (dont on ne sait pas, bien qu'il dise que ce soit Dieu- où il atrouvé les fonds pour construire ce pataquès) que dans un studio de radio.
Une vocation ratée de curé ou de pasteur ?
Est-ce qu’il faut agresser les oreilles de l’auditeur, lui fracasser la tête, la lui "kale", pour le convaincre de l’intérêt de son discours ?
Des flagorneurs viennent leur dire qu'ils devraient faire de la politique, voire être candidat à la présidence,. En tous les cas, avoir un président qui gueule comme un sourd en s'adressant au public, je doute fort que ça puisse sortir Haïti de la tradition des chefs d'Etat autoritaires et manipulateurs.
Parce qu'à écouter ces 2 animateurs, vociférant dans leurs micros, on ne peut s'empêcher de penser à Chaplin imitant Hitler, qui hurle tellement que les micros eux-mêmes en arrivent à se courber sous la violence du son.
Très beau, drôle et instructif ce film de Chaplin qui s’appelle « Le dictateur » et que je vous recommande vivement.
Commenter cet article