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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Le cinglé, le démagogue et l’ex-colonel du KGB. Par Edward S. HERMAN

Publié par siel sur 21 Mai 2014, 10:48am

Catégories : #INTERNATIONAL

Le cinglé c’est John Kerry, qui s’est complètement grillé à faire la navette avec empressement entre Washington et Tel-Aviv pour tenter de jeter au moins « les bases » d’un accord israélo-palestinien (susceptible de créditer de quelque progrès ses gesticulations d’honnête courtier), tout en dénonçant avec véhémence le Président du Venezuela, Nicolas Maduro, pour « la campagne de terreur qu’il mène contre son propre peuple », et en dénonçant bien évidemment les Russes pour leur « agression » contre un régime ukrainien issu d’un coup d’État.

Sa vibrante déclaration : « On ne peut tout simplement pas au XXIe siècle se comporter comme au XIXe et envahir un pays sur le dernier des faux prétextes », est un archétype d’argument Orwellien, et dans l’improbable hypothèse où son nom apparaîtrait un jour dans les livres d’histoire, il pourrait bien se réduire à cette unique phrase. Ce coup d’éclat a instantanément déclenché une explosion d’hilarité et de sarcasmes en tous genre parmi les médias dissidents. Quant aux autres, ils l’ont plutôt mis en sourdine et se sont bien sûr dispensés d’ironiser ou d’en ridiculiser l’auteur (c’est un peu ce qui s’était passé lorsque Madeleine Albright, interrogée à la télévision sur la mort de 500 000 enfants irakiens victimes des sanctions de destruction massive dont elle-même avait garanti le maintien, avait simplement rétorqué : « Vu l’enjeu, je pense que ça valait la peine ! »).

Evidemment, il est possible que Kerry n’ait sincèrement rien vu d’absurde dans sa déclaration, tout imprégné qu’il est des principes qui découlent de « l’exceptionnalisme » américain qui interdit l’usage de termes tels que « invasion », « agression » ou « droit international » en référence au gendarme du monde. Et là où on verra « un prétexte parfaitement fallacieux » lorsque c’est justement la Russie qui l’avance, on ne verra au plus qu’un regrettable malentendu, d’ailleurs parfaitement excusable, lorsque c’est de nous qu’il s’agit. Après tout même le New York Times, qui s’empressait de parler d’agression dans ses éditoriaux sur la Crimée (« L’agression russe », 2 mars 2014), n’aurait au grand jamais choisi un pareil terme au sujet de l’invasion/occupation de l’Irak. Et on ne trouve les termes « droit international » ou « Charte de l’ONU » dans aucun des éditos du Times entre le 11 septembre 2001 et le 21 mars 2003 (Howard Friel and Richard Falk, The Record of the Paper, chap. 1).

Les propos du Président Obama étaient pour leur part à peine plus subtils mais bien plus calculés, malhonnêtes, hypocrites, démagogiques et assez souvent absurdes, lorsqu’en Belgique il s’est exprimé publiquement pour réfuter les accusations d’hypocrisie que le Président russe, Vladimir Poutine, avait brandies au sujet des dénonciations occidentales rejetant la validité du vote d’indépendance de la Crimée qui avait entrainé la réintégration de celle-ci à la Russie (« Remarques du Président à l’attention des jeunesses européennes », Bruxelles, 23 mars 2014). Il est plutôt amusant de voir à quel point Obama peut déformer l’histoire comme bon lui semble, et en particulier lorsqu’elle le concerne. Selon lui, en effet, nos pères fondateurs auraient inscrit dans « nos documents fondateurs » un magnifique concept selon lequel « tous les hommes – et femmes – ont été créés égaux ». C’est à croire qu’il a tout oublié de l’esclavage des nègres (la règle des trois cinquièmes notamment, inscrite dans la Constitution) (1), et du droit de vote des femmes, qu’elles n’ont finalement obtenu qu’au XXe siècle. Il parle de l’idéal d’une « information sans aucune censure » qui « offre aux gens la possibilité de prendre leurs propres décisions », lui justement qui a fait son possible pour qu’aucun flux d’information n’échappe à son contrôle et pour pénaliser davantage toute tentative de percer le bétonnage toujours plus massif du secret d’État, afin d’en dénoncer les crimes.

La suite sur le site.

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