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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Que vise la "chasse à Aristide" ? Aristide ou les réclamations du peuple haïtien pour une autre politique ?

Publié par siel sur 8 Septembre 2014, 10:21am

Catégories : #REFLEXIONS perso

Le plan d'assassinat d'Aristide tel que décrit par la rumeur pourrait ressembler à un scénario de film.

Des élucubrations de personnes en quête de sensationalisme.

Cependant, si l'évasion/voyage organisé des prisonniers de la Croix-des-Bouquets vous avait été narrée avant qu'elle ait eu lieu, certains d'entre vous se seraient exclamés " Gade ki sa neg yo al chèche pour sal pouvoi tèt kale a !" .

Si l'on avait dit aux Grenn-nanbounda que leur coup d'Etat de 2004 (ce que nous mêmes nous avions analysé) aurait pour conséquence le retour de l'extrême-droite, l'avènement des Tèt Kale qu'auraient-ils pensé ?

Qu'auraient dit les plus sincères d'entre eux ?

"Pas du tout. Nous luttons au contraire contre la dictature. Notre coup d'Etat est une "correction démocratique".

Ah, ah!

Car, dans le peyi d'Ayiti, la fiction dépasse souvent la réalité. Le scénario échappe aux acteurs qui se retrouvent sur scène sans l'avoir lu.

Pour vous dire que la"chasse à Aristide" qui a repris précisément dans le moment pré-électoral, de même qu'en 2001-2004, n'a rien à voir avec la personne d'Aristide.

Le calendrier de la justice a de ces coïncidences !

Il s'agit d'un combat contre la démocratie, contre le peuple haïtien, contre ses réclamations de vivre dans son pays dans des conditions dignes.

C'est pourquoi, les progressistes doivent faire attention à ne pas tomber dans le piège de démonisation des 6 sénateurs, des partis de l'opposition qui leur est "vendu" (Courtoisie V. Numa) par les média et le gouvernement en place.

Le régime Tèt Kale, dont la propagande s'appuie sur le slogan "la première fois", répétant ad nauséam les mensonges sur la transition démocratique que leur propre camp n'a eu de cesse d'écraser avec coups d'état, assassinats de personnalités progressistes, kidnappings et autres actes de banditisme.

Que vise la "chasse à Aristide" ? Aristide ou les réclamations du peuple haïtien pour une autre politique ?Que vise la "chasse à Aristide" ? Aristide ou les réclamations du peuple haïtien pour une autre politique ?

"Des personnes associées à des activités politiques mineures ont elles aussi été victimes de violence depuis le coup d'état; certaines ont été arrêtées, torturées ou tuées « pour avoir vendu des journaux de l'opposition, avoir écouté des émissions de radio étrangères et, dans un cas, avoir jeté un simple coup d'oeil sur une photographie de l'ancien président » (Amnesty International 22 janv. 1992, 2). De plus, dans les jours qui ont suivi le coup d'état, des militaires ont occupé l'hôpital universitaire de l'état à Port-au-Prince et ont déchargé leurs armes au hasard (Americas Watch et autres 30 déc. 1991, 4). La plupart des établissements de santé ont vu leurs activités perturbées, des membres du personnel médical ont été maltraités et des médecins arrêtés ou harcelés. La situation des soins de santé se détériore en raison du nombre de blessés et de la constante pénurie de fournitures médicales (ibid.).

http://"http://www.refworld.org/docid/3ae6a80922.html

Et, pire encore, ce sont ces tortionnaires d'hier, camouflés en démocrates aujourd'hui qui ont demandé aux bailleurs de fonds de bloquer tous les versements de crédits à Haïti. Ce qui a été fait.

En 2000, les républicains exploitèrent la controverse électorale en Haïti pour discréditer Aristide. L’administration Bush fit pression sur la Banque interaméricaine de développement (BID) pour supprimer plus de 650 millions de dollars d’aide au développement et de prêts consentis à Haïti - de l’argent destiné à payer de l’eau potable, des programmes d’alphabétisation et des services de santé.

http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=863

Quel est le grenn-nanbounda qui va reconnaître que ces demandes étaient faites avec la volonté de casser les reins au gouvernement d'Aristide et lui aliéner son électorat ?

Voici donc des soit-disants patriotes qui non seulement, boycottent la commémoration des 200 ans d'indépendance de leur pays, mais qui ajoutant à l'ignominie le cynisme, supplient l'international de bloquer l'économie de leur pays.

Voici donc des "sauveurs du pays" , des grands altruistes, qui agissent de sorte d'enfoncer la population pauvre dans encore plus de misère.

Les journalistes, comme celui de Vision 2000 à l'écoute, qui faisaient partie de ce mouvement de sabordage de l'Etat sont, aujourd'hui, ceux qui, sans aucune honte, s'amusent à gruger la population, une fois de plus, en appelant à l'unité nationale, à "sauver le pays".

Ces journalistes pleurnichent à longueur d'antenne sur la nécessité de "mèt tèt ansamb", de s'unir, de dialoguer, de s'entendre, de s'accorder, de se sacrifier dans l'intérêt de la nation.

Ah, ah ! Tartufferies.

Ils ont été, pourtant, ceux-là qui, précisément, en particulier, se trouvaient à la tête de la bande qui a refusé, en 2004, tout accord avec le gouvernement légitime et a choisi l'option coup d'état.

Ce sont ces individus, subordonnés à l'international et à l'oligarchie locale, qui ont pris l'initiative de creuser un trou sans avoir prévu d'échelle pour en sortir et d'entraîner le peuple haïtien dans leur aventure personnelle, grimée en vaillant combat contre "le dictateur pire qu'Hitler".

Aujourd'hui, les voici, prêts à tous les compromis et compromissions.

Il semblerait que Martelly étant soutenu par les USA, il soit plus facile, et je dirais même obligatoire de s'accorder avec lui pour "sauver le pays"

Tartuffes.

Comme en Haïti, l'amnésie, la maladie d'Alzheimer touchent l'ensemble de la société, ces journalistes peuvent, toute honte bue, se travestir en grands patriotes et leurs auditeurs "acheter" (Courtoisie V.Numa) ce nouveau produit.

Comédiens.

De sorte qu'on oublie que la famille des roses, actuellement au pouvoir, est directement héritière de la dictature duvaliériste.

Il suffit de voir quelques uns noms des personnages en fonction: Delva, Brunache, Cinéas, Balmir, Raymond, etc.

On se rend compte que ces journalistes kòkòt ak figawo, bras-dessus bras-dessous, avec le pouvoir Tèt Kale, ne dénoncent jamais ses vraies dérives qui sont celles qui attaquent directement l'équilibre du pays : les taxes perçues sur la diaspora par exemple et l'utilisation des fonds petrocaribe, le budget alloué à l'épouse de Martelly et à son fils, l'achat d'armes de guerre par Lamothe, l'augmentation des sommes allouées au fonctionnement de la présidence et de la primature, les réseaux criminalité en hauts lieux dévoilés par le cas C. Brandt, les dessous financiers de l'opération expulsion du bas de la ville. Etc, etc.

Certes, ils babillent constamment sur des question annexes qui concernent directement le quotidien des gens : les salaires non payés des fonctionnaires, des profs, les embouteillages, etc. Ils brassent toutes sortes de questions, alignent les poncifs, n'hésitent pas à passer du coq à l'âne, de donner leurs propres expériences en exemple exploitant le syllogisme : c'est du vécu donc c'est vrai.

Il s'agit d'une posture populiste pour s'attacher un public, des fidèles qui comme à l'église, en écho, vont leur renvoyer, avalé et digéré le même discours tenu lors de leurs "grandes messes."

Boucle bouclée. Impasse. Voie sans issue. Retour à la case départ.

Leur discoursi, en aucun cas, n'interroge les fondamentaux : les choix politiques du gouvernement en matière d'éducation, de logement, d'agriculture, de santé, de tourisme, d'aménagement du territoire.

Le travail de ces journalistes-hôteliers consiste à faire beaucoup de bruits pour rien (Shakespeare).

il s'agit de matraquer les auditeurs avec des anecdotes, des vérités de La Palice, des généralisations hyper-négatives (sans en avoir l'air) sur les Haïtiens dont ils prétendent être les dépositaires de leur psyché parce que eux, n'est-ce pas, seraient sur le terrain.

Ils veulent même lui apprendre, au peuple, à bien voter, (il semblerait que sélectionner un président pour lui ne suffise pas. Il faut maintenant qu'il ne s'abstienne plus et qu'il aille voter)

Grâce à un manuel concocté par eux et "vendu" (courtoisie V Numa) à l'antenne -belle éthique journalistique ! - ils sauront comment voter pour les candidats sélectionnés ( Pa pèdi tan nou. Men bon moun yo, bann kreten ! Voici le mode d'emploi)

Mais, quels sont les outils de savoir, en dehors des zen et des expériences personnelles, avec lesquels ces experts appréhendent la réalité haïtienne ?

Le résultat de cette fantaisie, nommée journalisme en Haïti, est d'ajouter de la confusion à la confusion.

Et, en bénéfice secondaire, de faire gonfler les ego de ces fils du peuple ayant, quant à eux, "réussi" à se faire un nom. (Mwen pa bezwen fèm an non, mwen deja genyen-l)

Mais comment se sont-ils fait un nom, ces journalistes issus de la paysannerie?

Parce qu'ils se sont bien "vendus" ? (courtoisie V. Numa)

Parce qu'ils ont su "capitaliser" (courtoise V. Numa) sur la haine d'Aristide très forte chez les dominants ?

En se comportant en valets de ceux-là, les dominants qui, précisément, oppriment leurs parents, méprisent leurs origines et font semblant de les considérer en leur offrant quelques passe-droit ?

En s'auto déclarant "directeurs d'opinion" dont le boulot ne serait pas d'offrir aux auditeurs des clefs pour penser par eux-même, mais de "diriger l'opinion" ?

Les Haïtiens les appellent " jeran lakou"

Les colons les dénommaient " nègres de maison"

Diriger l'opinion dans quel sens et à partir de quelles analyses ?

En persuadant les esclaves d'hier qu'ils n'ont rien à gagner en maronnant, ni en tentant de se libérer ?

En endoctrinant les citoyens d'aujourd'hui en leur faisant croire que l'opposition n'a aucun programme et qu'il vaudrait mieux se résigner à accepter les turpitudes du gouvernement en place ?

Il y a des qualifications dont il vaudrait mieux éviter de se faire valoir.

Jean Dominique, journaliste haïtien progressiste et assassiné comme tant d'autres, eût à dire: 'Nous nous sommes battus pour la liberté d'expression et pour avoir des radios. Ils nous l'ont prise."

En effet, non seulement l'ensemble des grandes radio ont pour propriétaires des réactionnaires, mais de plus, la génération de journalistes qui a profité du combat des hommes et femmes progressistes, tels que Jean Dominique, travaillent pour ces radios (d'autres pour le régime Tèt Kale) et propagent les points de vue de leurs employeurs.

Bien évidemment, ce travail de désinformation se dissimule derrière une déclaration de neutralité, peinturlurée de fougue grenn-nanboundaïque, de revendications d'oeuvrer en faveur des intérêts du pays et de leçons de morale bidon évoquant une sorte d'Haîti paradisiaque d'avant 1986 (di tan divalye) assénées comme vérités incontournables, chrétiennes et bibliques.(nou mèt kwè mwen, pa gen manti nan sa; okay !)

Il faut prêter une oreille attentive aux tours et détours du langage de ces journalistes pour comprendre cette manière de faire.

Comme il m'est arrivé souvent de le dire ici, nous n'avons pas en Haïti, un observatoire des média, ni une association comme Acrimed qui analyse et déconstruit le discours propagé par les journalistes.

En fait, il n'existe pratiquement pas d'associations et de structures démocratiques haïtiennes. Elles ont été soit décapitées, soit cooptées.

Absence qui autorise ces journalistes à n'importe quelle duperie puisqu'ils ne sont sujets à aucun rappel à l'ordre, ni critiques constructives.

Ces paroles lancées sur les ondes et écoutées par des centaines de personnes charrient un discours conservateur, extrêmement choquant qui tourne autour de la marchandisation des individus.

L'étudiant, le candidat, le lauréat sont sommés d'apprendre à bien se "vendre" afin d' être "achetés" au meilleur prix. Les hommes et femmes politiques ne seraient que des prostitués dont il faut apprendre à monnayer les services aux meilleurs prix.

Pour finir, et c'était l'objet de ce long commentaire, je réitère cet avertissement.

Attention, les attaques contre la personne d'Aristide sont un leurre. C'est le peuple haïtien qui est visé.

Duvalier François l'Antillais, n'avait-il pas dit (cable de l'ambassade US en Haïti) que seul le peuple haïtien lui faisait peur ? Le reste il pouvait en faire son affaire.

D'ailleurs, la bourgeoisie et la communauté internationale s'étaient plus ou moins bien accommodées d'Aristide.

La lune de miel a pris fin quand celui-ci a commencé à être débordé par son électorat qui ne comprenait pas comment, une figure de l'anti-duvaliérisme, intégrait des duvaliéristes notoires dans son gouvernement, comment, un anti néo-libéral, acceptait la politique imposée par les FMI, BM, club de Paris et tutti quanti.

Ce n'est pas tant, la demande de remboursement de la dette de l'indépendance qui a fait tomber Aristide sinon qu'elle s'est révélée être une opportunité.

C'est le peuple haïtien, qui avait voté pour une politique inscrite dans le Livre blanc de la famille lavalas et son obstination à lutter pour cet idéal qui a sérieusement alerté les US lesquels ont passé la main à la France comme en Libye.

Ce Livre Blanc, fort peu connu du grand public haïtien (et pour cause!) a pour titre "Investir dans l'humain".

Tout un programme !

A l'opposé de celui des bailleurs de fonds plus enclins à investir dans des hôtels 5 étoiles et à "capitaliser" (courtoisie V Numa) sur les bas salaires haïtiens pour leurs industries de sous-traitance.

Mais cet" investir dans l'humain", paru en 1999 n'était pas encore vraiment grave, il pouvait être considéré, au contraire, comme ce que font les Tèt Kale avec leurs carna-veaux et leurs ti maman chéri, comme une posture/mposture populiste, un truc pour faire rêver le peuple et le faire tenir tranquille.

Mais, ce qui vraiment a défrisé l'international, c'est l'inventaire des richesses du pays inclus dans ce livre.

Quoi ! On pouvait découvrir, à partir de ce livre, qu'à l'inverse du discours officiel à base de "pays le plus pauvre de l'hémisphère ouest", que le pays possédait des mines, des terres rares, du marbre, une quantité de richesses dont l'exploitation pouvait, à long terme, le faire sortir de la mendicité, de la dépendance aux bailleurs de fonds et apporter un mieux-être à sa population.

Quoi ! Et si ce peuple à travers ses représentants au parlement, ses associations, ses syndicats se mettait à réclamer que lumière soit faite sur ce dossier ?

Alors là, c'en était trop. Ces informations devaient restées secrètes parce que le contenu du sous-sol haïtien doit exclusivement être exploité par des compagnies étrangères à leur seul bénéfice.

Vous avez entendu le silence qui a suivi les révélations pourtant fracassantes de l'ex-président de la raffinerie de pétrole de la RD.

Ni journalistes de la RD, ni d'Haïti, ni internationaux ne sont allés interroger ce monsieur sur ce qu'il entendait par un complot des oligarchies d'Haïti et de la RD alliées à la communauté internationale pour s'emparer des richesses d'Haïti.

Vous avez vu comment le patron du ministère des Mines, Bellerive le Premier ministre de l'époque ont d'abord nié avant de, finalement, se sentir obligé d'avouer dans le cadre d'une rencontre au Canada avec la diaspora que le pétrole et l'or existaient bel et bien dans le sous-sol haïtien.

Vous avez-vu avec quelle célérité, ce dossier a été enterré et n'a jamais, au grand jamais été traité en profondeur- voire abordé- par les journalistes qui se prétendent attachés à la cause du peuple haïtien et au développement du pays !

De même que les actions de ceux qui s'opposent à la politique d'asservissement aux intérêts étrangers menée par les Tèt Kale ne sont jamais abordées en profondeur.

Par exemple, la lutte des habitants de l'Ile-à-Vache contre la dépossession de leur environnement ne sera jamais mentionnée par ces journalistes. Ni l'emprisonnement de Jean Maltunès Lamy qui dure depuis des mois.

Le cas de l'abus flagrant fait à Jean Maltunès Lamy et à sa famille , jamais mentionné sur ces radios, dévoile clair comme cristal la supercherie de ces journalistes qui se présentent comme des défenseurs de la justice, de la démocratie et du bien collectif.

Attendez voir ! Le jour où ils se décideront d'en parler, ce sera sous un certain angle bien défini, afin de jeter une certaine suspicion sur Jean Maltunès Lamy qui sera présenté comme pas aussi clair que l'on a voulu le dire, pour expliquer que son emprisonnement était plus ou moins justifié parce que : d'après ce qu'une zotorite leur aurait confié en personne ( nou mèt kwèm) ce policier aurait à voir avec une affaire louche (mwen pap di nou ki sa li ye pou pa trayi ankèt la ) mais le cas demandait un supplément d'enquêtes, ce serait pour cela pour cela que la justice aurait décidé de le garder en prison, etc, etc.

Aussi simple que ça ! ( courtoisie V. Numa)

Sak gen tan gen la-a ! ( courtoisie Sweet Micky)

C'est ainsi que le jeune Noir tué à Ferguson a été présenté tout d'abord par les média réactionnaires des uSA comme un délinquant dans le but d'assassiner sa personnalité et de légitimer son assassinat par les policiers.

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