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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Un projet de tourisme en Haïti provoque des dommages sur l'environnement et la répression de la population. Par Bèv Bel

Publié par siel sur 17 Septembre 2014, 10:38am

Catégories : #REFLEXIONS perso

Prime Minister Lamothe visited Île-à-Vache from June 27-30, 2014 under the pretext of supervising the advancement of various tourism projects. But the real objective of the visit was to continue the flow of lies, propaganda, and support for the machine of repression on Île-à-Vache. To prepare for this visit, the state promised households 10,000 gourdes (approximately US$220) each to help finance microbusiness [if they came to] Lamothe’s public meeting. People did receive something for coming out, but it was far from the 10,000 gourdes they were promised. When people arrived, they received bags of rice, cans of oil, and candy from the hands of Lamothe and his people. After the visit there appeared 20 motorcycles without plaques, cell phones which allowed for the state to maintain surveillance on the population, more police and military personnel, three new police cars, and three new judges. The government commissioner was replaced.

On top of that, police visited members of the Peasant Organizing Collective of Île-à-Vache (KOPI) at their homes, with arrest warrants in hand. Most importantly, the inhabitants of Île-à-Vache no longer feel safe because of a number of members of the Haitian National Police, specifically the UDMO [the Department Unit for the Maintenance of Order], who are circulating the island heavily armed, and intimidating the populace. This has continued despite the numerous human rights violations that organizations have already documented on the island.

Traduction :
Le PM Lamothe s'est rendu à l'Ile-à-Vache du 27 au 30 juin 2014 sous le prétexte de vérifier l'avancement des nombreux projets touristiques; mais le véritable but de la visite était de continuer à déverser un flot de mensonges, de propagande et d'apporter son soutien à l'entreprise de répression à l'Ile- à-Vache. En préparation à cette visite, l'Etat avait promis aux résidents 10 000 gourdes (approximativement 220$ us) à chacun afin de les aider à créer des micro-entreprises ( s'ils se rendaient) à la réunion publique de Lamothe.
Les gens ont effectivement reçu quelque chose mais ce quelque chose n'avait rien à voir avec les 10 000 gourdes promises.
A leur arrivée, les personnes présentes ont reçu des sacs de riz, des bouteilles d'huile et des bonbons des mains de Lamothe et de son entourage.
A la suite de leur visite, sont apparues 20 motos sans plaques d'immatriculation, des téléphones cellulaires, plus de policiers et de militaires, trois nouvelles voitures de police et trois nouveaux juges. L'ancien commissaire du gouvernement a été remplacé.
En plus de tout ça, la police s'est rendue au domicile des membres de l'association du Collectif des paysans de l'ile-à-Vache (KOPI) avec des mandats d'arrêts. Plus grave encore, les habitants de l'Ile-à-Vache ne se sentent pas en sécurité parce que des membres de l'UDMO (le corps de policiers chargé du maintien de l'ordre) qui circulent à travers l'île sont lourdement armés et intimident les gens. Cette situation se poursuit en dépit des nombreux cas de violation des droits de la personne déjà répertoriés par des organisations.

Very sad indeed. C'est triste oui, de même que la plupart des actions de ce gouvernement d'extrême-droite qui applique le plan de recolonisation du blan tel que décrit par James Petras ici :

"Depuis les 2 dernières décennies, l'Amérique Latine a expérimenté une recolonisation pa invitation : les gouvernements ont offert des millions d'hectares de terres exploitées sous la quasi exclusive juridiction de consortiums géants de mines et de plantations. Ces dons de terres sont accompagnés d'exploitations des mines et de droits sur l'eau, la permission de contaminer et l'utilisation de l'état pour expulser les habitants, pour réprimer toute rébellion au sein des communautés, et la construction d'un réseau de transport pour desservir la plantation coloniale offerte. L'expression " accumulation du capital par dépossession" est trop étroite et imprécise. Le concept " recolonisation" restitue mieux le transfert à long terme de la souveraineté sur la santé, les ressources naturelles; et les lois et règlements " coloniaux" particuliers qui exemptent ces conglomérats gigantesques de ce qui auparavant était considéré comme relevant de la "souveraineté nationale. "http://elsie-news.over-blog.com/2014/09/les-deputes-fractionnent-le-pays-pour-exercer-un-controle-sur-la-population-pour-le-blanc.html

Le non-respect de la personne humaine, paradoxale pour un pays qui a été le premier à remporter une victoire contre les esclavagistes, est constitutif de l'histoire d'Haïti.

Et aucune personne, quelle que puisse être son origine sociale n'est à l'abri d'abus.

L'extrême-droite haïtienne arrivée au pouvoir en 1957 avait commencé fort dans cette tradition, en faisant violer par ses hommes de mains la journaliste Mme Hakim Rimpel oppoante à Duvalier, avant même que son leader Duvalier François soit élu à la tête de l'Etat de la manière que nous connaissons, en terrorisant ses adversaires dont les Jumelle sauvagement assassinés.

Mme Hakim Rimpel, se relevant de son trauma là où elle avait été abandonnée par ses bourreaux, s'était dirigée vers la maison d'une personne amie, croyant y trouver du secours. Hélas, l'ami était un suppôt du régime et a préféré fermer sa porte à cette femme en sang et épuisée.

Les héritiers des Duvalier installés par les USA à la tête d'Haïti aujourd"hui, pour garantir les intérêts des financiers agissent exactement de même. On croirait un copié/collé. Un scénario revisité : Les bourreaux, le retour.

Propagande et sourde répression constituent les 2 mamelles de leur administration. Propagande pour flatter la classe moyenne qui -comme les ravis de la crèche, bouche ouverte s'exclament "oh, ah Oasis, c'est bon, c'est bon"- et espère tirer quelques bénéfices de cette opération de dépossession de leurs terres, de leur environnement et de ressources humaines, naturelles et minières de leur pays.

Cette classe moyenne n'a pas tiré de leçons de l'expérience du militaro/macouto/duvaliérisme - ceux qui auraient pu leur expliquer le fonctionnement interne de la répression sont décédés, ont quitté le pays, se taisent par peur d'être à nouveau la cible des démons.

Le cas emblématique de Mme Hakim Rimpel, sa demande de secours refusée, aurait dû leur faire comprendre que si, aujourd'hui ce sont les paysans, demain ce sera peut-être eux et il n'y aura personne pour leur venir en aide.

Dans le climat actuel en Haïti se retrouve certaines correspondances avec l'ambiance troublée qui y régnait en 1956 en péparation à l'élection/sélection de Duvalier François, l'homme des Américains.

A cette époque, sans qu'on y prenne garde la répression frappait à la porte d'un tel, d'un voisin, d'un ami, d'un homme politique, de militants, d'avocats. Les gens pratiquement se félicitaient d'être épargnés et n'osaient même plus saluer leurs voisins et même des membres de leur propre famille stigmatisés par le régime.

De fil en aiguille, comme dans la parabole de la grenouille qui s'habitue chaque jour à de l'eau un peu plus chaude jusqu'à en crever, entre silence et chuchotements, exil forcé, liste de kamoken (opposants à Duvalier) interdits de quitter le pays -comme aujourd'hui- entre bastonnades, humiliations, emprisonnements, tortures, disparitions, vols et viols, chacun s'est accommodé avec la répression soit en faisant profil bas, (silence on tue) soit en s'acoquinant avec les bourreaux. Le pays, année après année, a dégringolé; la pauvreté, par contre, a monté en puissance.

Tandis que dans le même temps, une minorité s'enrichissait et étalait sans vergogne, et je dirais même avec un plaisir pervers, son luxe de parvenus au regard d'une population affamée, méprisée et illettrée dans son ensemble.

Ce passé terrifiant dans ses moindres recoins a été, par une opération savamment montée par les USA, via les média et les zentellectuels collabos, révisé et présenté (le fameux di tan divalye de V. Numa)! comme un eldorado dénigré injustement par les Kamoken, les progressistes, la go-gauche (expression d'un ex-prêtre, ex-duvaliériste, devenu ministre sous le régime des militaires qui a succédé à la chute de Duvalier J-Cl.)

Aujourd'hui, nous sommes face à une nouvelle donne. Le capital financier est entré dans la danse. Et ce n'est pas de la blague. Ces gens-là ne plaisantent pas. Vous avez vu le témoignage de M.Perkins sur les assassins financiers dont il a fait partie, publié à plusieurs reprises sur ce blog.

Des Juge Joseph, des Mathurin, des Aristide, des Newton Saint-Juste, André Michel, des Myrlande Manigat, des 6 avocats nuisibles, des Florestal, etc tout ça doit être "mangé" de la manière la plus adéquate à chacun des cas.

Le but est clair comme l'eau de source : exploiter les richesses d'Haïti au profit du blan et distribuer quelques backchich à ceux dont le boulot reste uniquement d'assurer la répression et de peinturlurer une facade de démocratie (élections ! élections !) dont les résultats doivent être contrôlés.

Et dans cette parodie, les Haïtiens sont conviés à jouer le rôle d'en être les instigateurs, les fauteurs de troubles, les irresponsables, les contempteurs d'eux-mêmes.

Rappelez-vous du mot de Soros, lors des élections au Brésil qui déboucheront sur la première présidence de Lula. Soros faisait campagne pour le candidat de droite. A cette occasion il déclara, sans détours, aux Brésiliens qu'ils ne comptaient pas. " C'est l'empire qui décide " ont été ses propres mots.

La nouvelle donne en Haïti, à partir de 2004 a été que l'empire décidait. En finir une fois pour toutes avec les expériences de démocratie qui ne donnent pas malgré leur boycott organisé les résultats voulus.

Pour atteindre ce but, ils ont ressortis la bande et l'arrière bande de ce que Haïti comptait comme anti-démocrates féroces, les ont grimé en démocrates dan griyen. Et hop ! Tout ce monde rosi mis aux ordres pour accomplir le sale boulot. Car l'empire évite de se salir les mains. C'est aux nègres de faire les bayakous, de virer les excréments.

Haïti ouverte aux affaires, le slogan répété ad nauseam par les femmes et hommes Tèt Kale porteurs de bracelets roses , n'a pas été inventé par Lamothe. Il le lui a été suggéré comme argument de "vente" pour enfumer la classe moyenne, l'isoler du peuple, de manière à désamorcer une possible oppostion intellectuelle à leur plan de recolonisation/dépossession.

Pour barrer le peuple, la Minustah est là. Pas de soucis.

Cependant, quelques rares secteurs d'Haïti résistent à cette dépossession organisée.

Démonisons-les, emprisonnons-les, achetons-les et si cela ne devrait pas suffire pas tuons-les.

Imaginez, ne serait-ce qu'une seconde qu'on aurait appris qu'un Premier ministre d'Aristide aurait acheté des armes de guerre en Israël. Mezanmi, Human Rights Watch, l'assoc financée par Soros et l'ensemble des organisations internationales des droits de l'Homme, qui regardent ailleurs aujourd'hui, auraient lancé des campagnes pour en informer le monde entier : "le dictateur s'arme, les Tutsis d'Haïti sont menacés par les Hutus d'Haïti "

Autre exemple, la RNDH qui recevait un paquet de fric au moment où elle était engagée dans sa campagne pour la démonisation d'Aristide, a vu, depuis, son budget diminuer de moitié.

La question reste, que peuvent faire les Haïtiens non formatés contre cette entreprise organisée, financée et militarisée de dap piyan sur leur pays ?

A l'inverse de ce qu'on laisse entendre, Ils ont tous les atouts en main pour ne pas se laisser dépouiller.

Mais, il faudrait d'abord qu'ils soient conscients de l'envergure de ce qui est planifié et qui n'exclue pas de les foutre à la porte de leurs propre pays à long terme, qu'ils évaluent les stratégies de leurs adversaires pour les contrecarrer.

Pour l'instant, malgré, minustah, choléra et pauvreté en augmentation, les élites continuent à rêver aux bénéfices secondaires à court terme que leur rapportera cette spoliation quasi-maffieuse des ressources de leur pays et sa perte de souveraineté.

Elles sont heu-reuses et attendent avec impatience le miracle du blan qui va remplir leur compte en banque.

Et les miséreux pas heu-reux du tout, laissés à leur sort sans boussole, se débrouillent comme ils peuvent pour éviter de se faire "manger" dans ce marigot infect bourré de requins.

Quant à la diaspora, elle prie pour que le blan ait la magnanimité de lui laisser quelques acres de terre et une bourrique pour prendre une retraite à bas prix.

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