Il est tout à fait curieux de lire les réflexions des commentateurs suite à cet article. dont l'auteur comme d'hab, ne dit rien de concret, se contentant de ménager le chou et la chèvre.
Notez qu'il y a là un relatif progrès, auparavant, il se serait plu à vanter la bonne volonté des Tèt Kale, à vilipender ceux qui troublent la fête.( Les enfants issus de familles mono-parentales, les Noirs qui doivent du respect aux Blancs, les kamoken, kamikazes, les nuisibles)
Ou suite à celui-ci, où l'ancien membre des FAD'H,(armée d' Haïti) devenu ministre de la Justice ( on aura tout vu en Haïti. Vous savez combien de personnes des militaires, comme celui-ci, ont envoyé à Titanyen sans passer par la case justice ? ) prépare sans mots couverts une répression de l'opposition- en passant par la méthode duvaliérienne du complot. (Sauveur Pierre Etienne n'avait-il pas, auparavant, lui aussi dénoncé un complot de l'opposition qui aurait été financée par certains milieux de la R D ? Berk !
D'aucuns parlent de sédition en invoquant la révolution française.
Curieux.
Je vous laisse aller chercher la définition du terme sédition.
Il est pour le moins bizarre de qualifier de sédition, la révolte d'un peuple contre l'oppression, symbolisée par la prise la Bastille.
Pour rester dans cette logique, 1804 aurait donc été un acte de sédition, s'agissant d'une lutte contre le statu quo, à savoir celui du système'esclavagiste;
C'est assez cocasse, mais pathétique, ce type de raisonnement chez des Haïtiens au regard de leur histoire.
A croire qu'ils en viendraient à regretter "la sédition" menée par Toussaint Louverture, Dessalines, Pétion , Christophe et les autres qui leur aura permis de sortir de l'esclavage que Napoléon voulait rétablir sur l'île.
Alors que Lamothe/Martelly n'ont pas respecté les échéances électorales et ont tout fait pour cela dès le départ avec ces nominations de maires, pour ces commentateurs seuls l'opposition et les parlementaires sont responsables.
A chaque fois que je lis ce type de considérations, j'en suis décontenancée. Et très pessimiste par rapport au devenir d'Haïti -ce genre de niaiseries étant très présentes sur les réseaux sociaux, on peut craindre qu'elles soient avalées.
Ca me donne l'impression que ceux qui les commettent ont tout bonnement le cerveau à l'envers, autrement dit leurs grenn dans leur bounda. Un exploit s'il en est !
C'est ainsi que j'avais noté dès sa campagne, que M. Martelly raisonnait, agissait comme un enfant du pays. C'est-à-dire, ayant les valeurs et réflexes de la catégorie de personnes biberonnées à l'autoritarisme et à la servitude volontaire dont il s'est entouré.
Sanon, en est le prototype, mais la cour est en pleine, moins sous les feux de la rampe comme les Brunache 2, les Delva 3, les Guillaume 4, les Cinéas 5, les Raymond, 6, les Mayard Paul frères, les Max Adolphe, Saint Lot filles, et Cie.
Il en existe une pléiade au sein du pouvoir, dont les patronymes sont liés aux épisodes les plus sanglants de l'histoire contemporaine haïtienne et avec lesquels une société démocratique se devrait de se dissocier.
Las ! Un peuple sans mémoire est un peuple sans devenir.
Imaginez au Chili, un ex-militaire de l'époque de Pinochet, nommé ministre de la Justice !
Ces gens de peu évoquent toujours la fin de la dictature comme la fin du paradis.
Normal, ils se trouvaient, eux, au paradis de la prébende du gros bleu et du kaki;
Et, si on suit leur logique, le dysfonctionnement de l'Etat serait imputable à la tentative de transition démocratique.
Ils oblitèrent sciemment que l'échec de cette transition démocratique est dû, dès 1986, à leurs magouilles, manigances, assassinats, complots, coups d'état visant à la faire échouer en déstabilisant le pays.
Ce que font les roses Lamothe/Martelly, relève de cette exacte et même politique.
Refuser de respecter la constitution, inventer toutes sortes de bêtises, allant du port du bracelet rose, aux carna-veaux en série, aux distributions de motos, aux gouvernements lakay et autres trucs grotesques qui n'ont strictement rien à voir avec la démocratie.
A cela, il faut ajouter des faits plus graves, dont la tendance à utiliser l'argent de l'Etat comme si c'était le leur, en évitant d'apporter au public -ce qu'il est en doit d'attendre- un rapport précis et détaillé sur leur utilisation;
La mise en coupe réglée de la justice et de la police devenants des instruments au service des dirigeants Lamothe/Martelly et leurs subalternes.
Quant à la presse, il suffit de lire le seul journal d'Haïti pour voir à quel point, son souci les principal est de ne pas déplaire à Lamothe/Martelly et bien sûr à ceux qui en sont les patrons.
Les dits directeurs d'opinion sur les radios, loin d'être progressistes, font dans le zen, le spectaculaire, les analyses biaisées, la fausse objectivité, qui ont pour but de noyer le poisson, de divertir, de détourner les regards des vrais problèmes.
D'ailleurs, le fait même qu'il n'existe qu'un seul journal en Haïti, montre le déficit de démocratie.
Il suffit de comparer avec l'offre de presse en RD voisine, qui a une population moindre. Et pourtant, les Dominicains se plaignent d'un manque d'information, ou plutôt d'une information qui passerait au tamis des dominants avant de leur parvenir.
Bref, pour faire court, ce que l'on peut retenir de ces commentaires, c'est que tout est de la faute de la démocratie. parce qu'au départ de Duvalier J-Cl, il y a eu une nouvelle constitution qui avec ses lois, ses contraintes, ses obligations, seraient une entrave à la volonté du chef suprême, de ces excellences roses en posant des limites à leur pouvoir.
Alors que, partout dans le monde, les peuples réclament de leurs dirigeants le respect des lois qu'ils se sont données pour administrer le pays, certains Haïtiens, à l'inverse, les prient de ne point les respecter et d'user du pays comme s'il était leur propriété privée.
Etonnant, non ?
L'opposition progressiste haïtienne - pour ce qu'il en reste- a manqué de rigueur.
Elle n'aurait jamais dû laisser les choses en arriver là.
Elle a cautionné les premières dérives de Lamothe/Martelly, elle a fermé les yeux sur les accusations de pot-de-vin qui auraient été versés par Bautista en échange de contrats, de même pour les taxes illégales prélevées sur la diaspora, de même pour les budgets gérés par l'épouse et le fils du président, la nomination illégale de celui qui se trouve à la tête du système judiciaire, etc.
Ces diverses et multiples entorses graves à la démocratie, acceptées dès le départ, ont ouvert la boite de Pandore.
A partir de cela Lamothe/Martelly se sont vus ouverts un boulevard pour ridiculiser les institutions et conduire le pays dans un chaos voulu, propice à leur agenda de mèt dam, d'autocrates tyranniques.
Opération de dechoukaj de la dignité et de déboulonnement de la démocratie, d'autant plus facile à mettre en place, que les graissages de pattes, les passe-droit, les vols avérés, les fonctions de complaisance, les 4X4 de luxe et autres signes extérieurs de richesse- comme sous J-Cl Duvalier- largement utilisés- grâce au crédit de petrocaribe (on ne dit pas merci au Venezuela pour ce coup ci ), ont acheté les consciences de ceux qui en avaient encore un chouya (un petit reste).
Aujourd'hui, ce n'est pas l'opposition progressiste - elle sait naviguer entre deux eaux (ou plusieurs) pour sauver sa peau et son portefeuille- mais la population haïtienne qui fait les frais de la couardise et de la vénalité de cette opposition, qui, au lieu de porter son combat pour la justice et la démocratie de manière systématique et politique, l'expose dans la rue dans un conflit où le peuple se retrouve mains nues face aux militaro/macouto/duvaliéristes.
On peut dire, il faut le reconnaître, que les "avocats pauvres" qui font ce qu'ils peuvent et avec les moyens du bord, de même que le 6 sénateurs "kamikaze" vilipendés par le couple Clinton et les béni-oui-oui de la communauté internationale, et le sénateur Moïse qui s'emploie à apporter des informations aux citoyens haïtiens, que sans eux Lamothe/Martelly auraient déjà atteint leur but qui est de subjuguer la société haïtienne afin de servir les intérêts étrangers et leurs propres cassettes.
C'est assez ironique de voir ces gens-là qui sont arrivés au pouvoir en clamant leur volonté de rupture avec le statu quo et qui ont pour slogan " la première fois", s'inscrire profondément dans la continuité des dirigeants haïtiens soumis aux diktat économique de l'nternational, accapareurs des biens nationaux, tout en faisant semblant de se soucier de la population.
C'est ignoble. Mais pas pour "la première fois". Duvalier François tenait un discours similaire
Je ne sais pas si le nouveau pape François a l'intention de visiter Haïti, mais s'il le fait, il ne pourra que répéter les paroles de Jean Paul II "Il faut que quelque chose change ici"
Parce que, c'est un fait que nous sommes revenus à la case départ avec les mêmes individus nocifs ou leurs progénitures. (courtoisie M et Mme Clinton) avec l'exact et même langage : tourisme, tourisme ! blan, blan ! et le même mépris de la population ; pon pon klaxon des zotorités, madan zara agressées à la Saline, Sanon sortant communiqués après comuniqués pour affoler la popualtion, prisonniers politiques et bamboches à gogo.
Dans le même temps, on lit ça, ici
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