Avec des si ...
Que vaut ce rappel de l'Uruguay - qui détient avec le Brésil le plus important contingent de soldats au sein de la Minustah ?
Mujica n'avait-il pas donné 90 jours au gouvernement haïtien en octobre 2013,"pour qu’il complète le Senat, renouvelle les postes à la chambre basse ainsi qu’au niveau des collectivités territoriales. "
C'était en octobre 2013.
Nous sommes en novembre 2014.
Un an plus tard rien n'a bougé.
Martelly n'a pas fait d'élections et les soldats de l'Uruguay sont toujours là.
Et, hier, Correa , le président de gauche de l'Equateur, déclarait sans rire que Martelly avait " renforcé les instutions de l'Etat."
Aussi, c'est avec beaucoup de doutes et suspicions qu'on se doit de considérer cette prise de position uruguayenne.
Laquelle peut se révéler n'être qu'une posture permettant de faire courir le temps.
D'autant plus qu'il va y avoir un 2ème tour d'élections en Uruguay et que celui qui remplacera Mujica à la présidence peut, tout aussi bien, (USA oblige) caresser les Lamothe/Martelly comme Correa vient avec maestro de le faire.
Les pays d'Amérique du Sud ont abandonné Haïti, chasse gardée des Occidentaux (USA, France, Canada, Allemagne, Espagne, groupe CORE, Club de Paris et tutti quanti, et patatati et patata).
Une politique, à l'inverse de ce que dit M. Correa, qui n'est pas désintéressée.
Ils ont leurs raisons.
La reconnaissance a des limites.
C'est chacun pour soi, en espérant que le puissant voisin aura l'obligeance de reconnaître ce service rendu et de les laisser un peu tranquilles.
Tous ces dirigeants des pays d'AM du Sud ont des armées super-équipées, lesquelles, comme au Honduras récemment, peuvent revenir à leurs anciennes pratiques avec un petit ou grand coup de pouce de la CIA.
Pourtant, le temps des dictatures n'est pas si loin qu'il faille, pour ces dirigeants, se comporter comme si c'était une histoire très ancienne et que l'ennemi d'hier n'était pas toujours bien vivant.
C'est donc un calcul qui, à long terme, ne tient pas la route.
Et pourrait même se retourner contre ces dirigeants de gauche.
Parce que, plus vous offrez de gages de servitude à l'empire, plus vous lui donnez de moyens pour vous asservir et/ou vous détruire.
Noriega au Panama, Saddam Hussein en Irak ont payé cher pour ne pas en avoir tenu compte.
Cependant, sans aller jusqu'à approuver l'allégeance de Correa à l'empire, on peut comprendre la prudence de ces chefs d'Etat.
Quel dirigeant voudrait voir le combat qu'il mène pour installer la paix, la stabilité et la prospérité dans son pays, menacé, mis en péril pour les beaux yeux des Haïtiens ?
Lesquels, de leur côté, sont incapables de lutter pour la défense des intérêts de leur propre population.
Nombreux sont les cas où les dirigeants haïtiens n'ont pas été à la hauteur de leur fonction de protéger leur population.
Exemples parmi tant et tant d'autres : le sort fait aux Haïtiens aux Bahamas, en RD, le choléra et la responsabilité de l'ONU,les viols des soldats de la Minustah dont celui fort connu commis par ceux de l'Uruguay, cas où l'affaire s'est résolue en échange d'une sorte de pot-de-vin à l'exécutif, un argent passé directement des mains de l'Uruguay à celles de l'Exécutif, sans même que le Parlement en ait été informé. Ou qu'on en retrouve la trace dans le budget de l'Etat.
Haïti, cheval de Troie des US
Le gouvernement de droite de Martelly/Lamothe représente le Cheval de Troie des USA. C'est clairement le maillon faible de la chaîne des pays dans la région qui tentent de sortir de la soumission au diktat des USA. Haïti elle, est complètement enchaînée de bas en haut , de haut en bas par une communauté internationale qui lui choisit son président- le dernier de la classe en le faisant passe pour " supérieurement intelligent", finance ses élections, assure sa sécurité via la Minustah, remplit les fonctions régaliennes de l'Etat via les ONG et contribue à hauteur de 50% à son budget.
Ces dirigeants de gauche d'Amérique du Sud se retrouvent - ils l'ont cherché- avec une patate chaude dans les mains.
S'ils la lâchent les USA se fâchent, s'ils la gardent, ils se brûlent.
Correa, lui, a résolu le problème à sa manière, pragmatiquement, en décidant de l'avaler (la patate) en organisant un festin avec flonflons, levée de la garde, discours langue de bois, et autres rituels républicains, pour faire passer, aux yeux des Equatoriens, le non-démocrate Martelly pour le démocrate qu'il n'est pas.
Dommage, je le pensais plus amarré dans ses convictions.
L'injure faite au peuple haïtien par Correa
Et aussi plus sincère. Comment maintenant croire un chef d'état de gauche capable d'avancer qu'il "admire Martelly pour avoir renforcé les institutions de l'Etat" ? Alors que chacun peut constater que depuis son arrivée, au contraire Martelly n'a eu de cesse de déstabiliser ces structures. c
Entre la nomination d'agents intérimaires de l'exécutif par Martelly himself pour remplacer les maires, la nomination à la tête du CSPJ d'un juge qui ne remplit pas les conditions d'admission à ce poste, les taxes prélevées illégalement sur la diaspora, la non tenue d'élections à quelque niveau que ce soit au cours de son mandat, on peut dire, sans risque de se tromper, qu'en dehors de la dictature des Duvalier et des régimes militaires, Martelly est le présdent à avoir le moins conribé à l'installation d'un Etat de droit dans le pays.
Or, Correa, qui n'est pas comme Martelly et écoute lui la radio et lit les journaux, sait tout ceci parfaitement. Donc, il ment sciemment. C'est donc une injure qu'il fait au peuple haïtien en présentant une réalité contraire à ce qu'il vit.
Il reste à comprendre dans quel intérêt.
/http%3A%2F%2Fwww.alterpresse.org%2FIMG%2Fjpg%2Fico_alt.jpg)
Haïti-Minustah : Le retrait de l'Uruguay encore à l'ordre du jour
mercredi 12 novembre 2014 P-au-P, 12 nov. 2014 [AlterPresse] --- Le gouvernement uruguayen demeure en alerte vis-à-vis de la situation politique haïtienne et analyse de manière permanente le ret...
Commenter cet article