A qui appartient l'île de la Gonâve ?
On ne serait pas surpris d'apprendre que le même Duvalier François l'ait vendu à un quidam qui passait par là.
Pour combien d'années les héritiers de Duvalier François, actuellement au pouvoir, ont-ils cédé les droits d'exploitation de l'île-à-Vache ?
Et à qui ?
Qui savait, en dehors des gwo zouzoun mentionnés dans l'article du Miami Herald, qu'une partie de l'Ile de la Tortue n'appartenait pas à l'état haïtien ?
Cette cession de droits d'une partie du territoire national à un individu dans l'opacité totale par un DF, est un exemple du fonctionnement d'une dictature. A savoir le chef suprême considère le pays - dont il n'est même pas originaire- comme son bien personnel.
Voici un exemple qui nous montre aussi comment ces pratiques dictatoriales ont perduré après 1986. Et pourquoi, les élites haïtiennes restent muettes face aux deals des Lamothe/Martelly/Balmir-Villedrouin sur l'Ile-à-Vache, Côtes de Fer, le bas de la ville où ils projettent, après en avoir expulsé les habitants pour cause d'utilité publique, de construire des casinos et centres commerciaux privés.
Qu'est ce qui empêchait les gwo zouzoun du temps de Préval d'informer de cette situation la population ?
D'en faire un débat publique afin de trouver tous ensemble : société dite civile, parlementaires, intellectuels and so on, une solution à ce problème ?
Rien, si ce n'est un état d'esprit, un mode de fonctionnement quasi-mafieux qui voudrait que les affaires du pays ne concernent que quelques initiés, les seuls à pouvoir éventuellement en bénéficier.
Donc, le Miami Herald nous raconte qu'un Texan du nom de Pierson a hérité de son père un contrat passé avec Duvalier François qui lui octroie la possession d'une part des côtes de l'île.
Or, Lamothe/Martelly/Balmir Villedrouin ont signé avec une compagnie du nom de Carnival, un accord de principe devant permettre à cette compagnie d'investir 700 millions US dans la construction d'un port de croisière.
M. Pierson a déclaré qu'il a en mains les papiers, dont copie a été faite dans Le Moniteur en date du 5 avril 1971, qui montrent que le gouvernement haïtien a délégué à la compagnie de son père l'ensemble des droits d'exploitation de l'île.
“The Haitian government delegated all authority to issue commercial licenses on Tortuga to the freeport authority, and this agreement remains in effect,"
Pierson met en garde Carnival sur les risques encourus par la compagnie si elle tentait de passer par dessus ses droits en faisant son deal avec le gouvernement.
Pierson dit, qu'à chaque fois qu'il y a un nouveau gouvernement en Haïti, les officiels lui demandent de venir les aider. Il les a rencontrés en Haïti, puis à Miami, puis à l'aéroport (de Miami.) Maintenant, dit-il, il ne bougera pas d'un pas. Il attendra que eux se déplacent parce que, d'après lui, cette histoire sans fin a brisé son père.
Le journal s'interroge sur comment une partie d'Haïti a pu être cédé pour 99 ans à une personne. Il explique ça par le caractère egomaniaque de Duvalier qui a voulu rencontré le père de ce Pierson quand il a appris que celui-ci avait un bateau, naviguant dans les eaux internationales, sur lequel il avait une radio qui émettait des chansons des Beatles, à ce moment là interdits d'antenne en Grand Bretagne.
Finalement pour x raisons, Pierson père a dû arrêter sa radio.
Il a pensé vendre son bateau et en a fait l'offre à de nombreux pays-via leurs ambassades aux US
Alors, tenez-vous bien ! Duvalier voulait acheter le bateau. Et vous savez pourquoi ?
“The idea was to have the ship go around the world beaming,‘We love Papa Doc,’ ” Pierson said. “
L'idée était d'avoir le bateau naviguant à travers le monde et scandant " Nous aimons papa doc"
Notons au passage que ce serait tout à fait le genre d'idée qui pourrait venir à l'esprit de Martelly, Monsieur "moi je". Un bateau naviguant dans les eaux internationales et scandant :" Nous aimons Martelly, quand il nous dit d'aller à droite, nous allons à droite "
Pour revenir à Pierson père et Duvalier, la vente du bateau n'a pas pu se faire, le gouvernement ne disposant pas de suffisamment d'argent.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Arthur Bonhomme (oui, oui l'ascendant de celui qui est Tèt Kale présentement) ambassdeur d'Haïti aux US à l'époque, a demandé à Pierson d'aider le gouvernement.
Et c'est ainsi que Pierson père a créé une compagnie, etc. Par la suite, l'histoire continue avec l'apparition de Cambronne envoyé par Duvalier fils voir Pierson pour lui demander de l'argent. Refus. Le gouvernement de Duvalier fils lui fait un procès pour défaut de paiements dus selon l'accord. Faux répond Pierson, les chèques ont été faits au nom du ministre des Finances ( lequel ?)
Bref, toute une saga qui dure depuis 1971.
Ajourd'hui Pierson déclare :
“This decades-long claim can realistically be resolved only in a way that directly addresses the difficulties of the past… and provides significant future benefits for all parties — not just me and my family, and not the Haitian government du-jour — but the people of Haiti,”
Cette longue affaire pourra se résoudre uniquement d'une manière qui prenne en compte les difficultés passées et bénéficie à toutes les parties- pas seulement à ma famille et à moi - et pas au gouvernement haïtien du-jour- mais à la population d'Haïti.
La balle se trouve maintenant entre les mains de Carnival et du trio fulgurant de "Haïti is open to business" : Lamothe/Martelly/Balmir-Villedrouin.
Carnival deal for Haiti island hits snag
A decades-long dispute between a Texas family and Haiti over a 99-year-lease could derail plans by one of the world's largest cruise lines to help transform Haiti's Tortuga island into a tourism ...
http://www.miamiherald.com/news/nation-world/world/americas/haiti/article4285707.html
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