/http%3A%2F%2Fs1.lemde.fr%2Fimage%2F2015%2F01%2F12%2F534x0%2F4554212_6_495f_lors-d-une-manifestation-appelant-a-la_4b78915c0d2e341dcf3d50569b3e03d2.jpg)
A Haïti, l'impossible reconstruction
Le Monde | * Mis à jour le | Par Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant) Les manifestations antigouvernementales ont provoqué la démission du premier ministre, Laurent Lamothe, en ...
Plusieurs projets ont tourné au fiasco. Inauguré en 2011 par le président Martelly et Bill Clinton, le complexe Le Zorange est à l’abandon. Les infrastructures n’ont pas été construites et les maisonnettes n’ont jamais été terminées. Même constat à Morne-à-Cabrit au nord de Port-au-Prince. Ce projet de 3 000 logements sociaux, financé à hauteur de 44 millions de dollars par PetroCaribe, le fonds de coopération vénézuélien, a été inauguré en mai 2013. Sans services, trop difficile d’accès, sans emploi à proximité et avec des loyers trop élevés, ce projet est un échec. La plupart des logements, à l’abandon, ont été vandalisés. Une cinquantaine de pays et d’organisations internationales ont promis 12,4 milliards de dollars d’aide humanitaire et de développement et d’annulation de dette après le séisme. Selon le dernier décompte des Nations unies, 80 % de ces fonds ont été déboursés. D’après une récente évaluation du cercle de réflexion américain Center for Economic and Policy Research, les grands bénéficiaires de l’aide des Etats-Unis n’ont pas été le gouvernement ou les entreprises haïtiennes, mais des compagnies américaines bien introduites à Washington. Dans un rare document autocritique publié le 4 décembre 2014, le Fonds monétaire international reconnaît que la croissance attendue de la reconstruction n’a pas été au rendez-vous. Outre « la faible capacité d’absorption de l’Etat fragile » haïtien, le FMI constate « l’efficacité moindre que prévu de l’aide ».
Commenter cet article