J'avais lu les propos tenus par le président du campus.
On le sentait à la fois exaspéré et dépassé par la situation.
Jusqu'à jeter de l'huile sur le feu.
Car, déclarer que les professeurs sont non professionels et que les étudiants se comportent comme des bandits, ce n'était évidemment pas la bonne route pour établir un dialogue.
Parce que, si vous mettez contre vous à la fois les enseignants et les étudiants, c'est le coeur même de l'institution sous votre direction que vous attaquez.
Après ça, avec qui dialoguer ?
Avec le personnel administratif ?
Mais ce qui m'avait le plus étonnée, c'est qu'à part les jugements négatifs et peu constructifs sur les professeurs et les étudiants - dont je ne doute pas une seconde de l'arrogance qui est générale en Haïti chez tous les "save", surtout depuis la restauration duvaliériste.
Car, en dehors de tout ce qui a été dit sur les duvaliéristes, un de leurs traits communément partagé, c'est l'arrogance. Arrogance qui se manifeste à toutes les strates, elle va du chauffeur de "gwo zouzoun" au "gwo zouzoun" lui-même.
Une absence de modestie que l'on a pu remarquée, chez les porte-parole de la présidence : "Je suis un intellectuel, moi Monsieur"" et chez celui de la Primature, le médecin en surpoids qui traitait l'opposition de cafards et se proclamait "très intelligent". Ceci restant encore à démontrer.
Quoi qu'il en soit, cette arrogance des étudiants haïtiens qui ont un comportement similaire ici également à Paris, ne donne pas quitus au président pour entrer lui-même tête baissée sur le même terrain, dans le jeu de la provocation avec des paroles quand même assez dures, allant même jusqu'à évoquer le fait que ces étudiants ne trouveraient pas d'emploi à la fin de leurs études. Une menace à peine voilée.
Or, il s'agit d'une crise qui comme toute crise occasionne des comportements passionnés, irrationnels, extrémistes; Ce n'est pas parce qu'à un moment x les étudiants se conduisent comme des voyous, selon les dires du président, que ce comportement perdurera.
Des gauchistes du temps de leur jeunesse ne sont -ils pas devenus des conservateurs ?- voire des plus que parfaits réactionnaires. Les exemples en ce sens abondent. L'inverse étant plutôt rare.
Donc, ce qui m'avait le plus étonnée, c'est que dans cet article qui donnait la parole au président du campus, à aucun moment nous n'étions informés des revendications des professeurs et des enseignants.
Le président du campus a déclaré que s'il avait eu des conditions similaires à celle des étudiants quand il était à la Sorbonne, il aurait eu le prix Nobel de géographie C'est une boutade, bien sûr, parce qu'étudier à Paris où se trouvent en dehors de la fac : biblitohèques publiques en abondance, médiathèques, musées, conférences, cinémas ,concert, théâtre, restos universitaires, piscines, transports à tarif réduit ne peut en aucun cas être comparé à la vie des étudiants de Limonade.
Le matériel technique c'est important mais plus encore l'est l'environnement dans lequel on étudie. Disons, en réutilisant l'image du président du campus que : et la lune et le soleil sont indispensables et indissociables pour la vie sur terre.
Peut-être qu'au lieu de faire une université avec un grand nombre de filiéres, il aurait mieux valu en restreindre le nombre pour privilégier la qualité de l'enseignement, l'acquisition de matériels nécessaires et le cadre de vie.
En tous les cas, un nouvel article du Nouvelliste répond à celui du président du Campus. Et en apportant des informations sur les revendications des étudiants,(pas des profs) permet d'y voir un peu plus clair.
Un peu seulement...Parce que tout ça, tel qu'exprimé, reste relativement confus, un véritable sac de noeuds dans lequel l'arrogance apparaît comme la chose la mieux partagée par toutes les parties en présence.
A ce décor, il faut ajouter la police...
Les professeurs pour une " réponse collective et durable à la crise "
Rien ne va plus au campus de Limonade et ça commence apparemment à trop durer. Les étudiants ont suivi leurs derniers cours depuis le vendredi 20 mars. Une grève des professeurs finalement lev...
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