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Le Monde du Sud// Elsie news

Le Monde du Sud// Elsie news

Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


Comment les USA et le reste du monde ont ruiné Haïti - Par Amy Wilentz

Publié par Amy Wilentz sur 2 Avril 2015, 02:15am

Catégories : #AYITI ACTUALITES

Amy Wilentz est une journaliste des USA qui connait bien Haïti et écrit sur ce pays depuis de nombreuses années.

Cet article est paru dans The Nation, en date du 25 mars.

Les réseaux soicaux haïtiens devraient le relayer parce que vous n'en trouverez pas trace dans la presse haïtienne, ni dans les média dominants étrangers.

 

Cet article est déprimant.

Vous savez pourquoi ?

Parce qu'il raconte une histoire que tous les gens honnêtes et lettrés, cela va de soi, connaissent.

Malheureusement, ceux que nous appellerons, pour aller au plus vite, les enfants des Duvalier, et que, pour aller au plus court, nous inscrirons dans les catégories des duvaliéristes, gnbistes et tèt kale, installés au pouvoir par la CI, la nient.

Pire, ils propagent sur les radio (Vision 2000 à l'écoute) sur les réseaux sociaux, la thèse d'une "infériorité génétique" des Haïtiens, antienne reprise de leurs anciens maîtres.

Sans se rendre compte qu'ils s'avilisssent eux-mêmes en ce faisant;  et qu'aucun étranger ne peut les prendre pour autre chose que des restavek, des moins que rien- même si bourrés de diplômes et récompensés par des prix ou postes importants au niveau international.

Quand vous voyez, l'année même de la commémoration des 200 ans d'indépendance du pays, un membre qui se dit appartenir à la haute intelligentsia du pays, déclarer au gouvernement français que la France ne doit rien à Haïti. C'est déprimant. On se dit qu'il aurait mieux valu que dans son rôle de sousou  il se contente de ne rien dire, de ne pas évoquer la question de cette dette.

C'est d'autant plus déprimant quand on sait le lot de souffrances que ce paiement, qui a duré une centaine d'années, aura provoqué chez les pauvres descendants des Marrons et de l'armée indigène qui se sont battus pour sortir de l'esclavage.

C'est une véritable souffrance de constater que ces élites, et même les pauvres bougres dont les mères  et pères se soint saignés pour qu'ils fassent des études,  ont intégré  tous les stéréotypes négatifs sur les Haïtiens, méprisent leur propre population et flattent ceux qui l'ont installée dans cet état de dégradation physique, intellectuelle et morale.

Cette indécence des élites haïtiennes est le salaire de la honte que tous les Haïtiens, ceux des bateyes, ceux dans les Antilles françaises, aux Bahamas,  aux USA, en Europe doivent payer. Martelly et ses amis représentent la quintessence de  ce qu'il était posssible pour la CI, en plein XXIème siècle, d'imposer comme mépris au peuple haïtien. 

 

Quelle personne ou entité au monde peut prendre au sérieux des élites qui, sciemment, mentent et travestissent leur propre histoire dans le but de s'attirer les bonnes grâces de leurs anciens bourreaux ?

 

Mme Wilentz commence par rappeler la dette de l'indépendance qu'Haïti à fini de payer à la France exactement en 1947.

C'est en 1825, 21 années après l'indépendance du pays, que la France a exigé ce paiement sous la menace d'ériger un blocus maritime du pays.

1821-1947, faîtes  le compte du nombre d'années pendant lesquelles les élites de ce pays ont dû tordre le bras à la paysannerie pour rembourser la France. 

Plus d'un siècle !

150 millions de francs or ( estimés à 20 milliards de dollars US d'aujourd'hui) a été le montant de l'indemnité réclamée par la France pour la perte de ses esclaves ( ceux d'Haïti représentaient sa plus grande richesse dans la Caraïbe) et des plantations des esclavagistes.

Haïti a accepté de payer cette somme en échange de la reconnaissance de son indépendance par la France. Les USA, encore un état esclavagiste à cette période,  ne reconnaitront de leur côté l'indépendance d'Haïti qu'en 1862.

Dès cette période, les USA qui ont appuyé la demande de paiement de la France vont s'entendre avec ce pays pour mener une politique contre le développement d'Haïti.

 

These reparations to France depleted Haiti’s already starved coffers and led to repeated financial crises within the country. They also led to privations, to an inability to develop domestically and to political instability—indeed, political turmoil, with presidents entering and leaving office sometimes biannually. France, in collusion with the United States, continued to bleed Haiti until related debts were finally paid off—in 1947!

This is how Haiti began to be a failed state.

La France, nous dit l'auteure, n'était pas la seule à ponctionner Haïti.

Les USA, en 1909, ont commencé à établir les bases pour une occupation future d'Haïti.

C'est à cette époque que la  National City Bank  a pris une participation dans la Banque centrale d'Haïti et créé un chemin de fer dans le but de soutenir l'exploitation des ressources d'Haïti, particulièrement le travail bon marché ( un petit  peu plus cher que l'esclavage, mais ...) et une variété de produits agricoles pour la consommation US tels que : le sucre ( et plus tard la fabrication industrielle de balles de baseball et de sous-vêtements féminins)

Comme Graham Green l'a écrit dans les années 1960,  dans son roman sur Haïti, Les Comédiens : " C'est incroyable la quantité d'argent qui peut être faite sur  les plus pauvres d'entre  les pauvres avec un savoir faire minime".

As Graham Greene wrote in The Comedians, his novel about Haiti in the 1960s: “It is astonishing how much money can be made out of the poorest of the poor with a little ingenuity.”

Il n'y avait aucune raison valable pour justifier l'occupation. Bien sûr, il y avait des troubles politiques. Mais ils étaient courants en Haïti. L'Occupation a été uniquement un mécanisme pour contrôler Haïti, pendant que les hommes d'affaires US s'accaparaient de ses richesses. Et dont le but était également de faire en sorte d'écarter  les nationaux et d'autres pays de ce business.

Un an après l'Occupation, le Major Gen. Smedley Butler, le marine en charge de la sécurité  en Haïti a écrit " J'ai passé la majorité de mon temps à être un Monsieur muscle de haut rang pour le "Big business", pour Wall Street et pour les banquiers. Pour faire court, j'ai été un racketteur, un gangster pour le capitalisme... J'ai aidé à faire de Haïti et Cuba des lieux décents pour permettre aux "boys" de la National City Bank de faire de l'argent dans ces pays"

“I spent most of my time being a high-class muscle man for Big Business, for Wall Street and for the bankers. In short, I was a racketeer, a gangster for capitalism…. I helped make Haiti and Cuba a decent place for the National City Bank boys to collect revenues in.”

L'auteure nous dit que rien de bon pour le peuple haïtien n'est sorti de cette Occupation.

Ces 19 ans d'occupation marquées par la ségrégation et le racisme ont ouvert la porte à Duvalier François avec sa rhétorique basée sur le noirisme.

La brutalité et la kleptomanie de son régime, bien que connues de l'administration US, ont été honorées par les gouvernements US.

Duvalier J-Cl, le fls du dictateur, a fertilisé le terrain sur lequel Haïti va pousser en tant qu'Etat failli.

 

Haiti has never existed in a vacuum. In fact, Haiti today is a creation of the world, its failures often purposefully molded by outsiders, though almost always in collusion with the Haitian elite, who stand to profit from these failures. In this, it is not dissimilar to other corrupt countries with a history of colonial exploitation.

L'auteure prend en exemple l'époque contemporaine avec le rôle de M. Clinton Bill dans la politique haïtienne.

 

Elle rappelle que c'est sous sa pression (celle du grand ami d'Haïti, n'est-ce pas !) que  les taxes sur l'importation des produits,  notamment du riz , sont passées de 50% à 3 pour cent.

Celui qui a dû approuver cette mesure n'est autre que Jean-Bertrand Aristide, président démis par un Coup d'Etat en 1991, remis en selle sous conditions par Clinton. Aristide est bien revenu au pouvoir  mais il a vu son autorité et sa popularité mises à mal par cette politique. Le riz à meilleur marché venant des USA a détruit la production haïtienne de riz. 

 

Ce pays qui était autosuffisant en riz dans les années 1980, se retrouve en 2012 à importer 80% de sa consommation en riz.

La crise dans la production de riz locale a provoqué une grande émigration des ruraux dans la capitale. Le nombre important de victimes du séisme de 2010 est dû également à cette surpopulation dans la capitale.

Clinton, devenu après le séisme l'envoyé spécial de l'UN pour Haïti, s'est excusé devant le peuple haïtien pour sa politique de dumping du riz. Il a qualifié sa politique de " marché passé avec le diable"

Cependant, l'importation du riz US n'a fait qu'augmenter après le séisme.

Aujourd'hui, Haïti importe 50% de sa nourriture.

 

“It may have been good for some of my farmers in Arkansas, but it has not worked. It was a mistake,” he told the Senate Foreign Relations Committee in 2010. “I have to live every day with the consequences of the lost capacity to produce a rice crop in Haiti to feed those people because of what I did; nobody else.” He has called the policy a “devil’s bargain.”

Après l'économie, l'auteure aborde le volet politique et ...La saga Ariside.

Elu en 1991, chassé par un Coup la même année.

1994, Clinton le réinstalle.

Elu en 2000  pour la seconde fois, à nouveau chassé en 2004, cette fois sous Baby Bush .

Pendant 7 ans il vit en exil en Afrique du Sud.

En 2011, il revient en Haïti quand Obama, prenant en considération différents facteurs, ne peut faire autrement que de le laisser rentrer en Haïti.

Bien qu'Aristide ait représenté le choix de la majorité des Haïtiens, avec le chaos provoqué par 2 coups d'Etat ainsi que le renouvellement de la population, avec de nouveaux électeurs qui ne se souviennent pas de lui, il a perdu de sa popularité.

 

Ce qui n'empêche pas que l'actuel président d'Haïti, un duvaliériste conservateur,  une autre marionnette de Washingon, de l'avoir mis en résidence surveillée de peur de son éventuel potentiel à remporter des élections, lesquelles ont été constamment reportées. 

Le président d'Haïti est Michel Martelly, un chanteur, dont la victoire  en 2011 a été fabriquée par par une collusion entre les USA, l'ONU et l'OEA. Avec son motto pro-business, Martelly est plus du genre à être apprécié par les corporations US qu'Aristide.

Parmi ses plus grandes réalisations en tant que président : détourner l'argent de la reconstruction d'Haïti après le séisme pour l'investir dans la modernisation du transport dans le nord d'Haïti, loin des lieux touchés par le séisme, augmenter les mesures pour favoriser les emplois bon marché dans l'industrie légère (principalement dans le Nord) et libéraliser les contrats d'explotation de l'or, de l'argent et du cuivre en faveur des grandes compagnies d'exploitation des mines (toujours dans le Nord);

 

L'auteure parle également de la corruption. Selon elle, ils sont nombreux à parler de la désorganisation de l'Etat haïtien, mais personne n'est dupe.

En réalité, la kleptocratie haïtienne a été parfaitement organisée - particulièrement pendant l'occupation US- de manière à être poreuse et incompétente, afin d'autoriser la corruption pour nourrir les politiciens qui favorisent les intérêts étrangers.

Il s'agit d'un mécanisme : de l'argent  est versé,  par la suite il est syphonné. Les Duvalier ont perfectionné ce système mis en place par l'Occupation

 

 

Among his greatest achievements as president: diverting earthquake-relief money to help extend and modernize transportation in northern Haiti, far from the earthquake’s path, as well as expanding the incentives to seduce low-wage light industry to Haiti (mainly in the north) and freeing up gold-, silver- and copper-mining contracts for giant multinational extraction companies to begin excavating (also in the north).

L'auteure précise qu'elle ne fait pas d'Aristide le chantre de la démocratie. Mais,  les Duvalier, connus pour leurs violations des droits de l'Homme et leurs crimes,  ont pu rester pendant 29 ans sous le parapluie US. Tandis qu'Aristide, lui aussi sous le parapluie US ( Haïti n'ayant pas changé) a été déposé 8 mois après avoir été élu, puis une seconde fois. La comparaison permet de se rendre compte qu'il ne s'agit pas d'Etat failli mais de faillite imposée à un Etat.

 

Voila, je m'arrête là dans ce résumé et traduction approximative de  l'article.

L'exposition du cynisme des uns : la CI, de la voracité et de l'absence totale de prise en cosidération du bien commun par les autres : les élites haïtiennes, a de quoi vous briser le coeur, quand on sait les dégats provoqués par cette collusion de malfaisances sur la population haïtienne. 

Vous pouvez lire l'article en anglais ici :

Commenter cet article

R
La datte de l’indépendance nous a certes fait du mal, mais le pire ce sont les Haïtiens eux-mêmes ka pote bôl ble yo bay blan pou vann peyia. Si blan kite nou esplwate petwôl nou gen lakay nou-an, nou ka rebon ankô. Se pou sa pou nou goumen, manifeste jodia.
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