Un article intéressant sur les gangs de Port-au-Prince. Il met en lumière le rôle important joué par ces gangs dans le système politique (et économique) d'Haïti. A l'apporche d'élections, la question est d'actualité étant donné l'instrumentalisation de ces groupes de jeunes délinquants par les politiciens ( et hommes d'affaires)
Résumé traduit d'un passage :
"Les gangs ont toujours été au service des politiciens. Des zenglen de Faustiin à aujourd'hui. Dans les années 1980, Roger Lafontant, un macoute très craint, avait formé un groupe armé qui opérait dans le quartier de Martissant.
Des années plus tard, le gang le plus puisssant de Martissant était dirigé par Félix 'Don Féfé" Bien-Aimé, un fidèle d'Aristide qui a orchestré le meurtre d'au moins 13 personnes. Ce qui n'a pas empêché sa nomination comme directueur du cimetière de Port-au-Prince. par la suite il fut "disparu" par la police.
Depuis 2004, de nombreux gangs ont occupé des quartier de Martissant : Ti Bois, Grand Ravine, Descayettes and 2eme Avenue. Lame Ti Manchèt , L’armée des Petites Machettes était affilliée à des élements voyous de la police nationale. Un autre des plus grands gangs de ce quartier était dirigé par Dymsley “Ti Lou” Milien suspecté d'avoir participé à l'assassinat de Jean Dominique. Il avait été arrêté, s'est enfui de prison et depuis, passe ses ordres de son téléphone portable aux membres du groupe.
J'ai traduit ce passage, parce que très étonnée de ces infos. Notamment sur le chef de gang dit "TI lou" qui serait impliqué dans l'assassinat de Jean Dominique. J'ai dû rater un épisode de la saga parce que c'est la première fois que je lis ce nom cité dans cette affaire.
Sinon, il est difficile de savoir si ces gangs rivaux vont faire la paix et refuser de travailler pour les politiciens de tous bords. En période d'élections la demande du côté des politiciens est très forte et représente pour les gangs une rentrée d'argent.
A la fin de l'article, il est dit qu'un député connu pour son passé et son tempérament violents, est venu chercher du support à ses ambitions politiques dans le quartier populaire de Saint Martin, comme il l'a toujours fait . Mais cette fois-ci, au lieu du bon accueil auquel qu'il avait l'habitude de recevoir, son arme et son argent ont été saisis et il a été mis à la porte avec le message de ne pas revenir.
L'auteur interprète ce fait comme une manifestation de la volonté des gangs de changer leur fonctionnement.
Cependant, il faudrait être prudent, dans la mesure ou rien n'empêche de penser que le refus de "travailler" avec ce député ne viendrait pas d'une offre plus intéressante d'un de ses concurrents.
Et puis, ce député, s'il est aussi violent que dit dans l'article, il se pourrait bien qu'il n'en reste pas là. Pour se venger d'avoir été maltraité il pourrait faireappel à une bande rivale pour régler ses comptes.
C'est bien souvent le scénario (décrit par Peter Hallward dans son livre) qui entretient la violence dans les quartiers populaires où des jeunes gens sont utilisés par pollticiens et hommes d'affaires, pour créer de l'insécurité quand celle-ci sert leurs intérêts, pour perpétrer kidnappings, assassinats, pour faire passer la drogue d'un point à l'autre, pour la vendre. Bref, pour commettre toute une gamme d'actes de délinquances en échange d'argent, de motos, et quelques autres petits avantages.
Généralement, ces jeunes voyous ne font pas long feu. Mais compte tenu de la natalité galopante et de la misère, ils sont vite remplacés par d'autres. Il y a là un grand réservoir dans lequel il suffit aux voyous en col blanc de puiser.
Il ne dépend pas de ces jeunes, même quand ils en auraient la volonté, de sortir de ce cercle vicieux qui conduit de la délinquance à la criminalité parce quil s'agit d'un système'entretenu en hauts lieux.
Afin de les empêcher de tomber dans le banditisme, une politique d'encadrement social, économique et bien sûr policier serait nécessaire.
Mais quel est le gouvernement, quels sont les politiciens et hommes d'affaires qui accepteraient de renoncer à ce qui leur assure pouvoir et argent ?
Préval, au début de son second mandat, avait tenté un pas dans cette direction. Il lui a fallu se rétracter rapidement.
Parce que ceux qui en hauts lieux nourrissent ce système dans le système, ont menacé de lui rendre la vie impossible. Par ailleurs, ils ont fait passé le message au public à travers leurs radios, qu'à l'inverse, c'était Préval qui entretenait le gangstérisme avec sa tentative de pacifier ce milieu. Etant donné qu'on a affaire à des gogog/gaga et que d'autre part ce programmme de pacification de Préval n'était pas suffisamment clair , ni non plus correctement expliqué leur entreprise de désinformation était facile...
On peut penser que, si Martelly et son équipe de Tèt Kale ont pu exercer et poursuivre leur politique de dap piyan sans rencontrer de réels obstacles, ce ne serait pas seulement de par le soutien inconditionnel de la CI qui les a placés à la tête du pays, mais aussi grâce à des alliances passées avec les gangs.
Cette hypothèse est du domaine du possible payant constaté, par exemple, q'un un chef de gang pouvait déclarer à la radio que son gang commmettait vol, crimes, etc et que des personnes dans des voitures de l'Etat venaient régulièrement dans leurs bases leur apporter de l'argent.
Suite à ces déclarations quelque peu inquiétantes, le chef de gang n'a jamais été inquiété par la police. Pas d'arrestation, pas d'interrogatoire pour en savoir plus sur les crimes dont il se vantait ni quelles sont les personnes qui les payaient.
Bien évidemment, peu de temps après, l'auteur de cette confession publique a été tué au cours d'un soit-disant affrontement avec un autre membre du gang.
Les épisodes des délinquants évadés de la prison de la Croix-des-Bouquets grâce à des complictés en hauts lieux, des 400 autres grâciés par Martelly et l'affaire de l'achat en Israel d'armes de guerre Galil par Lamothe donnent à réfléchir sur les liens entre ceux qui se nomment " bandi legal" et ceux qui sont des bandits illégaux.
En tout état de cause, l'une des conditions pour'avoir des élections non marquées par la violence et non truquées, serait de casser les liens de cousinage entre banditisme et politique.
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Could the gangs of Port-au-Prince form a pact to revitalise Haiti's capital?
Haiti's leaders have long made use of armed groups to impose their will in the streets of vibrant but derelict Port-Au-Prince, offering precious little in return. Now some of those communities may ...
minibus worker seeks passengers for his tap-tap in the Grand Rue market area of Port-au-Prince. Photograph: Rebecca Blackwell/AP
Par ailleurs, j'ai relevé avec plaisir - c'est assez rare pour le mettre en exergue- cet extrait dans lequel il est fait un portrait positif des Haïtiens: bien élevés, aimables, à l'esprit vif, avec un bon caractère...
Portait que `je partage.
Contrairement à ceux qui usent de leur temps et énergie pour faire mousser leur ego en vilipendant constamment les Haïtiens sur le net.
Et, c'est bien parce que cette population possède ces qualités de "gentilhomme" -un truc surréaliste auquel elle doit sa survie en dépit des conditions de vie infrahumaines qui sont les siennes- que Duvalier François a entrepris de la reformater en criminels macoutes (question d'entretenir l'image de sauvages, véhiculée depuis l'indépendance) et que les profiteurs locaux et de tous horizons se jettent sur sa misère comme des mouches sur du miel.
Cette exploitation ne se passe pas uniquement en Haïti même, mais aussi dans les pays où elle émigre.
Parce que si, dit-on, les lwa ne voyagent pas; par contre l'âme des Haïtiens ne les quiite pas.
Haiti’s national character – gentle, kind, good-humoured, quick-witted – stands in stark contrast to the take-no-prisoners blood sport of the country’s political culture. But, beyond the shrill ramblings of its politicians, at a certain hour of the day one is reminded of the words of Jacques Stephen Alexis, one of Haiti’s greatest writers, when he described Port-au-Prince in his 1955 book Compère Général Soleil (General Sun, My Brother):
Towards three o’clock in the afternoon the wind picked up suddenly, galloping and roaring through the city. The pelicans over the port whirled endlessly. The sea put on its fancy green dress and donned shawls of lace foam.
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