Vous savez que les élites intellectuelles et classes moyennes d'Haïti sont toujours très fières de mettre en avant, la révolution anti-esclavagiste et l'indépendance de 1804.
Sauf qu'elles sont toujours les premières, ces mêmes élites - une fois qu'elles ont fini de bomber le torse- à baisser leurs pantalons devant "le blan".
Duvalier François est un exemple récent de l'utilisation de ce genre de rodomontades à visée de manipulation du peuple, tout en appliquant par ailleurs une politique totalement anti-nationale de chasse aux lettrés, de fermeture des laboratoires, de promotion d'une classe d'hommes et de femmes forts avec les faibles et faibles avec les forts, totalement dévoués aux intérêts étrangers.
Si on observe l'histoire d'Haïti, on peut remarquer que les crises graves ont pratiquement toujours été initiées par cette classe de femmes et d'hommes, formatés par les écoles chrétiennes, les occupants US et les chefs des macoutes : les 2 Duvalier, qui engagent le pays dans la voie de la soumission aux diktat de la CI (les USA et leurs alliés) .
Exemples récents : les 2 coups d'Etat de 1991 et 2004.
Ce qui se déroule aujourd'hui autour des élections est un phénomène récurrent qui s'explique par la servitude volontaire de ces femmes et hommes, principalement préoccupés d'enrichissement personnel et de pouvoir, qui se montrent toujours prêts à sacrifier le devenir socio/politique et économique de leur pays à l'autel de leur s convoitises, haines, jalousies et ressentiments.
Duvalier François et sa descendance, de même que le secteur dit privé, n'ayant pas de racines liées à la grande geste nationale ayant abouti à l'indépendance de 1804, on peut comprendre que les valeurs et idéaux de cette révolution leur soient aussi étrangers qu'ils le sont pour la CI.
Par contre, ce qui est surprenant, c'est de constater que les descendants - parfois en ligne directe - des héros de l'indépendance, des chefs marrons, ou bien des milliers d'anonymes qui ont livré bataille contre le système esclavagiste, soient parmi les premiers à collaborer avec "les forces du faire noir" qui s'appliquent avec une rare constance et détermination à maintenir l'ensemble de la population haïtienne dans la misère et le sous-développement "légal".
Ainsi, en va t-il de Martelly, dont la famille maternelle a occupé une place dans l'histoire d'Haïti, se faisant remarquer plutôt pour ses idées progressistes, qui, lui, animé par le désir de devenir "filthy rich" renie son héritage.
Haïti élections 2011 : protestations, Gaillot Dorsainvil président du CEP de l'époque, élections 2015Opont président du CEP et étrangers
Les ancêtres de Jovenel Moïse faisaient peut-être partie - qui sait ? - des combattants pour la liberté qui luttaient dans le Nord contre le corps expéditionnaire envoyé par Napoléon pour rétablir l'esclavage.
Si ces deux hommes-là, et l'ensemble de leur groupe, sont aujourd'hui capables publiquement d'arborer un profil de Conze, sans honte aucune, c'est que le travail de mémoire en Haïti, n'a jamais été fait.
Quand je parle de travail de mémoire, il ne s'agit pas uniquement du rappel des atrocités duvaliériennes, militaires, fraphistes et autres. Mais d'un temps bien plus ancien qui renvoie au génocide des Taïnos et Arawaks, à l'esclavage, aux luttes des Marrons. Une grande partie de l'histoire d'Haïti a été occultée, comme si ce pays n'avait commencé d'exister qu'à partir de son indépendance.
Les intellectuels, à quelques exceptions près, se sont contentés de jouir de la rente que leur offrait cette geste de 1804, pour se présenter devant le monde extérieur comme des héritiers de cette histoire exceptionnelle. Et d'en tirer tous les bénéfices possibles.
Reléguant, ce que M. Barthelemy, a qualifié de "pays en dehors", à savoir la majorité de la population, dans un no man's land.
Ils en sont même arrivés à tirer une vantardise de ce qu'ils ont appelé un "paradoxe" - recours à la sémantique - qui consisterait à considérer comme un miracle le fait qu'ils représentent la plus importante littérature de langue française, dans un pays créolophone et avec un niveau élevé d'analphabètes.
Cette histoire de "paradoxe" que les Occidentaux ont eu plaisir à répéter dans tous les discours sur la littérature haïtienne m'a toujours fait rire.
C'est comme si on pouvait s'étonner que dans la France dite des Lumières, la majorité de la population était illettrée. Alors qu'il s'agit tout bonnement d'une question de captation du capital intellectuel par une minorité en vue de conserver le pouvoir du savoir.
Comme les intellectuels haïtiens qui se sont engagés dans la voie de la démystification de cette fable de "paradoxe" ont été pour la plupart assassinés, le discours fallacieux, qui consiste à monter en épingle une minorité et à discriminer une majorité, n'a rencontré aucun obstacle majeur et s'est épanoui et répandu dans toutes les classes sociales.
Ainsi, les enfants des "pitit soyet", les enfants de "familles monoparentales" au comportement douteux selon Théano (qui oublie que ses mentors Duvalier François et son épouse, Simone, sont issus de ces familles sans pères) se sont empressés de s'intégrer à la famille du "paradoxe" qui pond moult sociologues, psychologues, politologues...Etc; au service des ONG. Et qui se gardent bien d'apprendre à lire et à écrire à leurs mères.
De même que les intellectuels tirent une fierté d'être des lettrés dans un monde peuplé d'illettrés, les enfants de familles monoparentales ayant eu la chance de faire quelques études- grâce en grand partie au travail de leurs mères- portent comme une décoration à la boutonnière, le fait que leurs mères soient analphabètes.
Ce sont ces 2 groupes d'hommes et de femmes : intellectuels isssus de la bourgeoisie et des classes moyennes et nouveaux intellectuels issus de la paysannerie et des classes populaires qui se sont associés, à partir de la "révolution duvaliérienne" avec les tenants du pouvoir économique et la CI pour maintenir un statu quo qui leur garantissait leur statut de "paradoxe à vie" et les bénéfices afférants à la fonction.
En somme des personnages exceptionnels poussant dans du fumier. De même que l'étaient les "nègres à talents", les "nègres de maison", les Affranchis, les Mulâtres dans une société esclavagiste.
Ne soyez pas étonnés s'ils en arrivent aujourd'hui à tirer une certaine fierté d'être" le premier pays au monde à tenir des élections avec un seul candidat".
Rien de ce qui puisse rabaisser le pays et promouvoir leurs intérêts personnels ne leur est étranger dans la mesure où étrangers à eux-mêmes, ils ne savent ni d'où ils viennent, ni où ils vont.
Sinon, j'ai lu sur le net, ce texte du journaliste Even Dubois dans lequel il crie sa révolte et l'impuissance collective face à cette nouvelle offensive de la CI contre Haïti , menée avec la complicité des locaux- ceux dont je vous ai parlé plus haut.
|
/https%3A%2F%2Fimg.src.ca%2F2015%2F11%2F05%2F635x357%2F151105_nr659_presidentielle-haiti_sn635.jpg)
Commenter cet article