C'est assez rare pour le noter qu'un homme d'affaires puissant, président du "Grupo Continental" qui comprend un grand nombre d'entreprises, se retrouve à être accusé de blanchiment d'argent par les USA.
Généralement, quels que puissent être les soupçons, les hommes d'affaires appartenant aux riches familles des pays d'Amérique Latine ou de la Caraïbe, sont discrètement éloignés.
Pour exemple, le cas du bateau affrété par la famille Accra en Haïti, dont la cargaison de sucre cachait de la cocaïne.
L'histoire, pour l'instant en tous les cas, a été enterrée. Et nul ne sait véritablement qui étaient les commanditaires de la drogue, qui auraient dû la réceptionner à son arrivée à Port-au-Prince.
Le journal Haïti Observateur a bien essayé d'y voir plus clair. Mais ce qui est clair c'est qu'il n'a pas les moyens de mener une enquête sur un cas aussi grave et complexe.
Même problématique en RD.
Le trafiquant de drogue, Quirino, de retour en RD après avoir accompli ses années de prison aux USA, a accusé publiquement, L. Fernandez, ex-président de la RD, de lui devoir de l'argent. Après avoir fait un peu de bruit, l'histoire est retombée comme un soufflé. Pas d'enquête, pas d'écoute de Qurino par la Justice de la RD afin qu'l s'explique sur ses déclarations.
Que ce soit en Haïti ou en RD, 2 plaques tournantes de la drogue, la DEA connaît le terrain et les acteurs. Et quand elle décide d'intervenir, fort souvent, comme dans le cas de Jaar, ce serait pour éviter de faire tomber certaines têtes protégées.
Jaar, d'ailleurs, a pu négocier sa sentence (et prendre moins d'années que son homme de mains), parce qu'il jouait double jeu : à la fois trafiquant et agent de renseignements.
Rosenthal, d'après ce qui est dit, aurait construit sa fortune sur un trafic illicite qui durerait depuis de nombreuses années.
Si aujourd'hui, il se retrouve dans le collimateur de la justice US, c'est à partir d'une histoire biscornue d'importation de viande des USA, qu'il aurait déclaré avoir été achetée au Brésil et pour laquelle il n'aurait pas payé d'impôts.
Concernant le trafic de drogue, le kidnapping et autres activités du crime organisé en Haïti, vous noterez qu'il n'existe pas d'études sérieuses sur ces questions.
Quelques personnes sont arrêtées et maintenues en prison sans jugement, d'autres sont relachées, après une parodie de jugement, d'autres sont extradées des USA après leur temps de prison et reviennnent au bercail, d'autres encore sont soit-disant recherchées par le FBI, alors même qu'elles briguent un mandat de parlementaire.
Restent à défaut d'informations sur ces réseaux et leurs chefs, des zen, supputations, soupçons qui font le jeu d'une société qui se complaît dans un état de non-droit. Et que toute transparence ferait s'écrouler- comme dit par M. R. Boulos, à propos d'un éventuel audit de la gestion de l'ex-Premier ministre Laurent Lamothe.
C'est ce brouilard, cet enfumage organisé, ce refus de respecter ne serait-ce qu'un semblant d'ordre qui, en grande partie, expliquent que la sélection de Martelly à la présidence ait été possible, son maintien au pouvoir en dépit des scandales et le désordre actuel des élections.
L'ensemble de ce monde médiatico/politico/financier barbotant dans un même marécage.
A ce jeu de" je te tiens, tu me tiens par la barbichette", le seul perdant est le peuple haïtien qui, lui, n'a point de barbichette.
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