Il ne me semble pas que la langue maternelle des Haïtiens n'aurait qu'un usage limité à la vulgarité. Pourtant, c'est ce à quoi on assiste chez les politiciens et qui est repris, par pur mimétisme, dans les réseaux sociaux.
« Si nous persistons dans des comportements pas corrects, nous allons tomber dans la décomposition dont je parle. Ce n’est pas une menace, c’est une réalité, a lancé Evans Paul. Si ou pa konpoze, w ap dekonpoze, ou mèt pran l jan ou vle l ».
Faisons abstraction du « Si nous persistons dans des comportements pas corrects.." parce que, si nous devions énumérer les comportements incorrects de l'équipe rose à laquelle a collaboré M. Paul - en commençant par le bouzin, lancé par le chef d'Etat à une femme - on n'en finirait pas.
Donc, essayons de comprendre où va M. Kplim et où il veut entraîner la société haïtienne avec lui avec son : " Si ou pa konpoze, w ap dekonpoze."
Dans un premier temps, Evans Paul avait décliné l'invitation à se rendre à la réception au Palais national pour l'installation de Fritz Jean. Il avait adressé une lettre publique, pas piquée de vers, inconvenante selon moi, d'après d'autres mençante à Privert. D'ailleurs il récidive avec son "konpoze , dekonpoze" pâle imitation du "poze, repoze" de M.Préval qui lui, à l'inverse, se voulait un appel au calme.
Suite à son choix, ô combien citoyen !, de " bouder" la cérémonie, les ministres de son gouvernement avaient abandonné leur poste. Tout à fait le genre de comportement totalement revanchard.
A cette occasion il nous est donné de constater à quel point ces hauts fonctionnaires sont imbus avant tout du bien public. Démonstration étant faite de leur amour pour leur pays. Vrai ou faux ?
Privert avait dû signifier à ces messieurs et dames tèt kale qu'il existait quelque chose qui se nommait : devoir civique et continuité de l'Etat.
Imaginez, ce qui serait arrivé si, la Belgique qui est restée sans Premier ministre pendant des mois, aurait vu ses ministres tout bonnement rester à la maison. Heureusement, les mecs qui ne sont pas niais comme ceux d'Haïti, sont restés fidèles au poste pour assurer le fonctionnement de l'Etat.
Suite au recadrage de Privert, les ministres s'en sont retournés à leurs ministères.
Mais, patatras, voici qu'aux dernières nouvelles, Evans Paul crée un nouveau rebondissement : l'entrée de la Primature lui a été interdite. Sniff, sniff !
Un jour, il refuse de s'y rendre. Le lendemain, il se plaint de ne pas pouvoir y aller.
Est-ce que les citoyens, irrités par ces absurdités, ne seraient pas dans leur droit de dire à M. Kplim " ti gran moun suspann anmerde moun" ?
"Ce n’est (ne serait) pas une menace, c’est ( ce serait) une réalité..."
Et, comme il le dit lui-même si bien avec sa légendaire délicatesse : "ou mèt pran l jan ou vle l
Si Evans Paul a le droit de défendre mordicus son "griyo", son biftek. Par contre il serait souhaitable que cela ne passe pas par la prise en otage de tout un peuple, comme il l'a fait en 2004 en amenant sur le terrain : Minustha, les 2 Clinton et choléra.
Et cette observation est valable pour l'ensemble des politiciens de quelque camp qu'ils soient.
Parce que, ce que la population leur demande c'est de faire preuve de respect, de dignité, d'intelligence, de compétence et de lucidité dans la gestion des affaires du pays afin qu'elle puisse y vivre et prospérer dans la paix.
Et non pas qu'ils considèrent l'Etat comme une rente mise à leur disposition par leurs parents.
Est-ce que c'est dificile à comprendre, ça ?
Non.
Mais possédés, comme ils le sont tous, par les "lwa" de l'argent et du pouvoir, virevoltant comme des poulets sans tète, ils se conduisent comme des égarés, des "bandi legal", des sanmanman, des avadra sans foi, ni loi.
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Evans Paul aurait été interdit d'entrer à la résidence officielle des Premiers ministres
Ce n'est pas fini pour Evans Paul et son gouvernement. Après avoir abandonné leur poste à la suite de l'investiture du Premier ministre nommé, le gouvernement sortant tente de revenir au-devant...
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