Je parie que les Haïtiens lettrés de la classe moyenne traditionnelle en perdition, et de celle plus récente issue directement de la paysannerie, considéreront les analyses de l'auteur comme émanant d'une paranoïa.
Ce sont les mêmes qui vous répètent qu'Haïti ne possède rien et que"le blan " qui vient après dieu est bien bon de lui venir en aide.
Je crois que c'est Aristide qui disait que la sous-alimentation et la malbouffe provoquaient des dommages dans les cerveaux. Et il n'avait pas tort. La science lui donnant raison.
L'Europe a expérimenté une situation semblable. Lisez les oeuvres de Charles Dickens dans lesquelles l'auteur décrit la misère intellectuelle et morale de la population pauvre de l'Angleterre pré-industrielle.
Il vous faudrait lire également Jack London, notamment son bouquin " L"humanité en marche" pour saisir l'intensité de la lutte des humains dans le monde entier pour simplement se nourrir.
Bon. Vous et moi, nous ne nous faisons pas d'illusion. Nous savons parfaitement que les Haïtiens lettrés, diplômés ont autant horreur de la lecture que le chef des Tèt kale rose, même s'ils font semblant d'être différents de lui.
Il suffit de constater l'absence de bibliothèques, de médiathèques, de centre culturels, de théâtres, de cinémas, à Pétion-Ville, la ville des nantis.
Nous savons parfaitement que seule une infime minorité des dits-intellectuels s'intéressent à autre chose qu'à leur nombril, à la promotion de leurs écrits et à la reconnaissance des Occidentaux.
Nous n'allons pas jouer aux roses affublés de bracelets, de pantalèt et de lunettes roses et nous masquer la réalité de l'indigence de la pensée.
Nous en connaissons aussi parfaitement les raisons : l'éducation dans une langue étrangère : le français; la chasse aux intellectuels opérée par les 2 Duvalier, l'idéologie de la "vente" prônée par le milieu intellectuel et les média issus du duvaliérisme, le soutien et la coopération active de la CI à la réduction des têtes pensantes.
Nous savons également que ce saccage n'est pas né d'hier et qu'il s'est mis en route dès l'indépendance. Nous avons ressassé les raisons qui ont poussé l'Occident et l'oligarchie haïtienne native-natale, puis les Syro-Libanais à emprisonner les Haïtiens - l'exemple qui devait devenir le mauvais exemple - dans leur moitié d'île et dans leur cerveau.
Des monceaux de pages ont été écrits sur cette histoire particulière d'une nation qui s'est libérée du système esclavagiste, des répercussions de cette action dans le monde et des conséquences fâcheuses, si ce n'est dramatiques, prévisibles par ailleurs vu l'importance du système esclavagiste pour l'Occident, dans son développement.
Evidemment, la plus que très grande majorité des Haïtiens, a été maintenue dans l'ignorance de leur propre histoire et de ses répercussions et conséquences.
Ceux qui pourraient avoir accès à ce savoir aujourd'hui via internet, sont dits "paresseux" .
Il reste une infime minorité qui n'a ni l'argent, ni les armes, ni les media.
Et de plus, elle est constamment pourchassée, vilipendée, discréditée, violentée et assassinée.
Tout ça pour vous dire que, ces infos sur un génocide programmé de la population haïtienne, ne sont pas nouvelles.
Et que, tant que les Haïtiens de la classe moyenne persisteront à penser qu'ils n'ont le choix qu'entre l'exil, le baisser de pantalon et les compromissions, l'enfouissement continuera.
Un autre Martelly (Jovenel Moïse ?) succédera à Martelly, comme Martelly a pris la suite des 2 Duvalier, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le plan qui va de la CIA et Trujillo aux 2 Clinton finisse par réussir "tèt kalément."
Avec les 2 Duvalier, le personnel politico-intellectuel avait été réduit à des bouffons, les uns sanguinaires, les autres collaborateurs.
Après leur départ, les membres de la classe politique qui a émergé et assuré le pouvoir en 1991 pour une courte période de 7 mois, ont été les uns physiquement éliminés, les autres forcés à l'exil et le reste a collaboré.
C'est ainsi que le dernier rempart contre ce que l'auteur appelle " l'extermination du peuple haïtien" a été abattu.
Le peuple qui a été toujours malatraité et pourchassé. Et avec une férocité toute particulière sous les 2 Duvalier - parce que 1-Duvalier n'avait aucun respect pour les Haïtiens et que 2-, comme rapporté dans les notes déclassifiées de la CIA : il en avait peur.
L'écrivaine Marie Vieux Chauvet a été pratiquement la seule à témoigner de cette violence des "rapaces" contre le monde paysan. On sait, comment celle qui se positionnait par ces écrits, en rampart contre cette violence a été "éliminée" d'Haïti ...
De sorte que la grande arnaque des Duvalier qui a bien fonctionné pendant 29 ans-précédant la "sollicitude" (courtoisie Duval du Nouvelliste) du chef des "bandi legal, a été de faire croire à ce peuple, arme psychologique pour le tenir en respect, qu'il en était son défenseur face à la bourgeoisie Noire et Mulâtre ainsi que la classe moyenne.
Parallèlement, il a fait croire à ces mêmes bourgeois, que le peuple les haïssait et que lui, Duvalier, était leur protecteur.
En cela, il s'est contenté d'appliquer la doctrine colonialiste, consistant à monter les uns contre les autres : les hommes qui vont pieds nus contre ceux qui portent des souliers.
Je l'ai déjà dit, et je le répète, la plus grande saignée opérée par les 2 Duvalier a été celle dans la population des paysans et artisans.
Il se trouve que cette histoire-là, faute d'historiens, de sociologues, psychologues, politologues ...et de "radotologues"... n'a jamais été abordée.
La déstabilisation d'Haïti s'est faite avec cette attaque ciblée contre son "nannan", son coeur obligé de battre, non plus à son propre rythme mais à celui des macoutes.
L'exil urbain ou à l'étranger de ces porteurs de savoir que sont paysans et artisans a ouvert la porte à ce que Leslie Péan nomme "pénurie intellectuelle".
C'est une reproduction du schéma de ce qui s'est passé avec l'esclavage en Afrique. Pendant des siècles, le continent africain a été saigné de ses meilleurs hommes et femmes. Et, il leur aura fallu à ces pays d'Afrique en payer le prix à coups de guerre civiles, de famines, de coups d'Etat.
Peu d'historiens prennent en compte le poids de cette saignée dans le retard pris par l'Afrique à se développer, si l'on compare à l'Asie.
Ce n'est que maintenant, avec l'aide de la Chine - décriée par les classes possédantes africaines héritières du système esclavagiste et par les Occidentaux - avec ses côtés négatifs et d'autres positifs, que l'Afrique tente- avec beaucoup de difficultés - de se reconstruire.
Cette perte du "nannan" de la moelle substantielle, de la colonne vertébrale d'Haïti, à savoir sa bourgeoisie et ses classes moyennes d'un côté et de l'autre son paysannat et ses artisans, a eu pour conséquence de générer la classe politique et les intellectuels actuels.
Des gens déboussolés, mégalos qui assimilent" le chaos" de leur vie perso à celui du pays , dépourvus d'éthique. Faisant de l'argent, de la vulgarité et de la scatologie une culture dominante propre à asseoir et légitimer le pire - la chasse aux Haitiens immigrés en RD et aux Dominicains d'origine haïtienne et, - pourquoi pas ? - l'extermination du peuple.
On a vu avec quelle désinvolture, les autorités roses imbibés de cette culture du "bounda" ont traité pendant les cinq dernières années le choléra et l'ensemble des problèmes graves auxquels la population est confrontée.
Ce n'est qu'aujourd'hui, le mal étant déjà fait et les bénéfices des actions malfaisantes déjà partagées, que le journal "Le Nouvelliste" se complait à égrenner ces problèmes, comme s'ils étaient apparus avec la fin de la présidence de Martelly.
Que ce soit pour le PSUGO, pour l'orientation de la politique touristique, agricole, industrielle, de santé publique, l'alerte avait été donnée dès la première année du régime rose.
Cependant, face à ces analyses et critiques, le mot d'ordre, le mantra particulièrement idiot, était " Bay peyi-a an chans". Comme si la "chance " en question était que le pays s'enfonce de plus en plus dans un trou au niveau de l'économie, de la justice, des institutions.
La réalité était que ce " bay peyi-a an chans" ne signifiait rien d'autre que " bay Martelly ak bandi legal yo an chans pou fè kôb."
Et, ca a fonctionné comme sur des roulettes. Grâce, entre autres, à la collaboration des journalistes cireurs de bottes (chany) et receveurs d'enveloppe au Palais national, les roses se sont enrichis et la population s'est appauvrie.
Et Olivier Martelly, le fils du président en charge de la construction de structures sportives, peut chanter avec raison qu'il ne se prend pas la tête.
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In 1937, the Dominican government ordered a cleansing of the population, setting off a bloody five-day period that saw over 6,000 Haitians hacked to pieces with machetes on a daily basis. The ...
http://www.abreureport.com/2016/04/plan-osorio-cia-backed-eugenicist-plot.html
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