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Le Monde du Sud// Elsie news

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Haïti, les Caraïbes, l'Amérique Latine et le reste du monde. Histoire, politique, agriculture, arts et lettres.


le Monde.fr. Le film « Demain » a dépassé le million de spectateurs

Publié par siel sur 8 Mai 2016, 09:59am

Catégories : #REFLEXIONS perso

lutôt que de montrer une nouvelle fois les conséquences dramatiques du changement climatique et d’un mode de développement axé sur le tout-consommation, le film avait pris le pari de s’intéresser à toutes les solutions développées par des citoyens dans plusieurs domaines (agriculture, énergie, déchets, etc.). « Le propos du film est de dire qu’il faut arrêter d’attendre que les élus réalisent les changements majeurs dans la société, déclarait en février Cyril Dion, par ailleurs cofondateur en 2007 du mouvement Colibris avec Pierre Rabhi, lors d’un chat avec les lecteurs du Monde.fr. Pour que la démocratie fonctionne bien, elle a besoin que les citoyens coopèrent davantage avec leurs élus. (…) Pour changer vraiment les choses, il faut à la fois que la population se mobilise et mette la pression sur les élus, et que de nouveaux élus émergent pour porter ces idées nouvelles. »

Un "demain" auquel les Haïtiens se refusent à penser. Quand je dis les Haïtiens, je parle des dites élites. Entendu que ceux qui doivent assurer leur pain quotidien peuvent difficilement penser au lendemain.

Ils ont choisi de se tourner vers le passé, vers la politique réactionaire - le terme adéquat serait pratiques de prédation -  des militaro/macouto/duvaliéristes.

Tout est pensé pour faire du fric à court terme. Un fric-frac.

Regardez le projet à l'Ile-à-Vache de Mme Balmir-Villedrouin  considérée comme la "star" du régime tèt kale.

On sait qu'Haïti est un des pays parmi  les plus à risque avec le changement climatique.

On sait aussi que l'Ile-à-Vache est une toute petite île à l'environnement fragile  qui peut être menacée par une montée des eaux.

Que fait cette ministre qui ne pense surtout pas à "demain" ?

Elle décide de : 

- saccager l'équilibre de l'environnement naturel en abattant des arbres centenaires à coup de buldozer.

- de construire un aéroport, source de nuisance sonore et de pollution.

- de chasser les habitants de leurs habitations pour faire de la place au terrain d'aterrisage.

Cette folie, car il s'agit bien de folie- dans le sens d'un comportement irrationnel et déviant- a été applaudie par tous les imbéciles qui croient dur comme fer au XXIème siècle que le progrès réside dans des recettes vieilles d'une cinquantaine d'années.

 L'idée de faire de l'Ile-à-Vache un site touritique n'est pas mauvaise en soi. Mais le projet est aussi bidon, à sa manière, que le PSUGO.

Ce qu'aurait pu faire la Ministre si elle s'était donnée les moyens de ne pas courir après l'argent facile  était de "vendre" le site en protégeant son environnement.

En commençant par :

- ne pas construire un aéroport sur ce mouchoir de poche.

- ne pas couper les arbres mais au contraire en planter, notamment en réintrodusiant à partir d'une recherche les especès disparues.

- organiser un circuit de ferry boats - comme dans les îles grecques- qui permettrait aux touristes aterrissant aux Cayes de se rendre à l'Ile-à-Vaches. Et de sillonner toute la côte en faisant des escales dans certaines villes. Initiative qui permettait aux autres communes de profiter de cet apport de touristes.

Mme Balmir-Villedrouin, qui n'est absolument pas une spécialiste en développement touristique, n'ayant eu aucune expérience précédente en la matière, a été parachutée à un poste où elle aurait eu besoin d'écouter les conseils nombreux qui lui ont été donnés par des gens dont c'est le métier.

Mme Balmir-Villedrouin a préféré écouter et confier aux entrepreneurs de la RD le chantier de l'Ile - à -Vaches.

Bien sûr si les rapports entre la RD et Haïti étaient d'une autre nature, une coopération dans le domaine touristique pourrait être envisageable. Mais, dans l'état actuel de ces relations, on peut se demander quel  serait l'intérêt des gens de la RD à aider un potentiel concurrent. 

Le développement touristique de l'ïle -à- Vaches qui n'est pas une mauvaise idée, je le répète, exigeait pour être viable - de même que pour le PSUGO- un travail en amont. A savoir une réflexion partagée avec des professionnels de différents domaines afin de définir le projet adéquat.

Je vous donne un exemple: le forum des Halles, à Paris,  a été reconstruit. Le chantier a duré des années.  On peut aimer ou pas le résultat. Mais ce dont il est question ici c'est de la méthode.

Une fois que la ville a eu pris la décision de démolier et de reconstruire, elle a commençé par lancer des enquêtes pour avoir la meilleure définition des usagers, de ce qu'ils espèrent trouver dans cet espace, des attentes des commerçants, etc. Puis, s'est posée la question de l'architecture : la procédure habituelle a été lancée. A savoit un cahier de charges et un appel aux architectes. Atttention, je ne prétends pas que tout se passe dans la transparence,et qu'il n'ay aurait pas d'arrangements entre copains. Il s'agitde respecter un certain nombre de procédures qui sont des garde-fous pour assurer le succès de l'entreprise et éviter que l'Etat et les fonctionnaires en charge ne se retoruvent à rendre des comptes à la Cour des comptes. 

En Haïti "demain" n'existe pas, déjà parce que les responsables de l'Etat n'ont pas de compte à rendre. Que vous n'avez pas les bonnes personnes aux postes de responsabilités. Que ces personnes n'ont aucune compréhension du monde tel qu'il est, des changements rapides qui s'y opèrent et du monde à venir.

Balmir-Villedrouin n'était pas plus à sa place comme ministre du Tourisme, que Martelly comme président et Lamothe comme ministre du Plan. Un Etat ne se gère pas avec des businessmen ou women.

Ca demande non seulement de la formation, de l'éducation, de la culture générale, de l'écoute, de la modestie et uen volonté d'oeuvrer pour le bien commun.

Toutes caractéristiques qu'aucun des membres de l'équipe des bras cassés des tèt kale ne possède.

Il reste aux Haïtiens de réfléchir à leur futur, comme le propose le film " Demain", qui, malheureusement, ne sera jamais projeté en Haïti où il n'existe pas de salles de cinéma.

 

 


 

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