M. Opont s'est rendu sur une station de radio, propriété d'un des caïds de l'économie et de la politique haïtienne, à une émission très écoutée, animée par 'un "directeur d'opinion" auto-proclamé.
Au cours de l'entretien, M. Opont a déclaré publiquement que les résultats donnés par le CEP pour l'élection présidentielle de 2010, n'avaient pas été ceux publiés par la CI.
Un véritable scandale qui aurait dû déboucher sur sa démission.
Car, M. Opont était alors président du nouveau CEP devant organiser les élections de 2015.
Cet aveu était, à mon avis, un acte relativement courageux, connaissant les sévères pressions que subissaient à l'époque les Haïtiens impliqués dans la vie civile et politique du pays pour s'agenouiller devant les woz et leurs commanditaires.
Face à cette déclaration, comment ont réagi société civile, intellectuels, leaders des partis, media ?
Vous croyez qu'ils se seraient fendus d'une lettre publique - comme ils en font tant depuis le départ des Tèt Kale - pour demander la démission d'Opont ?
Pas du tout.
Ils se sont tus. Les mots d'ordre étant : la boucler, faire le dos rond, garder profil bas, lese grennen.
M. Sauveur Pierre Etienne avait fait du "voye monte" en déclarant qu'il allait, au nom de son parti, porter plainte contre Opont.
Je dis "voye monte", ce qui signifie parler pour faire du bruit et le plaisir de s'entendre parler. Parce que dès sa déclaration, j'avais noté dans mon blog qu''il n'en ferait rien. Et ainsi fut fait.
M. Sauveur Pierre Etienne, chef de l'OPL, a déclaré récemment sur les ondes que M. Privert ne prenait aucune décision sans l'aval du représentant des USA en Haïti.
En admettant que ce soit vrai. Il ne doit pas être le seul.
Parce que l'hypothèse est que, si M. Sauveur Pierre Etienne s'est bien gardé de porter plainte, s'il n'y a eu aucune réaction de la société civile, ni de personnalités, ni des media, ni des zentellectuels, ni de la diaspora, ni en fait de ...personne, c'est que bien du monde semblait avoir pris ses instructions à la CI - laquelle, manifestement, avait son plan pour les élections : remplacer un tèt kale par un kale tèt.
Et la réalisation de ce plan passait nécessairement par Opont, en charge de gérer les magouilles et d'assurer la victoire de l'élu de la CI.
Opont, le pauvre, avait lancé un appel au secours à la radio.
Ceux qui aujourd'hui le fustigent, ne lui ont pas lancé de bouée de secours en exigeant sa démisssion, après une révélation d'une gravité telle qu'elle pouvait être apparentée à un crime contre l'Etat.
Alors, qu'ils se mettent tous aujourd'hui à crier haro sur le baudet, à le désigner comme bouc émissaire, n'est rien moins d'autre qu'un acte de lâcheté qui s'ajoute à celui de ne pas avoir exigé sa démission.
Toute cette mascarade, tout cet argent gaspillé, tout ce temps perdu, auraient pu être évités, si les sus-dites élites haïtiennes, les universitaires, les étudiants, les organisations diverses et variées avaient fait preuve d'un minimum syndical de décence et de respect pour la population haïtienne, en priant Opont de rendre son tablier - donc en refusant d'obéir aux injonctions de la CI.
Laquelle CI, au prétexte de "qui donne, ordonne" entendait réaliser ses propres élections et dénier aux Haïtiens, une fois de plus, après le coup réussi de l'imposition de Martelly, le droit de choisir ses propres dirigeants.
Et ceci, ce n'est pas le peuple de "kongo" qui est en cause.
Au contraire, et comme toujours dans l'histoire haïtienne, ce sont les analphabètes qui accourent au secours de la nation.
Ce sont eux qui, en dépit de la répression, des actes et propos discriminants à leur égard, ont affronté les forces de la Minustha, celles de la police, les BOID, les mercenaires tèt kale, jusqu'à ce que leur détermination franchisse l'ormeta des media haïtiens pour arriver dans les journaux internationaux.
En vérité, M. Opont a fait, compte tenu des pressions qu'il subissait, ce qui lui était possible.
Il est allé annoncer à la radio que, de même que pour les élections de 2010, celles de 2015 seraient truquées. Et que de plus, il avait été choisi, lui, pour organiser les fraudes.
Franchement, le mec ne pouvait pas être plus clair.
Ceux qui devraient être incriminés, sont ceux qui l'ont laissé seul, ceux qui l'ont laissé se noyer, ceux qui ont refusé d'en savoir plus, de se mouiller par crainte d'aller à l'encontre des décisions du "blan" et d'avoir à subir son fouet.
Il s'agit d'un cas de non-assistance à personne en danger.
Pour ma part, je donnerais à Opont une médaille et enverrais l'ensemble des sus-dites élites qui l'ont laissé sciemment s'enfoncer lui, et la population haïtienne, au pénitencier national .
Tout ce beau monde qui a refusé de lui prêter main forte, qui l'a abandonné à son sort d'otage de la CI, comme cela a été fait avec les "Suisses" au cours de la guerre de libération du pays de l'esclavage, joue aux vertueux.
Espérons que, pour le moins, Opont aura tiré de cette fâcheuse mésaventure, quelques dola vèt et pour le plus, quelques enseignements sur la culture de ses compatriotes du monde politico-médiatique-intellectuel-commerçant, lequel se défnit comme l'élite du pays.
Vous me direz que je me fais l'avocat du diable.
Ceux qui suivent ce blog, n'auront pas de mal mal à saisir mon raisonnement.
Il est en phase avec ce que je disais à propos de Martelly à son arrivée au pouvoir. Oui, Martelly est un bandit legal. Oui, il a fait un dap -piyan avec son gang sur Haïti, mais il avait annoncé la couleur, son programme de devenir filthy rich.
On peut toujours le diaboliser. Mais les vrais responsables sont ceux : media, intellectuels, société civile, classe politique, qui se sont soumis à son programme.
Sans ce " bese de pantalon" général, Martelly qui n'est rien d'autre qu'un enfant d'Haïti, une progéniture des Duvalier, mal éduqué, macho, détestant les livres et les pauvres, aurait dû être renvoyé, vite fait, à ce en quoi il excelle : gouyader, provoquer et offrir à ses fans leur comptant d'excitations sexuelles.
Démoniser Martelly ou Opont, c'est tout simplement une façon habile de se dédouaner en faisant l'impasse sur la responsabilité de ceux, nombreux, qui les ont encouragés et soutenus : ministres, secrétaires d'Etat, conseillers, intellectuels et zentellectuels, artistes, universitaires, journalistes, leaders de partis politiques et d'associations, commerçants de l'import mais pas de l'export, la CI.
De même qu'à côté, derrière et devant les 2 Duvalier, vous aviez Ministres, membres de l'armée, ambassadeurs, haut cadres de l'administration publique, intellectuels, artistes etc., qui, de même qu'en Argentine avec Videla, ont été à tu et à toi avec les 2 Duvalier. Et qui, de même qu'en Argentine, occupent aujourd'hui des positions de pouvoir, notamment dans la justice.
L'ensemble de ce monde - en prenant Opont ou Martelly comme diables de service - se préparent en niant leurs propres turpitudes, leur complicité, à refaire du pareil au même; du genre on gomme et on réécrit le même topo sur la rature.
Ils se placent déjà sur les "starting blocks" pour recommencer la course à l'enrichissement personnel.
La population haïtienne refuse ce système de collaboration entre les sus-nommées élites et la CI qui passe par dessus-sa tête. Elle estime que pour sa survie, pour son épanouissement, ce jeu de chaises musicales entre profiteurs` doit impérativement s'arrêter.
Et que, seul un Etat de Droit peut lui garantir ses droits.
Donc, messieurs et dames appartenant aux zotorite, il est plus que temps d'arrêter l'hypocrisie, de mettre bas les masques, de vous regarder pour qui vous êtes, de mettre fin au système de prédation, de laisser tomber les macaqueries; et... d'agir en sorte que le peuple haïtien puisse respirer et prospérer sur sa terre.
C'est un beau programme que vous êtes aptes à accomplir. Il vous suffirait de faire fonctionner vos méninges, vos tripes et votre coeur.
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