Ca se passe au Chili.
Cette femme qui, sous la torture et par peur par la suite, a dénoncé ses camarades de luttes a avoué sa collaboration aux tortionnaires pinochettises et demandé pardon.
Bien.
Comme on dit, et sans pour autant vouloir lui trouver des excuses, personne ne sait comment il réagirait sous la torture. Il y en a qui ne parlent jamais et d'autres qui flanchent.
En tous les cas, en Haïti, existent à profusion des délateurs qui en ont envoyé plus d'un à la mort - dont certains connus se trouvent au Palais national comme conseillers du président actuel. Euxn'ont pas dénoncé sous la torture leurs ex-camarades, mais tout benoitement ( pragmatiquement ?) parce qu'ils n'en avaient rien à cirer de leurs vies et pour avoir accès au pouvoir.
Pouvoir qu'ils ont eu et qu'ils continuent à avoir...Comme si de rien n'était.
"Un pays sans mémoire est un pays sans avenir"
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Face aux ténèbres (3/6). Opposante à la dictature Pinochet, Marcia Merino, dite " la Flaca ", dénonce les siens sous la torture en 1974, puis intègre la police secrète du régime. En 1993, Ca...
http://www.lemonde.fr/festival/article/2016/08/10/confession-d-une-delatrice_4980632_4415198.html
"La photo occupait la première page de La Nacion : une femme aux cheveux relevés par un peigne, entre deux âges, esquisse un sourire. Carmen Castillo n’arrive pas à en détourner les yeux. Ce visage, elle le reconnaît malgré les opérations de chirurgie esthétique : c’est celui d’une légende, le symbole de la trahison. Après tant d’années à se cacher, « la Flaca » (« la maigre ») réapparaît. Elle est l’une des trois militantes de gauche au Chili à avoir dénoncé les siens, un à un, jusqu’à devenir pendant dix-huit ans une collaboratrice de la DINA, la police secrète de la dictature Pinochet (1973-1990). Le réseau dont Carmen Castillo faisait partie fut livré par « la Flaca ». Vingt ans plus tard, à Santiago, la revenante demande pardon publiquement. Et le Chili se déchire.
A l’époque, Carmen Castillo n’ose pas l’approcher. Ecrivaine et réalisatrice, elle rentre à Paris où elle vit exilée. On est en 1992, alors. « La Flaca » se met à la hanter. Carmen voit des tortionnaires partout. Dans sa bibliothèque, une étagère puis deux se couvrent de tout ce qui s’est écrit sur le mal, Primo Lévi ou les récits des rescapés de la Kolyma, en Russie."
Carmen Castillo réalisatrice franco-chilienne l'a rencontrée et en a fait un film :
«La Flaca Alejandra».
«J'étais le symbole de la trahison.» A 17 ans, La Flaca Alejandra, de son vrai nom Marcia Merino, s'engage dans le mouvement révolutionnaire chilien MIR, en lutte contre le gouvernement de Pinochet. Arrêtée par l'armée, elle dénonce sous la torture plusieurs de ses camarades et permet l'assassinat de Miguel Enriquez, chef de la résistance. Pendant dix-huit ans, tenue par la peur, elle va donner des noms, reconnaître des visages - souvent amis - et se détruire un peu plus chaque fois. «Certains n'ont jamais rien avoué!» lui jette au visage une ancienne résistante. La Flaca plaide coupable: «J'ai été faible.» En 1993, elle demande publiquement pardon et témoigne contre ses bourreaux, tous amnistiés lors du retour à la démocratie. Carmen Castillo, ex-militante du MIR, arrêtée puis exilée en France, retourne à Santiago afin de la rencontrer. Sans rancoeur ni esprit de vengeance, elle tente de reconstituer, à travers ce destin, la mémoire des années de dictature. Sobrement réalisé, le film traque, sous l'émotion, la vérité, sans laquelle rien ne peut jamais se reconstruire.
«La Flaca Alejandra».
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